‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendanteChapitre 100 sur 125 · MUSCLES SÉPARÉS DE L’ HUMÉRUS · texte numérisé non relu

MUSCLES SÉPARÉS DE L’ HUMÉRUS

point b notablement éloigné de son articulation humérale. L’os du bras qui est en défaut encore, en grande partie, des muscles représentant les supinateurs et les pronateurs (1), reste donc presqu’à nu de cordes musculaires à ses deux tiers inférieurs, comme nous avons dit. Les petits ventres musculaires (extenseur, et fléchisseur) étant donc réduits et concentrés sur le tiers supérieur du bras, et tout près du centre de mouvement, 1’ humérus reste débarrassé du fardeau musculaire, tandis que la force requise pour 1’ extension et pour la flexion du bras n’est pas en défaut.

(1) Je dis en grande partie, car tandis que Cuvier dit positivement que les chauves-souris n’ ont point de muscles destinés à produire la supination , et qu’ elles sont privées de muscles pronateurs , Meckel assure que les chéiroptères possèdent le rond pronateur , et le court supinateur. Ils pourraient peutêtre se trouver, dans le cas savamment signalé par Cuvier (Lee. 299) des oiseaux chez lesquels des muscles qui occupent la place de pronateurs paraissent servir de fléchisseurs... et leur usage est absolument changé. En eflet quelles supinations ou pronations sont possibles chez les chauves-souris, si à l'avant-bras on n’a que le radius? — Voir encore Alix ( Bullet . Soc. Philom. 1. c. p. 143) qui signale une petite torsion du radius ayant lieu sur l’humérus du Pteropus Eduardsii. Mais si une telle torsion était générale chez toutes les chauves-souris, on ne pourrait jamais confondre la supination et la pronation ordinaire, que l’on peut exécuter arbitrairement et indépendamment de la flexion, et de la distension de l’artus avec cette torsion des chéiroptères dépendante des faces articulaires, qui mettent le radius en position de tourner l’aile pour le vol.

CHÉIROPTÈRES

Je ne prétends pas me livrer à l’induction sur des sujets qui ne sont pas toujours clairs; mais il me semble que l’économie que nous avons signalée du système musculaire aux bras des chauves-souris, n’ est pas un fait isolé.

Il est bien connu que le gorille étouffe entre ses bras une victime, tellement est grande la puissance musculaire dont il jouit. Ses bras comme ceux de l’homme portent de plus une main préhensile ; ils impliquent tous Y artus dans des fonctions de flexion et de rotation bien graves. Et des considérations semblables se répètent pour maints animaux. Partout dans ceux-ci on a une flexion de l’ avantbras sur le bras, motivée par l’exercice de force ou de violence; il est alors tout naturel que 1’ on trouve des m u s cl es très-dé velopp és.

Mais chez les chéiroptères quelles sont les fonctions d’ extension , et de flexion de leurs bras ? Les voici. L’ extension c’est 1’ ouverture de l’aile; la flexion c’est le repliement de l’ aile. Deux opérations qui ne présentent pas les moindres obstacles à vaincre; et c’est à peine si les chauves-souris font quelque peu de force quelquefois en rampant et transportant leurs petits corps. Et d’autre part, il est clair d’après ce que nous avons dit, que presque nulle fonction digitale n’est affectée à la main de la chauve-souris. Quelle surprise donc si même les cordes musculaires sont dans ces animaux, et pour ces parties, si réduites en nombre et en quantité ?

Une observation pareille, bien qu’en moindres degrés, vient à propos de l’avant-bras et de la main. La préhension est tout à fait nulle pour la partie tétradactyle.

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