‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 13 sur 129 · DOIGTS, NOMBRE DES PHALANGES · texte numérisé non relu

DOIGTS, NOMBRE DES PHALANGES

ges et dans T homme) par l'appoint du pouce. Mais c'est toujours un système de pièces à pression, qui, comme autant de freins autour d' une roue, lient le corps trèsétroitement. Ces particularités ne pourraient pas s' obtenir avec un nombre moindre de pièces aux doigts; et l'on voit si ces particularités mêmes ont une importance dans la mécanique de la main! Ce n' était pas assez pour le chevalier qui jouait de la lance d' embrasser son arme par le tour de la main; il lui fallait la serrer^ c'est-àdire la serrer fortement. Or un bâton n'est pas arrêté dans un anneau, si celui-ci ne le presse de toute part fortement. La pluralité de pièces dans le doigt donne encore la mobilité, la flexibilité, et la délicatesse des mouvements ; et sans rien perdre de la raideur de la baguette, le doigfr prend la flexibilité de la corde.

En résumé, si en parcourant une galerie d'anatomie comparée, nous voyons que les extrémités des vertébrés supérieurs finissent en doigts articulés, avec les articulations en nombre défini, nous apprenons un fait que la mécanique a établi pour la construction rationelle d'un instrument de prise, de contact, ou de divarication propre à servir de base. Mais il y a partout nécessairement une certaine uniformité de pièces, de fonnes, d'arrangement, et de connexion; ce qui ordinairement s' appelle unité de plan.

Nous ne sommes pas encore arrivés, dans le développement normal de notre discours, au moment d' entrer dans la question de la mécanique du Carpe; et il ne not^

HOMOLOGIES DKS EXRÊMITBS 33

convient d'anticiper ici des idées qui trouveront leur place ailleurs, après une étude approfondie du carpe humain. Nous remettrons donc plus loin les conséquences relatives à cette partie, si remarquable aussi par sa présence continuelle chez les animaux; ces conséquences se trouvent Bn parfaite harmonie avec celles qui ressortent de la considération des autres parties.

Du reste, outre l'uniformité que nous avons suivi tout-à-l' heure sur les extrémités des animaux, on a remarqué une uniformité, ou une unité de plan aussi entre les extrémités thoraciques et les pelviennes. Cela a fixé l' attention de plusieurs savants depuis Vic-d' Azyr jusqu' à MM. Martins, Durand (de Gros), Gegenbaur. Les travaux auxquels ce genre d'examen a donné lieu sont fort ingénieux, et ont enrichi la science de bonnes observations, grâce à l'étude attentive que l'on y a portée. Mais en définitive on revient, encore ici, si je ne me trompe pas , à une dépendance la plus étroite des lois mécaniques. Je ne pourrais m' occuper exprès de ce point sans m'écarter de mon sujet principal, mais je ne puis m' empêcher d'en dire un mot.

On trouve des homologies très-remarquables en comparant les extrémités antérieures avec les postérieures, et principalement lorsque la comparaison se fait entre l'extrémité droite antérieure de l' homme et la gauche postérieure. Alors les pièces ont toutes leurs correspondantes, leurs corrélations sont bien arangées, leurs faces, leurs crêtes ont leurs similaires; leurs articulations ont enfin 4eurs omologues. Il faut lire le remarquable travail de

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M. Martins (1) pour voir traitée dans toute sa lumière cette question. Parmi les idées le plus remarquables qu* il a introduites il y a celle de considérer V humérus comme un os tordu.

L'humérus est un os tordu, dit M. Martins, lorsqu'on le coinpare au fémur. En efifet Taxe du col de l'humérus n'est pas dans le plan de la troclée inférieure; mais r axe de cette dernière fait un angle de 180 degrés dans les anthropomorphes, les mammifères terrestres, les aquatiques (2) , et de 90 degrés dans les chéiroptères , les oiseaux, les reptiles. D'où cette conclusion très-juste, que la torsion de 90 degrés est caractéristique du vol et de la reptation (3), tandis que l'autre de 180 degrés l'est de r ambulation , de la nage, du rampement etc.

Les mouvements des extrémités deviennent par là différents dans les deux catégories des animaux nommés. Sous la différence de 90 degrés s'effectue le vol et la reptation,^ sous celle de 180 degrés a lieu le rampement,

(1) Martins. Nouvelle comparaîscn des membres pelviens et thoraciques chez T homme et les mammifères. — Annales des Scienc, natur, IV. Sér, T. VIIL 1857, p. 45.

(2) Il semble qu' on doit faire exception des baleines , des cachalots etc. Voir plus avant à propos des observations dé M. Durand. Et de plus les chiffres rapportées par M. Martins ne seraient pas bien exactes, car suivant M. Gregenbaur on aurait de notables différences dans V espèce humaine, relatives à r état de fœtus , ou de nouveau-né , ou d' une telle race , et mêmes des différences individuelles. M. Gegenbaur trouve une moyenne de 168 degrés environ. (Annales des Sciences naturelles, T. X 1868, ;). 62).

(3) Le caméléon exclus, car il rampe comme les singes d' Amérique. ♦

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