‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 44 sur 129 · DOIGTS NON ÉLASTIQUES DES OISEAUX · texte numérisé non relu

DOIGTS NON ÉLASTIQUES DES OISEAUX

ce second est celui qui règle la construction des parties digitales des oiseaux. Entre le doigt de V aigle et V aigle même il y a en effet la proportion que V on aurait si l'index de V homme avait une longueur, et un grosseur presque comme le radius humain (1). Avec de telles dimensions , on peut bien monter les articulations des phalanges directement sur V os unique du tarso-métatarse sans s' inquiéter de la présence ou du défaut d' un essor pour amortir les coups (2). Mais si une nécessité a don-

(1) Les supputations ne sont ici, comme on peut bien le comprendre , qu' un à peu près. Du haut de la tête du falco naevius jusqu'aux troclées digitales du tarse-métatarse on a 0™, 77 ; mesures prises sur le squelette. Le diamètre de son index 0°», 01 ; longueur du même doigt 0"*, 080. — Sur la hauteur moyenne de T homme de 1™, 70, et suivant les proportions ci-dessus , on trouve 0™, 023 diamètre d' un doigt , et 0", 17 de longueur.

(2) Le carpe entre en fonction chez les mammifères à Toccasion qu' ils font des grands efforts ; lorsque , par exemple , un bœuf, un chien, un cheval etc. arrêtent sur leurs quatre extrémités, la masse lourde dé leur corps après un bond. Le pied des oiseaux n' est pas soumis à des tels efforts , car lorsqu'ils fondent sur une proie, ou posent sur la terre tombant d' en haut , Us sont aidés par le vol. Il est sans doute remarquable qu' un oiseau arrivé sur la terre il y pose sans la moindre secousse. Ses ailes ouvertes le portent jusqu' à une très-petite distance de la terre , et c' est en étendant ses pattes qu' ils arrivent à la toucher. Les oiseaux coureurs mêmes Sont aidés par leurs ailes. On voit donc que des efforts véritables dans les pieds des oiseaux ont heu seulement à l' occasion qu'un oiseau de rapine proprement dit lutte avec une victime vivante qui se débatte. Mais pour ces cas on sait de quelle manière ont été assurées les resistences des doigts.

MAMMIFÈRES À PETITS DOIGTS lU

né à r homme, au singe, au chien, au phoque des doigts, qui sont d'une faiblesse extrême en proportion du corps de ces animaux, et de la force dont il peuvent disposer, il n' y a plus d' autres moyens à chercher ; il faut recourir aux amortisseurs , c' est-à-dire au mécanisme du carpe. Avec les proportions colossales Mes doigts, on peut s'en passer.

Mais avec des doigts énormes, tels que nous avons supposés ci-dessus, quels travaux seraient possibles à la main de l' homme ?

Et après côs considérations sera-t-on encore surpris, si l'on voit toujours, et toujours à la même place, le carpe dans tous les animaux à petits doigts ?

Quittons désormais nos études sur la main de l' homme, pour passer à l'étude comparatif de la main des brutes. Mais ne les quittons pas sans arrêter nos idées sur ce premier point. — Par l'aveu de tout anatomiste et par le peu que nous en avons dit, on voit se confirmer les paroles de M. Cruveilhier (1) ; que la main de l' homme est un véritable chef-d'-œuvre de mécanique. Dans cette main il y a un dessin très-soigné et une exécution parfaite; car elle est exécutée d'après les lois de la dynamique. Mais il est clair également qu' on ne pourrait pas la construire autrement de ce qu'elle est. Toute autre main serait imparfaite, ou fautive, relativement aux fonctions confiées à la main humaine. — Comme entre deux points une seule ligne droite est possible; et comme parmi des

milliers une seule ligne courbe a les propriétés requises

pour un but déterminé, de même un seul dessin, une seule construction, une seule organisation est possible sous l'empire des conditions mécaniques, pour la main de l'homme.

Nous profiterons ailleurs de ce dernier résultat.

Je reviens, Monsieur, à mon point de départ. — Far la doctrine des actes de création indépendants, le plan W organisation de la main humaine est donc parfaitement explicable. Ce n' est pourtant qu' une petite partie du problême que vous avez posé, et il nous reste à examiner s' il en est de même pour la patte du chat , l' aile de la chauve-souris et la palette du phoque. Mais notre route est déjà ouverte; des principes généraux ont été établis, et leur application est également logique pour \ artus de r homme , comme pour l' extrémité des brutes.

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