ANALYSE DE QUELQUES MOUVEMENTS DE LA MAIN DE L’HOMME
Au milieu cT une variété frappante de mouvements que la main de l'homme peut exécuter, nous choisirons quelques uns des principaux, tels que la torsion , la traction oblique , la traction directe, Y impulsion radiale, Y impulsion palmaire, et l' élévation avec pronation.
Torsion. — Une tarière qui est mise en mouvement par la main, nous donne une idée juste de la torsion. Il en est de même si ma main tourne une clef, ou , si ayant pris un bâton par son milieu , une autre personne s’ efforce de le faire
tourner. Dans les premiers cas , la tarière et la clef sont mises
en mouvement par Y action du bras sur la main ; et dans le second, la main dominée par le bras, tend à arrêter le bâton qui tourne. L’ action motrice ou la source d’ où partent les efforts est donc différente dans les deux cas ; car dans l’ un , la force qui meut est celle du bras ; dans Y autre , c’ est la rotation du bâton. Les résistances sont inverties de même ;
dans le premier cas, on la trouve dans la tarière, ou dans la
clef; dans le second, elle est dans le bras. Quoiqu’il en soit du placement de la force motrice et de la résistance , la main est toujours dans la même condition ; elle est toujours tordue , ou plus précisément le carpe est tordu (1). Il est vrai que le radius et le coude, par leurs mouvements réciproques de pronation et de supination, peuvent amoindrir quelque peu la
(1) Nous avons fait remarquer ailleurs que la partie préhensile de la main (les doigts) adhère passivement à 1’ objet pris, et fait une même chose avec l’objet. Le carpe est la seule partie qui, étant intermédiaire dans tous les cas entre la puissance motrice et la résistance, reçoit toute l’impression des effets dynamiques. C’ est donc le carpe qui est tordu (Voir rétro pag. 53).
APPENDICE
violence cl’ une torsion qui tombe sur le carpe ; toutefois cette faculté a un terme, et le carpe peut bien être forcé au-delà. Dans tous les cas, le carpe supporte donc une torsion passive. En tordant une tarière, la main travaille différemment par ses deux moitiés internes et externes. La partie qui comprend F index et le pouce , tend à tourner en s’ élevant vers le dos de la main, tandis que l’annulaire et le cinquième tendent à s’ abaisser ver la paume.
C’ est la torsion de droite (1). Les os du métacarpe suivent nécessairement la même direction , et par leur entremise le mouvement est translaté sur la série inférieure du carpe ou deutocarpe, partie véritablement exposée à ces efforts. Des quatre os qui la composent , deux sont forcés dans la direction de la paume vers le dos de la main, savoir: le trapèze, et le trapézoïde. Le crochu au contraire est forcé dans la direction de la paume. Ce sont deux bras latéraux qui ont une action contraire , mais concourant à forcer le grand-os à tourner sur lui-même. Le grand-os se trouve au milieu des deux mouvements qui tendent à le faire tourner de cette manière. Cet effort est précisément dans le sens du mouvement de la tarière ; et le centre de rotation de celle-là correspond au centre de la main , le grand-os.
L'articulation endocarpienne par sa conformation permet des mouvements de rotation, très-obscurs si l’on veut, tels que ceux que nous avons signalés. La série inférieure (compris, ou non, le trapèze) semble former un système capable de tourner sur un pivot, qui est fourni par le grand-os. En effet le trapèze et le trapézoïde ont une face articulaire sur le scaphoïde ; et de 1’ autre côté 1’ os crochu a une face de glissement sur le pyramidal. Le grand-os a sa tête hors de la ligne transversale d’ articulation , et elle est enfoncée dans la cavité scaphoïdo-semi-lunaire ; et les diverses faces , qui forment sa grande tête , se présentent comme des faces de glissement , très-appropriées à une rotation initiale. On sait du reste que les faces de glissement ne permettent qu' un mouvement trèsrestreint (2), et que toutes les pièces osseuses que nous ve-
(1) On peut appeler torsion de droite celle qui porte le pouce du côté gauche au droit; on appellera l’opposée, torsion de gauche. La première est la plus usitée , la plus naturelle , et la plus forte. Elle exerce son point de pression avec le quatrième et cinquième doigt ; en considérant le squelette et en conformité de la prévalence de force qu’ on voit appliquée à la moitié interne de la main , on trouve un appui plus ferme contre ce genre de mouvements par les faces étendues compliquées de l’os crochu avec le pyramidal, et par ses attaches avec le grand-os.
(2) Pour plus de détails on peut consulter 1’ article des Faces de glissement. Pag. 65.
O.Naniuni lit
Lit.G-.Werik..
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rions de nommer sont fermées entre elles par plusieurs ligaments. Si donc d’ un côté un mouvement de rotation est possible, ce mouvement est compris entre des limites très-restreintes ; c’ est-à-dire les limites des faces de glissement , en accord avec les ligaments. Ce mouvement ne peut donc être que fort obscur. L’appareil rotatoire de la main ne sert donc pas à permettre une rotation libre et étendue ; mais il sert à recevoir l’effort de rotation, à le dominer, et à le décomposer , de façon que dans cet appareil l’ effort est dominé, arrêté et amorti. Tout est disposé ici pour adoucir les efforts de rotation qui se concentrent sur la main. Des quatre pièces du deutocarpe pendant l’effort de rotation du métacarpe chacun tend à tourner sur son axe ; alors les faisceaux ligamenteux entrent tous en action, et partagent également 1’ effort et en supportent tous une partie. Par conséquence les pièces du jprotocarjpe aussi sont toutes étirées en sens divers , conduites par la forme spéciale des faces de glissement. Nous le répétons, et cela désormais est bien clair, la fonction des faces de glissement jointes à leurs ligaments est d’ amortir doucement les chocs et les efforts violents ; soit qu’ils partent de la puissance musculaire , soit qu’ ils proviennent d’ une force extérieure.
Nous ne pousserons pas plus loin l’ examen du grand-os sous le point de vue qu’ il sert de pivot central à la main pour la rotation. Nous nous passerons donc de signaler combien les points d’appui que le métacarpe a sur le deutocarpe, vont porter la plupart des efforts de tous les doigts dans l’ acte de la torsion sur le grand-os. D’ un côté le quatrième et le cinquième doigt insistent sur l’ os crochu , dont les mouvements entraînent nécessairement le grand-os , à cause particulièrement des ligaments intérosseux (1). De l'autre
(1) Planche XXI. fig. 3.