B. VEINES
De disposition un peu différente, suivant les sujets, elles sont cependant conformes en général aux données classiques. Nous avons vérifié ce fait sur 15 de nos dissections où les veines étaient parfaitement injectées de sang sur des sujets préparés au chlorure de zinc.
Toujours il existe un réseau à la surface du corps thyroïde, appliqué contre le parenchyme par la capsule propre dans laquelle les veines sont plus ou moins incrustées. Ces vaisseaux ne peuvent, en règle, être isolés de la surface du corps thyroïde d’une façon appréciable. Le cas est rare où la dissection permet de sectionner une veine au delà de son premier contact avec la capsule. Il faut donc en général compter avec le sacrifice de ce réseau péri-thyroïdien dans la thyroïdectomie totale.
Pour le ménager au maximum, comme toujours, ou liera les veines « au plus près ».
Les veines qui drainent ce plexus veineux sont réparties en plusieurs groupes
1. Les veines thyroïdiennes supérieures : elles sont satellites du pédicule artériel et vont à la jugulaire interne par l’intermédiaire du tronc thyro-linguo-facial de Farabeuf.
Parfois, une veine thyroïdienne supérieure accessoire ou une veine oblique de Kocher.
2. Les veines thyroïdiennes inférieures : elles ne suivent pas les artères en règle générale.
Issues du réseau péri-thyroïdien, elles se couchent parfois un instant dans un sillon de la partie inférieure de l’isthme et des lobes latéraux avant de quitter le parenchyme.
On essayera de libérer le plus haut possible ces troncs, car nous les verrons souvent en rapport avec les parathyroïdes au point de vue topographique comme au point de vue de la vascularisation veineuse de ces glandules.
Au nombre de 2 à 4, d'importance inégale, elles vont à la jugulaire interne ou à la sous-clavière. Parfois, au tronc innominé gauche.
Parfois, des veines médianes peuvent être considérées comme correspondant à l’artère thyroïdienne moyenne. Kocher les décrivait sous le nom de venoe imoe.
Nous avons souvent eu l’occasion de constater au
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cours de nos dissections et sur les cadavres de l'Ecole pratique la présence, le long de l’artère thyroïdienne inférieure non pas d’une veine de calibre équivalent à ce vaisseau, mais d’un petit lacis veineux intimement accolé à l’artère et à ses branches terminales, suivant ce vaisseau fidèlement pour aller se jeter dans la jugulaire interne ou même la sous-clavière. Nous signalons cette disposition parce que, dans les deux cas, nous avons vu ce système veineux péri-artériel drainer exclusivement les veines des parathyroïdes.
3. Les veines thyroïdiennes moyennes : elles se détachent des veines du plexus au voisinage du bord externe de la glande, à un niveau variable en hauteur, et vont à peu près horizontalement vers la veine jugulaire interne.
Parfois cette veine est dédoublée.
Elle marque, lorsqu'elle existe, la transition entre la face antérieure et la face postérieure. Sa section permet en cours d'opération de « retourner » le lobe latéral, d’attaquer la face postérieure où l’on se trouve en présence des plus grandes difficultés techniques.
En somme, nous voyons comment, au cours de la thyroïdectomie totale, sera supprimée la grande voie anastomotiqué veineuse périthyroïdienne. Fort heureusement, les parathyroïdes n’en dépendent en général pas exclusivement ; elles peuvent déverser leur sang veineux dans un tronc facile à respecter ou bien présenter deux voies d'évacuation dont l’une au moins aboutit aux veines des organes voisins : larynx, pharynx, trachée œsophage, muscles pré-vertébraux.
La richesse vasculaire du corps thyroïde. — Nous venons de l’étudier : elle est énorme.
C.H. Mayo considère cet organe comme trois ou quatre fois plus vascularisé que le cerveau, Tschnewsky calcule que la glande est près de six fois plus irriguée que le rein.
C’est là une des raisons des difficultés de la thyroïdectomie. On peut les ramener en effet à des difficultés d'hémostase, hémostase importante car le moindre hématome peut léser un organe voisin, hémostase dangereuse si l’on se rappelle la présence, au contact des vaisseaux, d'organes importants comme le récurrent ou les parathyroïdes.