‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 236 sur 276 · mouvements corporels, à quel mouvement · texte numérisé non relu

mouvements corporels, à quel mouvement

Dh

lique, VII, 530 a b.

publique, VII, 531 a, sqq.

ressemble la pensée pure (ἢ προσέοιχε χινήσει vos), quel est, parmi les mouvements visibles, celui qui symbolise la pensée pure. Le premier parmi les Ἢ mouvements corporels est le mouvement circulaire en un seul lieu, ou de révolution sur soi-même. Or ce mouvement est celui qui est commun à la sphère céleste tout entière, le mouvement diurne d'Orient. en Occident : il ne comporte pas d'erreur, parce qu'il est le mouvement primitif, celui par rapport auquel tous les autres sont définis, et dont la révolution « sert d'unité de mesure à toutes les autres. De plus, il est le seul mouvement qui concilie en soi avec le mouvement le repos, avec le changement l'iden= tité, puisqu'il ne se déplace pas dans l’espace, et qu’il est uniforme. Ce sont autant de ressemblances avec la pensée pure, qui est affirmation de l'identité !, et qui, comme réflexion sur soi, implique les deux. conditions du mouvement et du repos. Pour les deux # raisons indiquées, il est désigné comme le mouvement de l'identité : 1] exprime la pensée pure et la science (νοῦς ἐπιστήμητε) ?. — Au contraire, le mouvement circulaire avec déplacement, ou mouvement de rotation autour d'un centre, n’est pas simple comme le premier mouvement, il se subdivise dans la pluralité des mouvements planétaires : 1] est de l’ordre de la différence. De plus, il comporte

En ΡῈ CEE » πος ας , 1. Timée, 40 ἢ: περὶ τῶν αὐτῶν ἀεὶ τὰ αὐτὰ ἑαυτῷ διαοουμένῳ. 2. Timée, 31 c.

l'erreur. Car le mouvement apparent de chaque planète est le produit de deux mouvements : le mouvement diurne du ciel d'Orient en Occident et le mouvement propre de la planète, dirigé généralement en sens inverse du premier (pour négliger l'obliquité de ce second mouvement). Par suite, pour l'œil l’un observateur placé sur la terre, celle des planètes dont le mouvement propre est plus rapide est celle qui apparait comme moins vite emporlée par la évolution diurne de la sphère céleste en sens inverse ; le plus rapide apparait comme le plus lent, Je plus lent comme le plus rapide, le différent est pris pour le différent". Les mouvements des planèles correspondent à un état de la connaissance qui est susceptible de vérité et d'erreur, qui atteint la vérité par la correction de l'erreur. Le système des mouvements planétaires, en tant que perçu par les sens, est un système d'apparences; mais, par la “substitution au ciel sensible d’un ciel intelligible, les apparences sont corrigées. Le jugement fondé enoraison (δόξαι nat πίστεις... βέδαιοι nat ἀληθεῖς) ὃ, ‘ignore pas le monde sensible, mais il le critique, e corrige et le fonde.

En résumé, le mouvement circulaire, sous ses deux por en hub de son uniformité et de sa

pensée. Mais si, à l’opposé du mouvement identiqu du ciel des fixes, les différences des mouveme planétaires peuvent être renversées, confondues, ὃ produire l'erreur, c'est dans la mesure où ces mous vements sont sentis, où ils transmettent, par wi 5 combinaison de mouvements rectilignes, une impres= sion à notre vue. Au point de vue du mouvemen τῇ rectiligne correspond, dans le symbolisme platoniss cien, le point de vue de la sensation, de l’idée confuse et de l'erreur. « Les dieux... lièrent les | mouvements périodiques de l'âme immortelle ἃς un corps qui est soumis à un mouvement d’assimi-. lation et de désassimilation. Et, emportés par la force du courant, ils n'étaient jamais ni victorieux mi vaincus, en même temps ils entrainaient et étaient entraînés par des chocs (Z#), de sorte que l'être vivant était müû tout entier, mais sans ordre, au. hasard (όπη τύχοι), et sans loi, selon les six mouve= ments !. » D'où les sensations, c’est-à-dire la forme. irrationnelle de l’activité psychique ; et, comme le mouvement circulaire symbolise ce qui dans l’âme est rationnel, le mouvement rectiligne exprime l'élément

bee a ΡῈ nsion à epate à

:» δ en" ETS Te FINI : “ LL it dr LE ον

“4 | LA SCIENCE DU MOUVEMENT. 303 #5 s mortel »'; ou encore, comme il est dit dans 5 Lois, le mouvement qui ne contient ni uniformité ὁ ni périodicité, est ser RE RS de tout ce qui 5 jrrationnel dans! ἀπιο(άνοίχς ἃ ἂν ἁπάσης εἴη ξυγ" γεν ἐς) . dr il existe une différence OR: he la science les mouvements circulaires et la science des mouvements rectilignes. Expliquer en astronome les révolutions du ciel visible, c'est corriger les erreurs que la vue commet à ce sujet, c'est, à proprement pa: ler, substituer au ciel visible un autre ciel où la arité absolue règne. Mais expliquer la sensation en tant que telle, c'est lui assigner pour cause tels ou tels concours de mouvements rectilignes, sans se préoccuper de savoir si elle est vraie ou fausse, c'est expliquer l'erreur, sans se préoccuper de la corriger. « Lorsque les mouvements circulaires de l'âme renontrent, extérieurement, une identité ou une difféce, alors, affirmant l'identité et la différence à ebours de la vérité, elles deviennent fausses et irrationnelles (ἀνόητοι), nulle périodicité ne gouverne

| ne commande en elles » * : c'est l'expression, par

= in ar a. — Les formes ratgnnelles sont périodiques, en ce sens

répètent la même aflirmation au sujet d'objets identiques: Vie st unité d'une multiplicité. Cf. Parménide, 141 ἃ : πότερον...

ν' ἅπαξ ἐάν τε πολλάκις ταὐτὸν ὄνομα g0ÉYEn, πολλὴ ἀνάγχη σε ταὐτὸ γειν ἀεί ; — Cf. dans le mythe du Phèdre (247 εἰ}: ἅτ' οὖν θεοῦ eu νῷ τε χαὶ ἐπιστήμη ἀκηράτῳ τρεφομένη, χαὶ ἁπάσης Ψυχῆς, ὅση λῃ τὸ προσῆχον δέξεσθαι, ἰδοῦσα διὰ χρόνου τὸ ὃν ἀγαπὰ τε καὶ

ΡΣ cé

de à

l'emploi des symboles mécaniques, du point de vue de la sensation. « Lorsque des sensations, venues du dehors, par leur choc absorbent toute l’étendue de l'âme, alors les mouvements de l'âme, qui sont en réalité vaincus, semblent vainqueurs »: c’est ce qui arrive lorsque l'attrait d’un plaisir, la crainte d’une douleur, produit l'apparence de la tempérance, c’est-à-dire de la résistance à l'attrait du plaisir, et l’apparence du courage, c’est-à-dire de la résistance à la douleur, quoique l’âme continue à posséder la réalité de l’intempérance et de la lâcheté: la sensation, c’est l'apparence de la vérité et l'apparence de la vertu. Mais, au point de vue de la représentation mentale où nous nous plaçons maintenant, l’erreur, la fausse certitude, est un état psychique, un mouvement de l’âme au même titre que la certitude bien fondée. On ne saurait mieux, dit Platon, comparer l'âme dans la sensation qu'à un homme qui, la tête en bas, les pieds en l’air, se trouve placé en face d’un autre homme ; dans cette position, pour lun et pour l’autre,

1. Timée, 44 α : 760" αὗται χρατούμεναι χρατεῖν δοχοῦσι. — Cf. Phédon, 68 e, 69 a, sur la fausse tempérance: φοδούμενοι ... ἑτέρων ἡδονῶν στερηθῆναι χαὶ ἐπιθυμοῦντες ἐχείνων, ἄλλων ἀπέχονται ὑπ' ἄλλων κρατούμενοι. καίτοι χαλοῦσί γ'ἀχολασίαν τὸ ὑπὸ τῶν ἡδονῶν ἄρχεσθαι. ἀλλ' ὅμως ξυμόδαίνει αὐτοῖς χρατουμένοις ὅφ' ἡδονῶν χρατεῖν ἄλλων ἡδονῶν. — Cf. sur l’emploi des verbes: χρατεῖν, χρατεῖσθαι, République, IN, 444 ἃ; NVIL, 554 de.

* οἰ ἰδ de l'autre est prise (φαντάζεται) pour la auche la gauche pour la droite ᾿ς Mais c'est là, our se servir encore d'une image familière à Pla- >)n, une illusion analogue à celles que produisent 5. miroirs, et dont l'optique fournit l'explication ïentifique. Un miroir formé par une concavité lemi-eylindrique, selon la position horizontale ou ticale qu'il occupe, renverse ou ne renverse is la position relative de la droite et de la gauche objets qu'il reflète; et, par des combinaisons 6 mouvements rectilignes, on explique, en optique, juil doit en être ainsi?. Bref, le hasard (τύχῃ) la nécessité (2471) signifient indifféremment, he: Platon, la communication d'un mouvement térieur — c'est la définition corporelle de la néceslé, — ou la puissance innée et désordonnée {ὅπη χεν..., ἀτάχτωςτ) du désir *. Mais la nécessité fait tie intégrante de l'univers mobile, au même titre

Page 1