DANS LES OS
Vous nous avez, Monsieur, présenté encore des ré-, sultats extraordinaires, que vous avez obtenus sur le système osseux du pigeon, du lapin, du coq etc. par des modifications qui suivent la domesticité. Tout le monde conviendra que ce sont là des modifications assez profondes, car des parties aussi intimes que les os en sont affectées (1). Or, ces formes nouvelles que disent-elles? Leur langage est bien clair, je crois, si l’on porte l’observation sur le point de vue que je vais exposer.
Il ne faut pas oublier une observation signalée par Galilée Galilei , et que Y on trouve répétée bien des fois. Ce
la variabilité de la fourrure était une nécessité, de même qu’étant variables les saisons, les animaux ont la fourrure d’ été et d’ hiver. La variabilité de ces parties du système tégumentaire , la possibilité que ce système a de se modifier de fond en comble , est ce qui forme sa précieuse qualité pour protéger l’ animal contre les rigueurs du climat.
La question du plus ou du moins de poil , est une question bien différente du plus ou du moins d’ une masse musculaire à la mâchoire d’ un animal. Avec un quart de moins de fourrure , un chien est dans tous ses moyens , s’ il habite une région chaude ; tandis qu’ avec un quart de moins de force musculaire aux mâchoires, le chien est défectueux, imparfait, et dégradé. Le poil est une variable subordonnée à la variabilité des climats , la force musculaire est une constante attachée à la machine entière de Y animal , car elle est attachée au système dentaire, qui demande toujours d’ être utilisé dans son entier.
Les modifications du système cutané sont des modifications protectionnelles , dont l’affaire est de protéger l’espèce ou la race au fur et à mesure que le besoin se présente.
(1) Variation, pag. 131, 177, 280 et suiv.
VARIATIONS
serait une erreur , dit-il , que de supposer que des os peuvent être aggrandis , ou rapetissés sur leurs propres proportions, pour en constituer un animal plus grand ou plus petit. Le chat des maisons, bien que carnivore comme le lion, ne deviendra jamais ni un lion, ni un tigre, par le seul aggrandissement de ses os , leurs proportions gardées. On a sur cela des règles positives. Le petit et le grand animal n’ont pas les mêmes éventualités, ni les mêmes chances, au milieu de leur monde ambiant. Une fournie , poursuit Galilée , qui tombe d’ une hauteur cent fois la longueur de son corps , n’ en reste pas dérangée , tandis qu’ un cheval qui tombe de dix fois , ou même cinq fois la longueur de son corps reste écrasé (1). Dans le sujet des aggrandissements, on n’a pas une liberté de choix telle que quelques transformistes aiment à se donner ; mais on trouve qu’ il y a des grossissements , et des rapetissements qui se réclament mutuellement. Ainsi les humérus et les fémurs des grands mammifères, tels que rhinocéros, mégathériums etc. sont d’une brièveté, et d’une grosseur extrêmes ; tandis que chez des mammifères de petite taille, ces mêmes os sont longs et grêles. Un exemple précieux nous est fourni par le bœuf, et par le mosclms pygmaeus , deux animaux qui appartiennent à un ordre aussi naturel que celui des ruminants; l’humérus et le fémur du premier sont comme on sait très-courts et très-gros , tandis que chez le dernier ces mêmes os sont très-longs et très-grêles, toute proportion gardée entre les corps respectifs. — - Ce serait une erreur de donner au bœuf un fémur avec les proportions de celui du mosclms pygmaeus. Il manquerait de la
(1) Galileo Galilei. Dialoghi.