I. Traictie, c. lo, p. XXX = lat. CV
RÉFORME MONÉTAIRK DK CHARLES V 549
Oresme pouvait seulement le permettre, une mutation nécessaire, franclie, loyale et juste.
Ce fut la seule. Depuis avril i365 jusqu'à la fin du règne, et par delà jusqu'en i384, dans les premières années du règ^ne de Charles VI, le gouvernement royal ne toucha plus au pied de ses monnaies, garda ses espèces droites et (( estables », « sans les changier ni muer » (i).
Les raisons ne lui auraient pourtant pas fait défaut, qu'il eût pu invoquer pour se permettre de nouvelles mutations. La hausse constante des métaux, déjà si extraordinaire en i365, avait continué, et probablement au delà de toute prévision. Le prix de lor, qui était arrêté, au 10 avril i365, à 62 I. 10 s., déjà en hauss.e de 2 1. 10 s. depuis cinq ans, s'}^ maintint à peine trois années ; même en faisant abstraction des faits exceptionnels, comme des prix de la monnaie de Tournay, il est déjà en août i368, à 62 1. 18 s., dans toutes les monnaies (2) ; il est en 1372 à 63 1. 10 s. (3), et jusqu'à la fin du règne il se maintient à ce haut prix, montant même une fois (i3 octobre i373) (4) jusqu'à 63 1. 17 s. 6 d, (5).
Le métal argent suit une marche ascensionnelle parallèle. De 5 1,5 s. environ où il se tenait en avril i365, il est passé, au 5 décembre 1369, à 5 1. i5 s. pour le marc de fin à 12 d., à 5 1. 9 s., pour le marc allayé à 4 d. (6). Ces
I Gv. Chroniques . De l'ordenance des finances qui fut faifle pour soustenir le faict des guerres {éd. cit. W, p. 225). C'est par inadvertance évidemment que ^L Ch. Benoist {op. cit., p. 85) ne date que de lôjô la stabilité définitive du système monétaire.