‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendanteChapitre 20 sur 125 · ÏTannmi lit · texte numérisé non relu

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CARPE HUMAIN

Il y a enfin des ligaments interosseux implantés dans certaines portions des surfaces adjacentes. Ils jouissent d’une extensibilité remarquable; ils sont compressibles, et élastiques.

Les nombreux os du carpe sont donc réunis en une seule pièce par un triple appareil ligamenteux dorsal palmaire et interosseux, complété sur cliaque bord par des ligaments latéraux (1); et les mêmes os sont en contact réciproque, par des surfaces recouvertes d’une substance toujours souple, compressible, glissante et élastique. Un tel arrangement de parties, permanent et toujours en fonction, apporte des effets dont il faut prendre note. Ce sont: l.° la stabilité de la forme générale et la conservation de sa régularité dans la plaque osseuse bien que soumise à des efforts violents. 2.° la plus grande ténacité opposée aux mêmes efforts, par la grande ténacité des ligaments externes et de leur robuste insertion sur les os. 3.° une flexibilité obscure de la plaque carpienne, opérée par des mouvements très-limités des éléments osseux entre eux, et à cause de la compressibilité des cartilages et des ligaments intérosseux, et enfin par la lubricité des faces humectées par l’humeur synoviale (2).

(1) Bourgery. Anat. de script, p. 172.

(2) Ces vues d’ ensemble sont confirmées par le passage suivant de M. Giraud Teulon , que nous rapportons ici pour mieux éclaircir notre sujet. « La nature avait nécessairement reconnu Y obligation d’ étendre en avant ou en arrière la hase de sustentation de Y homme. Si elle Y avait fait au moyen d’ un seul os , elle Y exposait évidemment à être brisé

CARPE HUMAIN

Par ce mécanisme, considéré ici seulement dans sa généralité, nous voyons surgir dans la plaque carpienne une certaine flexibilité, et une grande ténacité. On dirait que par F interposition des plaques cartilagineuses élastiques entre les pièces carpiennes, on a autant de ressorts dans chaque contiguïté des faces. Alors tout le carpe serait un mécanisme à ressort ; et on le trouverait trèsbien approprié à la place qu’il occupe dans le bras; c’està-dire un décomposeur et un amortisseur des coups violents entre F action et la résistance.

Vous concevez, Monsieur, que si le carpe est vériritablement un mécanisme à ressort , il fonctionnera à sa place d’après une règle parfaite de mécanique. Alors ce sera toujours le même principe qui nous accompagne dans notre exploration: la nécessité mécanique, qui ne

au moindre choc, à moins de lui donner un volume considérable. Mais clans ce même cas le choc éprouvé par cet os , à la suite cl’ un saut ou cF une légère chute , eut réagi bien durement sur les leviers supérieurs. Il fallait donc placer là une succession cl’ os et d’ articulations permettant une décomposition des résistances en tensions suivant les ligaments et pressions sur les parties solides. La forme en voûte réalisait ce précieux avantage. L’effort vertical qui eût tendu à la disjoindre s’ épuisait alors sur les ligaments horizontaux destinés à la maintenir. Une violence même considérable pouvait alors être bravée. La résistance des ligaments à la lacération et des os cubiques à l’écrasement est en effet bien autrement puissante que la résistance à la rupture qui peut offrir un os long, sollicité perpendiculairement à sa longueur. » Giraud Teulon. Principes de mécanique animale , Paris 1858, p. 35,

CARPE HUMAIN

pouvait permettre une extrémité humaine sans ce modérateur bien placé, le carpe. Que dis-je? La même nécessité ne pouvait permettre qu’ aucune extrémité exposée à des chances d’efforts soudains fut sans ce même modérateur. Attendons-nous donc de trouver ce modérateur encore dans les animaux autres que l’homme.

Pour mieux connaître la nature du carpe, examinons en détail les faces de contiguïté, ou plus proprement les surfaces de glissement.

SURFACES DE GLISSEMENT

Le fond du fonctionnement propre des pièces carpiennes est placé dans les faces de déoscillation d’une pièce sur l’autre. Il est vrai que quelques anatomistes ont dit que ces faces , excepté celles qui servent à 1’ articulation endocarpienne , sont presques plates (1) ; ou qu’ elles n’ offrent pas un grand intérêt. Mais il faut convenir qu'elles n’ont pas été toujours observées assez attentivement. à ce qui semble.

En effet les faces de contiguïté ou déosculantes ne sont jamais plates, ni jamais d’ une courbe uniforme. Elles présentent toujours (2) de légères gibbosités, ou

(1) Meyer. Traité d’ Anatomie p. 128. — Sappey. Traité d’ Anat. p. 107.

(2) Voir planche III.

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