‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 2 sur 69 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

§1. — Il n'est peut-être pas inutile de déterminer tout d'ahord avoo exact iludo les limites de cette étude. Je m'y suis proposé soulemenl dVxposer la théorie platonicienne de l'Amour et do tenter d'en déterminer la signification. Mais je laisserai de coté plusieurs des cpiestions philosophiques ou des problèmes historicpies que cette étude imposerait à qui la voudrait intégrale. C'est ainsi que je me suis abstenu d'apprécier la théorie de l'Amour, aussi bien en elle-même que par rapport à l'ensemble de la philosophie de Platon. Je laisse également de coté tout ce qui concerne les origines mythiques ou philosophiques de cette théorie et son développement ultérieur, en particulier chez les Néoplatoniciens De même je ne me préoccuperai pas de rechercher quels peuvent être ses rapports avec d'autres doctrines contemporaines. Les problèmes biographiques relatifs à Socrate ou à d'autres personnages, qui figurent dans les dialogues auxquels est empruntée mon exposition, ne seront étudiés non plus que dans la mesure où cela semblera strictement indispensable, par exemple pour élucider la question chronologique. Enfin c'est encore à dessein que j'ai écarté de ce travail toute discussion sur les idées et les mœurs des Grecs relativement à l'amour, clans la société cultivée du v* siècle. Sans doute, au point de vue purement historique, il y aurait eu grand profit à examiner la plupart de ces questions. Mais, ne pouvant donner à cette étude tout le développement

iNTRODtCTION

quelle comportait, j'ai cru du moins possible, dans le cadre restreint que je me suis assigné, de chercher à fixer la place qu'occupe en fait la théorie de l'Amour dans la philosophie de Platon.

CHAPITHK [

EXPOSITION DE LA THEORIE DE L'AMOUR D'APRES LE LYSIS, LE BANQUET ET LE PHÈDRE

§ 2. — Si l'on veut obtenir une exposition objective de la lliéorie platonicienne de l'Amour, le moyen le plus simple sera, semble-t-il, d'extraire en quelque sorte cette exposition des dialogues où elle est présentée. Nous commencerons donc par analyser, de ce point de vue, le Lysis, le Bamjuet et le Phèdre. L'ordre choisi ne préjuge rien quant à la relation chronologique de ces trois dialog:ues, qui sera étudiée plus tard; il est motivé, en ce qui concerne le Phèdre, par le fait que la doctrine de IWmour y est exposée d'une façon en quelque sorte occasionnelle et avec plus de liberté ou, en apparence tout au moins, plus de fantaisie que dans les deux autres. Il convient de reconnaître, d'autre part, que le procédé employé court grand risque, en dépouillant d'admirables œuvres d'art de ce qui en fait la beauté et le charme, de paraître sacrilège. Mais une analyse rigoureuse des idées, une détermination sèche et même un peu scolastique de leurs divisions et de leurs liaisons ont semblé indispensables pour lintelligence philosophique de la théorie que nous étudions.

Page 1