‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 66 sur 519 · I.A PREMIERE SOCIETE TIlÉOPHIL ANTHROPIQUE · texte numérisé non relu

I.A PREMIERE SOCIETE TIlÉOPHIL ANTHROPIQUE

Première communion. — Chaque année pendant trois ou quatre mois il est fait aux enfants, dont la raison commence à se développer, un cours de morale qui a pour sanction un examen public, un jour de fête religieuse. Après cet examen public, les enfants sont proclamés tliéophilanthropes cl le chef de famille fait un discours sur les devoirs de la jeunesse1.

Mariage. — - Les époux paraissent à l’autel, « enlacés de rubans et de fleurs, dont les deux extrémités sont tenues de chaque côté par les anciens de leurs familles ». Le père de famille pose les questions sacramentelles; l’époux présente l’anneau à l’épouse; le père de famille donne à l’épouse la médaille d’union. Mais ces derniers rites ne sont pas obligatoires et peuvent varier « suivant les usages du pays ». Le père de famille prononce un discours sur les devoirs du mariage. 11 exhorte les chefs de famille présents à « s’occuper du bonheur des générations futures2 ».

Les funérailles . — La cérémonie des funérailles est d’un symbolisme beaucoup moins compliqué que celle qu’avait imaginée Daubermesnil. « Après la fête religieuse qui suit le décès, on place dans le temple un tableau sur lequel sont inscrits ces mots : « La mort est le commencement de l’immortalité. »

On met devant l’autel une urne ombragée de feuillage3. Le chef de famille dit : « La mort a frappé l’un de nos semblables. (Il ajoute, si le décédé était dans l’âge de rai-

du sexe masculin, l’assemblée entonnait le couplet: Tremblez, tvrans, et vous perfides (Aulard, Culte de la liaison , p. 180, en note).

1. Le culte de la liaison et le culte do l’Etre suprême ne comportaient [ias de première communion. Mais très souvent les enfants, tenus d’assister à la fête décadaire sous la conduite de leurs instituteurs, étaient interrogés sur le catéchisme révolutionnaire des Droits de l’homme.

2. En l’an 11, les mariages comme les baptêmes se célébraient d’ordinaire à la Société populaire. Le président donnait la bénédiction nuptiale.

3. A la mort de la fille de Haüy, les théophilanthropes, le io floréal an VI, invitèrent, par une alliche, leurs coréligionnaires à attacher « une Heur à l’urne de la fille du citoyen llaüy, morte à l'âge de quatorze ans et de prier le Créateur de la recevoir dans son sein » (Grégoire, Histoire des Sectes, I, p. 3g5).

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