‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 96 sur 129 · CARPE DES CHÉIROPTÈRES · texte numérisé non relu

CARPE DES CHÉIROPTÈRES

et plus précisément le scaphoïdo-luné en forme de lame, ou de cordon déprimé d' une très-grande extension. Cette articulation par rapport à la forme, à la longueur; à la profondité de la fosse et à Y exacte correspondance des pièces, rappelle^ l'articulation transversale des mâchoires des chats, dont la fermeté ne sera guère différente de celle que nous étudions chez les chéiroptères. Les seuls mouvements possibles pour le scaphoïdo-luné, sont ceux d'abaissement et d'exhaussement; seuls mouvements accordés à l'artus qui a toute rotation empêchée.

L'axe de cette articulation étant très-bien défini, je le prends comme base de la main, pour y rapporter la position des os métacarpiens.

Le scaphoïdo-luné, que nous venons de nommer, est très-étendu (1) de droite à gauche sur le même plan de r axe articulaire. Il est plate et presque tabulaire au-dessous , et sa marge postérieure unie , et presque rectiligne. Le bord antérieur au contraire est feôtonné et renforcé par des bourrelets , dont le plus grand est sur le milieu. Un gros rebord est au dehors, et un grand sinus au côté pollicaire. Les tubercules et les sinus sont des appuis , ou des lieux de réception pour les os de la seconde série (2).

La première série du carpe ou le ptotocarpe des Ptéropus est formé presque en entier par le scaphoïdoluné. On y voit pourtant tout près du côté externe un très-petit pyramidal de forme globulaire.

(1) ... Il est jusqu'à 30 fois plus gros que T externe . . . Meekel. 4, p. 86.

(2) PL XIX. fig. 2 — 1.

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Le deutocarpe a quatre os, le trapèze, le trapézoïde, le gi'and-os et le crochu.

Le crochu considéré par sa face supérieure présente un côté de contact au pyramidal , un autre à la tête supérieure du grand-os, et à son côté externe et antérieurement il finit en pointe qui rentre entre les bras de bifurcation du quatrième métacarpien (1).

A sa face dorsale, le grand-os a presque la forme d'un 8, dont Taxe est un peu oblique. La tête postérieure est reçue sous le grand rebord du scaphoïdo-luné , Y antérieure est en partie embrassée par la tête bifurquée du troisième métacarpien. L'isthme entre les deux têtes est occupé en dehors par une anse du crochu, et en dedans par un côté du trapézoïde.

Celui-ci, le trapézoïde, est un petit os, qui se dessine sur la face dorsale, en forme de paralelogramme mis de travers. Il se trouve placé presqu'au centre du disque dorsal carpien; et répond à peu près au grand tubercule du scaphoïde. En dehors il s' appuie sur le grand-os, comme on vient de le dire, et en dedans au trapèze. Antérieurement il offre un appui puissant au bras de bifurcation du deuxième métacarpien.

Le trapèze est très-grand. Il porte le pouce presque sur le côté interne du carpe. Une apophyse basale postérieure recourbée de cet os, le trapèze, entre dans le grand

(1) Je ne connais pas les autres faces internes et postérieures de r os , n' ayant pu étudier que les faces supérieures sur lesquelles j' ai formé la figure 2 Planche XIX. Par la même raisoii j'ai dû me borner à la considération des faces dorsales des autres os carpiens.

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sinus du scaphoïde: mais cette apophyse étant elle-même excavée, un des points les plus arriérés de la base du 'premier métacarpe, va s'y insérer. Je ne suivrai pas le trapèze dans ses rapports avec la colonne poUidaire. Antérieurement il présente une face sur laquelle va s'appuyer une grande partie de la base de l' index. Je ne connais pas les autres faces (1).

Formes, positions, contrastes, entrelacements, tout est changé ici, si on le compare avec la disposition que nous avons étudiée dans les carpes de l'homme, du tigre, du phoque etc. Ici les éléments carpiens présentent un mécanisme tout à fait différent et nouveau; dont le but est enfin sans doute la décomposition des forces et l'adoucissement des coups rudes, qui dérivent du vol. Mais les rapports ou les contrastes d' une pièce carpienne à une autre, sont dans un ordi'e tout différent de ceux que nous avons exposés ailleurs. Ils sont dans Y ordre du fonctionnement de la main. Nous verrons cela après avoir mieux sondé notre sujet (2).

Passant à l'étude des métacarpes, le troisième, et le cinquième sont les plus gros, et les plus forts. Tous ont leurs têtes carpiennes plus ou moins fourchues, et ceux qui l'ont le plus sont le quatrième et le troisième. Le quatrième embrasse la pointe cunéiforme de l'os crochu et

(1) Voir encore Alix. Bull, Soc. Phïlom, p. 137.

(2) On verra sans doute cela plus clair par l'examen plus avancé du carpe de Ptéropus , que des naturalistes mieux fournis pourront exécuter.

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