Mandement du 5 décembre 130Ô (Ord. IV
ne suffisent point. Les chang-eurs, dont on avait cru pouvoir se passer, ont leur revanche. Ils provoquent très probablement, par leurs manœuvres, la hausse continue etsurprenantedu métal depuis i36o, et obligent, au g"rand danger de sa réforme, le roi à porter le prix de l'or à 63 1. 10 s., celui de l'arg-ent de 5 1. à 6 1. Ils dictent maintenant leurs conditions. Ils ne veulent apporter aux hôtels que du métal allayé à un certain titre, et force est bien de passer par leurs exig"ences. Les Spifame, après avoir fait descendre le gros denier au titre de ii d. 17, prétendent ne plus trouver de métal qu à 1 1 d. 6, puis à II d. 3 1/4, et il faut pour eux diminuer la bonté des espèces, frapper, comme nous avons vu, les g"ros au titre abaissé de 11 d. 6, 1 1 d. 3 1/4. Encore le métal fourni par eux est-il souvent défectueux. En 1369, le roi se plaint que l'or '< qui a este et est apporté aux monnoies a este et est trouvé si dur et de tant de contrefaçons, que bonnement l'en n"a pas peu, ne peult len venir justement a ladite loy )> (i)
C'était surtout aux provinces frontières que le mal se faisait sentir. Les hôtels des monnaies étrangers donnaient g'énéralement du métal un prix plus élevé, et tout le billon passait la frontière. Le roi, qui aurait voulu « obvier à ce, pour le plus g-rand profit de tous», avait bien, pour retenir le métal, créé des hôtels dans les régions voisines de la frontière, à Saint-André près Avignon en 1367 2), à la Rochelle en 1372, près des possessions anglaises (3) ; il avait réorganisé la Monnaie de Tournay en pays flamand. Là en effet, sur
1. Mandement (ht 29 novembre 1369 (Ord. V, 235). Cf. Vuitry, II, 525.