Traictie, c. i5, p. XLV = lat. io
2. Oresme a-t-il ici directement en vue, comme l'a pensé M. Cyinningham (The growth of encjlishindudnj, p. 020), l'opinion de lauteur de V Opusculum attribué à saint Thomas, De regimine principum ? Cela ne nous semble pas démontré : l'opinion qu'il combat était de son temps très générale.
Ge n'est pas un droit, s'écrie-t-il, c'est un vol et une rapine, c'est une exaction frauduleuse contre les particuliers. La conclusion en effet s'imposait, dès qu^il refusait à la monnaie le caractère domanial. Puisque la monnaie est reconnue être une chose, être la propriété des particuliers comme un bien quelconque de leur patrimoine, le profit que veut prélever le prince n'est plus qu'un vol, un attentat sur la chose d'autrui. Le lui accorder, sous on ne sait quel prétexte d'utilité publique, ce serait reconnaître qu'il aura demain le pouvoir de « m'oster ma robbe » (i), si l'idée lui vient de prétendre qu'il en a besoin.
({ Nulle chose ne se doit laidement oster d'aucun ». Voilà la règ-le, et nul subterfuge ne doit parvenir à l'éluder. Ni privilèg^e, ni concession ne sauraient être invoqués, vinssent-ils du pape, de l'empereur (2). Car ni le pape, ni l'empereur, affirme catég"oriquement Oresme, en répondant à cette forme nouvelle que tendait, comme nous verrons, à prendre de son temps, le droit monétaire féodal, n'ont pu valablement consentir un privilège de cette nature. Ni l'empereur, parce qu'il n'a pu concéder valablement un droit qu'il ne saurait avoir luimême, ni le pape, parce qu'il donnerait ainsi licence de faire mal « laquelle oncques nul ne le peust desservir davoir » (3).
Contre ce prétendu droit, d'ailleurs, les arguments de toute nature se pressent. Dans la seconde forme du texte latin, Oresme en a accumulé de nouveaux, d'ordre plus théorique.
Tirer profit delà monnaie, observe-t-il, c'est recueillir