‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 137 sur 361 · Tract., Ibidem · texte numérisé non relu

Tract., Ibidem

3. Tract., c. ç^, De mutatione monetae in figura, p. io5 = fr. XXVllI).

de monnaie (i). C'est, avons-nous dit, une refonte des espèces, si elle porte sur l'ensemble du système monétaire ; c'est simplement l'apparition d'une monnaie nouvelle, si on se contente de chang-er l'empreinte de quelques pièces. Elle ne doit guère être en tout cas, et quoiqu'en pense Oresme, dangereuse ; les habitudes du commerce peuvent être troublées quelque temps par l'apparition de types monétaires inconnus dans les transactions ; la circulation elle-même ne saurait être essentiellement viciée, si du moins, comme il le suppose, la mutation reste simple (2), puisque par hypothèse, les pièces nouvelles conservent même poids, même titre, et même cours que les anciennes.

Quel peut alors être l'intérêt de l'opération ? Oresme n'en aperçoit pas d'autre qu'une vanité mal placée chez le prince, qui veut mettre son nom sur les monnaies, en y effaçant celui de ses prédécesseurs. Il y aura cependant aussi dans bien des cas un intérêt plus matériel, les frappes nombreuses fournissant autant d'occasions de réitérer la perception du droit de seigneuriale. En ce sens, la mutation in figura peut devenir vraiment vexatoire et coûteuse pour la communauté ; elle n'atteindra jamais seule, pourtant, le danger des autres procédés.

1. II distingue pourtant deux cas. Si le prince conserve son cours aux anciennes espèces, il n'y a pas mutation (»on est proprie mutalio). Si au contraire, les anciennes espèces sont déi-riéesjil y a proprement mutation (Tract., ibidem, p. 104 = fr. XXVIII).

2. (f Nec est magna vis si hoc fiât, dum tamen non implicetur cum hoc alia rautatio » (Tract., ibidem).

f) Mutations cojnposées des monnaies (i)

Aussi bien est-ce seulement en théorie que les procédés simples se rencontrent isolés; dans la pratique, ils sont constamment associés entre eux en des combinaisons très variées. Oresme n'en dit que quelques mots, d'ailleurs; il renonce avec raison à suivre dans les multiples formes où s'est exercée Timagination fertile des monnayers la variété des exactions royales ; il se contente de remarquer que les inconvénients des modes simples seront naturellement accrus et multipliés par leur association : Xani, si ex niiitationibus simplicibiis indebite factis lot abusiones seqiiiintur, sicut dictiwi est ante^ malto majores et pejores sequerentar e.ic mutatione composita (2).

§ 3. — Inconvénients des mutations

Sous quelque forme qu'elles se présentent en effet, les mutations auront cet effet commun de mener aux conséquences les plus désastreuses. Ces conséquences des mutations, Oresme, dans le Traité, les analj^se d'abord sous chaque espèce particulière de mutations. Mais en réalité elles sont, quelque soit le procédé employé, la plupart du temps identiques, et Oresme lui-même l'a si bien senti, qu'après avoir détaillé ainsi, dans chaque chapitre les inconvénients particuliers de chaque mutation, il a repris et condensé ensuite en quelques pages (ch. XX-XXI) toute son argumentation.

A part cette défectuosité du plan, qui plus d'une fois l'a entraîné à des redites, il faut reconnaître que l'étude

1. Tract., c. 14. De mutatione composita monetanan, p. ii3 = fr. XLIII.

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