La Politique d'Aristote, l. IV. c. 7. f" CXXXII, i
5. La Politique d'Aristote^ 1. IV, c. 6, f" CXXX ; c. 7, P CXXXI.
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que Ion ne deust laisser pour obvier aux périls du bien public ».
Le roi amoureux de science, le savant impatient d'action, étaient faits pour s'entendre et se compléter. L'œuvre du savant sera grande et indispensable. Puisque la science du g-ouvernement, « telle qu'elle convient à tout seigneur naturel » est tout écrite dans Aristote, il faut que le roi et ses conseillers puissent la lire et l'étudier. Mais le latin dans lequel sont écrites les œuvres politiques est « moult fort à entendre » (i). Le roi, qui certainement « entend bien compétamment son latin » s'aperçoit vite que nombre de choses lui en échappent, « pour la force des termes subtilz (2) ». Il sait aussi que plusieurs parmi ses conseillers ne l'ont pas « si en usage comme la langue françoise ». De là évidemment est née l'idée d'en faire des traductions, que le roi comme son conseil pourront plus facilement entendre que le texte, qui seront même en un sens utilisables pour l'avenir, car le roi en fait expliquer les « forts mots » (3) qui pourraient embarrasser les lecteurs, et il y fait <( mettie nouveaulx exemples., par quoi se pourront esmouvoiren vertu ses hoirs, qui par aventure n'entendroient le latin » (4).
C'est ainsi de l'exprès commandement du roi —
1. Les Eihiqties d'Aristote, Le proloc/ue du translateur (éd. cit., f" II).
2. Christine de Pisan, Le livre des faiz et bonnes mœurs, 1'^ p. c. VI, el nie p.. eh. XII {éd. 67/., p. -26). Cf. Raoul de Pcesle, trad. du Policratique, préface (dans Ms. Sorbonne 526).
5. V. la Table des « forts mots » de Poliliques, à la fin de clia que chapitre ou à la fin de l'ouvrage, suivant les Mss. Des extraits de cette sorte de glossaire français ont été publiés par M. Meunier, Essai, pp 161 sq.
l^. Christine de Pisan, Le livre des faiz et bonnes mœurs, 1 II" part., ch. XI, p. 24*2 . — Cf. Le chemin de longue étude, Ms. Fi-. 1188,
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Oresme nous le répète à plusieurs endroils (i) — (jue fut entreprise la traduction considérable de toute l'œuvre politique d.'Vristote, « des Ethiques, des Politiques et des Ycononiiques », et c'est à Oresme. comme le plus en vue des « philosophes politiques >» de la cour, que fut réservée, dans la grande entreprise de traductions, l'interprétation de toute cette part de l'œuvre du Maître. Le roi qui récompensa comme nous savons, fort généreusement la « peine et labeur » du traducteur (2), s'y intéres-* sait au point qu'il avait voulu que le doven de Rouen « délaissât toutes ses autres œuvres et besognes quelconques » (3) pour y travailler. Il avait si g'rande hâte de voir terminer le travail, que nous le voyons, dans ses mandements, écrire de sa propre main à Jehan d'Orléans de compter de suite et sans délai, « quelque chevance que vous en deviez faire » deux cents francs d'or qui ont été promis à Oresme (!\), intervenir d'autres fois auprès des chanoines de Rouen, pour leur demander, à titre de faveur personnelle, de conserver à leur doyen, malgré qu'il ne puisse actuellement résider, la maison canoniale qu'ils lui avaient réservée à Rouen (5), afin qu'il pût para-
I. Le prologue des Ethiques commence avec quelque solemnité : « En la confiance de laide Nostre Seigneur Jhesu Crist, du comandenient de très noble et très excellent prince Charles Quint de ce nom, par la grâce de I^ieu roy de France, Je Nichole Oresme, etc.. » iinfyà, Appendice D, p. 20).
■î. Cf. suprà, chap. préliminaire, p. 86.
ô. Mandement du 01 mai (lôya) en l'abbaye de Chaaliz, dans L. Delisle, Mandements de Charles V, n° 889, p. 458.
4. Ibidem. Cf. Mandement du 5i août i5;-4. ;i ^ incennes (L. Delisle, Mandements de Charles V, n" 1061, p. 552).
5. Lettres au chapitre de Rouen, datées du 11 novembre 1572, au bois de Vincennes, Befj. ca/nltilaires de Notre-Dame de Rouen (Arch. S. -Inférieure, G. 21 18), Cf. une délibération du chapitre du 28 août i.'5j2 : « Fuit concessum domine decano, tam ad siiara
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chever en tranquillité ses deux livres de Politiques et Yconoiniqiies, « lesquelx, dit le roi, nous sont de présent très nécessaires, et pour cause. »
Une fois en possession de l'œuvre d'Aristote, il semble qu'il en ait fait son livre de chevet. L'exemplaire des Ethiques luxueusement copié en 1876 par Raoulet d'Orléans portait, seul des volumes de sa Bibliothèque du Louvre, sa signature autographe (i). Et Christine de Pisan , comme 1 auteur du Songe du Vergier, qui connaissaient bien leur prince, nous le montrent" chascun jour faisant lire devant lui d'éthiques et de yconomiques... pour y savoir que appartient au gouvernement de tout seigneur naturel » (2). Evidemment il croyait de bonne foi, lui et son entourag^e, être en possession désormais de la vérité politique, qui allait lui permettre de gouverner son royaume u selon raison et philosophie naturelles ».
Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que ce projet extraordinaire a reçu au moins un commencement d'exécution. M. Siméon Luce a relevé en ces dernières années le
requestam quarn ad reqiiestam Régis, quod percipiat fnictus et distributiones suas, usque ad perfectionem libri Politicorura, quod scribit pro prœdicto domino rege, nonobstante quod idem dominus decanus non veniat in capitulo, alioquin nec ad ecclesiam » (Reg. capitul. de i565 à iSjô, aux Arch. Seine-Inférieure, G. 21 15).
1. Inventaire de Jean le Bèr/ue, de 1411, à la suite de V inventaire de G. Mallet : « Item un livre nommé Ethiques, couvert de soie blanche et vert à queue... et est signé Charles ». Ce précieux Ms. est aujourd'hui conservé au Muséum Meermann-Westreianura à la Haye, et sur la dernière page, dit M. Delisle, quelques traces de la signature de Charles V sont encore visibles, malgré le g:rattage à laquelle elle a été soumise. (L. Delisle : Mélanf/e de paléof/rapliie, Paris 1880 in-8<', p. 260).
2. Le Sonf/e du Verçjier, 1. I, c. 122 (dans Libériez de l'Eglise gallicane, éd. 1781, f». t. II, p. i54).
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curieux essai d'introduction du principe aristotélicien de l'élection, en iSôg et en iSyi, dans la désignation du chancelier de France [\ )^Une élude comparée attentive — peut-être un jour pourrons-nous la tenter — des idées politiques exposées par Oresme sous les textes du philosophe, et de la politique g"énérale du roi, montrerait certainement (nous en avons relevé quelques exemples typiques) d'autres circonstances où la Politique d'Aristote a conduit la politique de Charles V (2). Ce que nous voulons retenir pour le moment, c'est que par sa position d'interprète autorisé d'Arislote, Oresme se trouvait être auprès du roi plus qu'un conseiller écouté, une sorte de représentant de la pensée du Maître. Et cette situation privilég-iée n'était pas, semble-t-il, sans soulever de vives colères dans le monde des légistes, habituels conseillers de la royauté. L'auteur du Songe du Verf/ier s'est fait, en une page singulièrement piquante, rinterprète du dépit malveillant que ressentaient de cette intrusion dans la politique des « artiens » et des « philosophes moraux », les anciens conseillers juristes nourris dans la pratique directe des affaires. Car c'est
I . S. Luce, L'élection an scrutin de deux chanceliers de France sous Chartes F, dans Revue historique, XVI. pS. — M. Dareste avait déjà observé que toute cette liUérature d' Etat est intimement liée à la politique du règne (^Hist. de France, II, ôôa).
a. V., par exemple, sur la nécessité de séparer les fonctions d'administrateur et de comptable (La Politiq. d'Aristote, 1. IV, c. i-î, f'^ 19, r"), à rapprocher des Ordonnances des i3 novembre 1572, A. 5 et 4, 6 décembre 157^7, A. 4 et 5 (Ord. V, 557). — De même sur la valeur en France de"? lois romaines (La Politiq., 1. V, c. a5. (0 aoô-207) ; sur le séjour des Papes à Avignon {ibid., 1 III, c. 2. t" 72, vo). — Sur la question alors très agitée entre les interprètes du droit romain de la monarchie universelle, et du droit de l'empereur sur tous les royaumes chrétiens («ôîifi?. , 1. 7, c. 10, f" 55 à 40), etc., etc.
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Oresme sûrement qui est visé, de la façon la plus transparente, dans ce passage, c'est lui le « philosophe moral qui scet bien les principes au général de toutes lois et de toutes constitutions, qui scet tous les livres dethiques, de vconomiques, et de politiques et qui appelle les juristes idiots politiques », c'est lui que l'auteur dépité du Songe voudrait voir renvoyer à ses spéculations, et laisser la pratique et gouvernement aux juristes « afin que chascun se teinst en ses terres ». Car, dit-il pour terminer, « les termes et les metes des philosophes est de baillier les principes du gouvernement du peuple, sans en avoir la pratique ni l'exercice ; mais les juristes si en ont la pratique et l'exercice, comme il a esté dict et louchie » (i).
T. Ms. Fr., 7o58, f" 98, v^ (cité par P. Paris, Les Mas. fr. de la Bibl., II, 325). Le passage est assez intéressant pour être rapporté en entier :
« Doncques le principal propos et eslude d'un roy doit estre de bien gouverner son peuple par le conseil des sages, par lesquels je entens principalinent des juiistes, c'est assavoir qui sont expers en droit canon et en droit civil, et es coutumes et constitucions et loix royaulx. Par le conseil desquels doit estre le peuple gouverné et non par les arciens, jaçoit ce qu'ils aient les principes du gouvernement du peuple, c'est assavoir es livres .de éthiques, yconomiques, et de polilicjues. Mais ils ont ces p<Mncipes et ceste science en gênerai, et il n'en ont pas la praticque ; ne aussi ne le sauroient mettre a eflect... Un philosophe naturel sait bien les prin>ipes de médecine, et dire les causes generalment et universalment, mais pourtant il ne saurait pas guérir un malade, car il n'en a pas la pralicque. Semblablement, un philosophe moral scet l^ien les principes en gênerai de toutes lois et de toutes constitutions ; mais pourtant il ne sauroit descendre ne jugier des cas particuliers ; car ce aparlient à un juriste ou bon coustumier, qui a le pralicque et l'expérience des cas particuliers. Je dy doncque ainsi que le roy ne commect pas volontiers le gouvernement de sa personne au plus sage philosophe naturel
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Cette influence considérable qu'Oresme possédait dans les conseils du roi, et qui soulevait si fort les colères de l'auteur du Songe, évidemment il a dû l'exercer avant tout sur la politique monétaire. La réforme monétaire était lune de celles auxquelles Aristote tenait le plus, et c'est « selon les raisons d'Aristote » on le sait, qu'à été composé le Traité.
Les preuves deviennent ici particulièrement nettes. La version française du Traité, qui est la forme dernière de l'œuvre, porte foi'mellement, comme nous savons, dans la Conclusion du Translateur, la preuve qu'elle a été entreprise poui* le prince lui-même (i) ; les termes assez familiers dans le^squels Oresme lui dédie son œuvre, paraissent même faire allusion, dès cette date, à une collaboration antérieure du prince et du philosophe dans l'œuvre de réformation. Le Traité, en tout cas^, est une œuvre de tendances pratiques. De plus en plus, dans la suite des remaniements, l'auteur s'inquiète davantage de l'application directe, la tendance s'accuse plus franche vers l'action immédiate. Les questions de mutation par la communauté, de rédemption du prince prisonnier, qui apparaissent dans la nouvelle rédaction, sont
qui soit, aussi ne devroit il pas commettre le gouvernement de son peuple à un philosophe moral, posé encore que il sceust tous les livres de éthiques, de yco)iomiques et de poliiicqties , jaçoit ce que aulcuns arciens présument tant de soy ; car il leur est bien advis que len leur fait grand tort quand le monde nest u;"ouverné par eulx et par leur conseil, et appellent les juristes ijdiots politiques. A tout honneur et révérence des artistes, expérience est maîtresse de toutes choses ; cha^cun voit par expérience lesquels sont plus A'diots, les juristes ou les artistes, quant a bien conseiller le gouvernement du peuple et quant a bien juger. Je vouldrove donc que cliascun se teinst en ses termes ».
I. Traictie. La conclusion du Translateur, éd. Wolowski, p. LXXXVI.
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des faits actuels, pour lesquels l'auteur trace le plan de la politique à suivre iinmédiateinent.
Les dates que nous avons pu déterminer pour les divers remaniements du Traité viennent à propos confirmer ces premières inductions. Celle que les anciens historiens avaient fixée et que les historiens des doctrines avaient jusqu'ici généralement acceptée, rendait bien invraisemblable l'influence utile de l'oeuvre sur la politiroyale. Mais si le Traité a été composé dès i355, s'il a été remanié successivement aux périodes critiques de l'histoire monétaire de i355 à r36o, s'il a été, comme nous croyons l'avoir établi, arrêté dans sa forme définitive avant la fin de i36o, alors c'est lui qui véritablement précède la réforme monétaire, et l'évolution de la doctrine peut avoir vraiment inspiré et guidé l'évolution de la politique royale.
C'est dans les faits d'ailleurs, c'est dans l'histoire de la réforme monétaire en ses moments successifs, que nous devons chercher la trace plus palpable, à chaque instant renouvelée, de l'influence du Traité.
Deux grandes périodes sont à distinguer dans cette histoire : dans la premièriî, delà fin de i355 aux derniers jours de r36o, les idées qu'Oresme préconise sont celles des partis d'opposition, elles sont appliquées à regret, imposées au roi Jean ou au dauphin par les Etats et la bourgeoisie mutinée, elles sont poursuivies sans persévérance et abandonnées dès que le pouvoir le peut. Nous aurons donc à y relever, de temps en temps, des mesures conformes aux principes posés par Oresme, nous relèverons même des modifications dans la politique monétaire correspondant à l'évolution parallèle de sa doctrine ; mais ces périodes de faveur seront coupées de longs intervalles, et de longs retours aux errements anciens, pendant lesquels les idées du traité sont totalement abandonnées.
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Dans la seconde période^ au contraire, des derniers jours de i36o à la fin du règ-ne, et au delà pendant quelques années dans le règne de Charles VI, le gouvernement royal est converti, semble-t-il, sincèrement à la réforme ; l'application s'en poursuit sérieusement et persévéramment, avec un loyal désir d'aboutir; on peut, durant de longues années, suivre dans le détail l'application des moindres principes du Traité. On peut, par la longueur de l'expérience poursuivie, en discerner les effets et en apprécier le fort et le faible.
Ces deux périodes d'ailleurs, et cette marche ascendante de l'influence du Traité, se trahissent d'une façon curieuse dans un g-enre de documents où l'on peut lire en quelque sorte, au jour le jour, le prog-rès des idées d'Oresme dans la politique royale. Nous voulons parler des préambules des Ordonnances royales.
Ces préambules sont des documents précieux et ils ont été peut-être trop souvent négligés. (( Ils contiennent, comme on la dit tout récemment dans une formule excellente (i), des enseignements précieux pourl'histoire et la philosophie de l'histoire, en nous faisant connaître les rapports que les princes entretenaient avec la nation, le soin qu'ils avaient de l'opinion publique, ainsi que les raisons, les doctrines, et les sentiments par lesquels ils essaient de justifier leurs décisions ». Nous pouvons ajouter qu'au point de vue de l'histoire économique tout particulièrement ils offrent cet intérêt singulier, de nous faire connaître, souvent mieux que les œuvres doctrinales contemporaines, les principes qui ont g-uidé la politique économique des princes. Sans doute, pour les
I. lîabeau, Les preioiibules des Ordonmnices roijules et l'opinion jmblirjue, dans Séances et travaux de rAcadémie des sciences morales et polilicjiies. Comptes rendus, 1S96, p. 797.
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utiliser, y a-t-il lieu de procéder à un travail préalable de critique; ils sont trop souvent charg-és d'une phraséolog-ie traditionnelle et vague^ dont il ne faut pas toujours prendre au pied de la lettre les expressions ; mais aussi, par instants, et sous certains princes particulièrement, on y rencontre des accents qui ne trompent pas, des mots, des idées qui détonent sur la monotonie des formules traditionnelles, qui éclairent toute une évolution de la politique gouvernementale. Les préambules de Charles V sont, à cet égard, d'un intérêt plus g-rand que bien d'antres; leur style se détache delà forme raide et administrative, il se fait, comme on a remarqué, familier, presque bavard. Il semble par moments que le roi y prenne plaisir à s'entretenir avec son peuple, à rendre compte à ses sujets de ses raisons d'agir, « comme un bon père de famille, dit un de ses historiens, prend des arrang-ements avec ses enfants ».
Au point de vue qui nous occupe particulièrement, les préambules des Ordonnances et des Mandements monétaires de cette période trahissent une évolution des plus sensibles dans les idées et les principes directeurs de la politique monétaire, évolution dont les divers moments correspondent bien nettement aux deux périodes caractérisées dont nous avons distingué l'opposition.
Sous le règne du roi Jean, à l'époque des grandes perturbations financières, les formules des préambules sont on ne peut plus déterminantes: le droit domanial de monnaie s'y affirme, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, avec une netteté et une franchise sans égales. « Gomme à nous seul, de nostre droit royal appartient faire telles monnoies que il nous plaist, et de leur donner pris » (i)...
1. Ordonn. 26 juillet 1356, préambule (Ord. III, 71) ; 30 octobre 13q8 (Ord. Il'l, 266), etc.
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— - K Comme pour la délivrance de mon dit Seigneur qui sera brièvement se Dieu plaist, nous ne pouvons bonnement finer, se ce n'est pas le prouffitet émolument de nos dites monnaies » (i). — A partir des Etats de i35o, avec les tentatives d'une politique financière nouvelle, le langage change déjà. Des idées nouvelles apparaissent : la considération du « prouffit et bien commun de tout le peuple », la notion d'un droit de la communauté sur la réglementation des espèces, le sentiment des « innumerables maux et griefs domages » que les peuples ont soufferts par les mutations (2), Mais l'évolulion reste encore imprécise, l'hésitation qui est toujours dans les conseils se trahit dans le style ; les formules varient suivant les inspirations du moment, tantôt inspirées de la réforme, tantôt, comme dans l'Ordonnance du 3o octobre i358, violemment réintroductrices du droit domanial (3). La réaction alors est dans les idées et dans les formules, comme elle est dans la politique financière elle-même.
De i36i) à [38o au contraire, pendant toute la fin du règne du roi Jean et le règne personnel de Charles V, les idées nouvelles, les maximes du Traité, apparaissent et se développent dans les préambules avec une constante régularité. Depuis l'Ordonnance du 5 décembre i36o,dont le préambule porte sui* les mutations et leurs déplorables conséquences une condamnation dont les termes rappel-