‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 90 sur 129 · LE VOL CHEZ LES CHÉIROPTÈRES · texte numérisé non relu

LE VOL CHEZ LES CHÉIROPTÈRES

OS coracoïdes, et des os scapulaires d'une extension qui est extraordinaire parmi les mammifères.

Toutes ces formes rappellent bien les analogues des oiseaux; mais la ressemblance n'est pas seulement morphologique, elle est réelle, car les dispositions osseuses que nous venons de signaler servent, soit à donner des surfaces d' attache à des muscles qui ont un volume extraordinaire pour des muscles de mammifère, soit à présenter par des résistances énergiques une grande protection contre les mouvements violents qui accompagnent l'action du vol (1).

Ce serait peut-être sortir du cadre de notre argument que de nous occuper ici du système musculaire consacré • au vol. Le grand développement qu' a reçu le système osseux rdatif , et les adaptations spéciales de plusieurs de ces os pour le mécanisme du vol, sont des preuves suffisantes, pour démontrer l'importance, de même que l'extension du système musculaire (2).

Je crois que plus clair deviendra à présent ce que j'ai avancé ci-dessus; c'est-à-dire que les forces musculaires destinées à la translation de l'animal sont concentrées autour des extrémités antérieures. Ce qui est vrai

(1) Et, comme a dit Géoffr. St. Hilaire: (Lect. 3. p. 18) « des lignes de forte résistance sont sur tous les points ménagées aux forces vives employées dans le vol. » Et Temminck, 1. p. 158.

(2) V. Blainville. N. dict Hist Nat. art Chéiroptère p. 222.

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dans ces petits mammifères plus encore que dans les oiseaux; chez plusieurs desquels en effet les jambes et les pieds conservent bien des fois l'exercice des fonctions déambulatoires, et en même temps un développement remarquable des cordes musculaires.

Les chéiroptères manquent du développement musculaire, comme aussi de la faculté déambulatoire aux extrémités postérieures.

Du reste, par la considération même cumulative des systèmes osseux et musculaires, on voit combien l'organisation des chéiroptères est profondément modifiée pour le vol, et tient par là aux formes propres des animaux grands voliers: les oiseaux.

Ce rapprochement des mammifères aux oiseaux signalera-t-il une tendance, ou une conséquence de transition génétique d'une classe à l'autre? On l'a sans doute affirmé, mais ce n'est pas la seule explication que 1' on puisse donner à ce fait de l'uniformité de pai*ties entre les chauves-souris. Une autre serait V adaj^tation cP une nature déterminée et fixe (nature mammifère) à la fo'nction du vol. En faveur de cette dernière on a encore un fait fondamental , signalé par d' autres, qu' à travers toutes les modifications ornithologiques , s' il est permis d' employer ce mot, imprimées aux chauves-souris, se maintient toutefois dans son intégrité la nature mammifère de V animal A bien raisonner, on y voit une conversion, ou mieux un arrangement de cette nature à 1' acte du vol, qui certainement n' est pas la prérogative ordinaire du mammifère. Que paraît-il dans la chauve-souris , de la nature

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