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de parathyroïdes passées inaperçues. En particulier, nous avons trouvé, vérifiés histologiquement, des nodudes de taille extrêmement petite au cours de nos dissections ; il est vraisemblable que des éléments aussi petits ont pu passer inaperçus sur d’autres sujets.
Une autre notion : il arrive de voir 2 parathyroïdes nettement bilobées, chacun des lobes ayant le volume approximatif d’une parathyroïde normale. Nous avons trouvé deux fois une telle disposition. On peut admettre qu'elle équivaut à deux glandes au point de vue fonctionnel.
Dans nos deux cas, la glande ainsi partiellement divisée était à l’abri de tout traumatisme opératoire. On ménageait ainsi du même coup une glande double. Mais on peut concevoir l’inverse, et la lésion intéresserait ainsi tout le tissu parathyroïdien d’un côté.
Il existe parfois des parathyroïdes en plus grand nombre : on a signalé des cas où elles étaient au nombre de 5, 6 et même 7.
La sécurité opératoire est évidemment accrue dans ces cas, mais il faudrait admettre que toutes ces parathyroïdes peuvent assumer une fonction normale.
20 Aspect. — Il est très important à connaître. sous ses différentes formes car, au cours de la thyroïdectomie totale, il faut savoir identifier une parathyroïde.
— Forme : les nombreuses descriptions relevées dans la littérature rendent compte des différences observées : on les dit ovales, aplaties, piriformes, ovoïdes, discoïdes, triangulaires, pyramidales ou linguiformes ; on les à encore comparées à un épi de seigle, une petite rate, un grain, une lentille, un noyau de mandarine. Cette énumération n’est pas inutile ; il serait vain en effet de donner un type de description unique. Nos dissections ont montré un polymorphisme évident.
Von Verebely a trouvé les parathyroïdes supérieures
plus ovales, les inférieures plus rondes. C’est également notre impression.
— Dimensions : elles varient de celle d’une tête d’épingie à celle d’une toute petite cerise.
Les chiffres extrêmes donnés par les auteurs sont :
JON PUCES Se ARE R Er 2 à 19 mm.
lAFSOUT PAM TETES 2à 6 mm.
ÉDAISSeUT Cao 053 EFmm;
La moyenne, effectuée par Donati en comparant les diverses statistiques donne
IONOTCURER MN 6,8 mm.
lArSéUT Re D'OHLIN, ÉDAISSeUR LR ere 1,75 mm.
La couleur varie du rose clair au rouge brun, fonçant avec l’âge pour Yanase.
Le ton Je plus exact, chez le sujet adulte vivant, semble -être « brun chamois » si l’on s’en tient aux travaux récents. Ils ont seuls de la valeur. En effet, l’aspect des parathyroïdes in vivo est bien connu seulement depuis ces dernières années, depuis que la chirurgie parathyroïdienne s’est développée.
Notons à ce propos que certaines parathyroïdes infiltrées de graisse tirent de cet élément une teinte plus jaune, d’où une plus grande difficulté d'identification (Welti). |
— La surface est légèrement granuleuse (Halsted et Evans), ou plus souvent lisse et tendue, ainsi qu’on peut le constater opératoirement.
— La «présentation » des parathyroïdes mérite que l’où s’y arrête, Car un « camouflage » est fréquent et il ne faut pas en être dupe au cours d’une intervention.
Le plus souvent, les parathyroïdes apparaissent nues, isolées. Elles sont bien parfois au milieu de la graisse «péri-thyroïdienne » dont parle Folliasson, mais ne lui adhèrent que d’une façon tout à fait négligeable. Nous
Nr TEE
avons trouvé ainsi 48 parathyroïdes sur 69, sur les 20 dissections effectuées chez des adultes. Soit, dans la mesure où une «induction » de ce genre reste exacte, 69%.
Les 21 parathyroïdes restantes, soit 31%, étaient en rapport intime avec de la graisse.
Sur le cadavre, la séparation demandait une grande attention. Sur le vivant, elle traumatiserait dangereusement les parathyroïdes.
— Tantôt il s’agit simplement d’une petite couche de tissu adipeux adhérent à l’une des faces de la glande, la face hilaire en général.
— Tantôt cette graisse est plus systématisée. Il s’agit d’ une véritable foliole de graisse (fig. XI) reliée aux vaisseaux de la parathyroïde par un péliole vasculaire, et venant s'appliquer sur la capsule parathyroïdienne à laquelle elle est fixée par de très fins tractus.
Nous avons trouvé cette foliole d’une façon tout à fait nette pour 15 parathyroïdes (21 %). Folliasson décrit ces lobules en forme de « larme batavique », mais il insiste peu sur leurs relations exactes avec la glande.
— D'autres fois enfin (3 cas) nous avons vu la parathyroïde entièrement cachée à la Vue par une gaine graisseuse complète, l’ensemble ayant un aspect fusiforme. Il a fallu ouvrir la gaine pour apercevoir la glande.
A notre point de vue une parathyroïde a d'autant plus de chances d’étre respectée qu'elle est entourée de graisse. Celle-ci siège en effet souvent sur la face hilaire de la glande, celle qui est tournée vers le corps thyroïde.
De plus, un grand principe : il faut respecter tous les lobules graisseux qui sont au voisinage de la face postérieure du lobe latéral, surtout si on les voit pourvus d’un pédicule vasculaire.
Ces différents éléments : forme, dimensions, présentation, nous permettent d'identifier une parathyroïde en cours d'intervention, lorsqu'elle apparaît à la vue
(nous verrons d’ailleurs qu’il faut au maximum éviter de découvrir ces organes dans la thyroïdectomie).
Allons plus loin dans l’erreur possible. Supposons le corps thyroïde enlevé. Nous inspectons sa surface, visitons ses sillons. Les caractères indiqués feront reconnaître une parathyroïde, accidentellement enlevée.
— La consistance peut nous aider dans ce sens, et ici nous pouvons nous permettre de palper discrètement. La parathyroïde est en général molle, un bord, une fois replié, reste dans cette position. Cette identification est un temps systématique de l’intervention. Il nous permet de greffer une parathyroïde enlevée par inadvertance, après l’avoir reconnue.
Un fait encore : la fragilité des parathyroïdes (Bérard et Henry). Le moindre traumatisme peut amener une lésion grave de la glande.
3° Certains éléments peuvent en effet ressembler à une parathyroïde : |
a. certains lobules graisseux, allongés, bien limités, de couleur foncée, recevant parfois un pédicule vasculaire ;
b. un lobule thyroïdien aberrant ; nous en avons décrit les principaux caractères ;
c. un ganglion lymphatique ; nous en avons également parlé.
40 Topographie des parathyroïdes :
a. Le siège habituel. — Nous avons parcouru la plus grande partie des ouvrages traitant des parathyroïdes. Ils ont été d’ailleurs à peu près régulièrement résumés dans tous les travaux importants. Nous renvoyons le lecteur désireux d’une documentation complète, au livre de Morel paru en 1912, à l’article de Carle Grassmann (1913), au rapport de Welti, au livre de Donati, au rapport de Chifoliau et Braine au récent Congrès international de Chirurgie.
I! serait fastidieux de reprendre cette longue énumé-
Mer rune
ration. En effet, les divergences résident surtout en des différences de nomenclature : une parathyroïde en situation intermédiaire est comptée tantôt comme supérieure, tantôt comme inférieure.
Comme le dit Franco fort justement « ce qu'il est « important de connaître au point de vue chirurgical, « c’est la notion d’une région anatomique où l’on a le « maximum de chances de rencontrer une parathyroïde « …. celte région s'étend du pôle inférieur du lobe thyrot- « dien à l'union du 1 /3 moyen et du 1 /3 supérieur ».
Ceci est parfaitement exact, à condition d’entendre par « pôle inférieur » tout le voisinage de ce pôle, à sa face postérieure et à son bord inférieur.
Nos dissections entrent tout à fait dans ce cadre, comme on peut s’en rendre compte sur les figures VIII CLAIXS
Y a-t-il, dans cette zone, une région où siègent les parathyroïides d’une façon particulièrement fréquente, une zone où l’on devra au cours de la thyroïdectomie totale, se montrer particulièrement minutieux ?
Nos dissections semblent montrer deux lieux de prédilection : au contact du 1/3 moyen et du bord postérieur d’une part ; au-dessous et en arrière du pôle inférieur d’autre part.
— Au contact du 1/3 moyen et du bord postérieur :
C’est la localisation de beaucoup la plus fréquente. Certains situent là la parathyroïde inférieure (Civaleri, Mac Callum, Valkanyi) ; d’autres y placent la parathyroïde supérieure (Geiss, Folliasson, Welti).
Sans entrer dans cette discussion, on est forcé d’admettre là une localisation fréquente, 57% de la totalité des parathyroïdes d’après les chiffres de Welti.
On les trouve au niveau du bord inférieur du cartilage cricoïde ou sur une distance de 2 cm. au-dessous de ce
Rte
point plus ou moins au contact du bord postérieur du corps thyroïde.
— Au voisinage du pôle inférieur :
La situation est plus variable.
Les parathyroïdes siègent à la face postérieure du pôle dans la majorité des cas, mais « elles sont souvent d distance du corps thyroïde», soit en dehors, soit en dessous de lui (Welti).
Il est curieux de parcourir le travail original de Sandstrôm sur les parathyroïdes, dans la traduction donnée par Morel. Cet article, publié en 1880, ne compte pas plus de 30 pages, mais il présente une précision anatomique parfaite, doublée d’une magnifique élévation d'idée lorsqu'il s’agit d'interpréter la découverte des glandes parathyroïdes.
Nous y trouvons ceci au point de vue anatomique :
« la glande supérieure est presque toujours située au
« bord postérieur du lobe et reste souvent au niveau « de l'insertion du muscle crico-pharyngien. Quelque-
« fois, on peut en trouver une au pôle inférieur de la « thyroïde, et même une ou deux lignes plus bas, dans « la graisse péri-trachéale. Je crois que c’est la plus « bas située de ces deux glandes qui varie le plus quant «à sa position ».
Les conclusions actuelles différent vraiment fort peu de cette magistrale description, dans leurs grandes lignes.
b. Les localisations moins fréquentes. — KElles sont appelées « parathyroïdes anormales » bien qu’il n’y ait pas toujours une fixité suffisante dans la topographie parathyroïdienne pour permettre une nomenclature aussi stricte.
En gardant en vue la thyroïdectomie totale, il nous faut les classer comme il suit
— cerlaines de ces glandes sont au voisinage immédiat
La dr PES
du corps thyroïde. En cours d'intervention, il faut absolument les respecter.
Il est banal de répéter que toute la face postérieure du corps thyroïde est dangereuse à cet égard. Nous verrons avec les rapports dans quelles proportions ce danger est accru dans la thyroïdectomie totale.
Les parathyroïdes en rapport avec la partie supérieure de la face postérieure du corps thyroïde sont assez fréquentes au milieu des localisations « atypiques ».
Pour Von Verebely, 15% des parathyroïdes étaient à ce niveau, pouvant atteindre le pôle supérieur.
Vanase, sur 89 cas, en trouve 18.
Laignel-Lavastine et Dunhem découvrent 1 fois sur 23 cette disposition, Valkanyi dans 6 % des cas, Welti 2 fois. Cette parathyroïde est le plus souvent en rapport, dit-il, avec la branche postérieure de la thyroïdienne supérieure qui lui donne sa vascularisation.
Bien plus rarement les parathyroïdes siègent au niveau du tronc de la thyroïdienne supérieure, au-dessus du pôle supérieur (Franco).
On trouve des parathyroïdes sur la face antérieure du corps thyroïde.
Sandstrôm avait signalé déjà cette distribution dans un cas sur 50. Von Verebely, Delore et Alamartine, Thomson, Laignel-Lavastine et Dunhem en ont rapporte des exemples toujours exceptionnels d’ailleurs, de même que Lahey, Peary et Searls, Wellbrock.
Millzner considère que cela représente une variété normale. Il admet une telle localisation dans 10% des cas. Ceci semble exagéré, mais cet auteur compte dans ce nombre les parathyroïdes qui sont sur le versant antérieur du pôle inférieur.
D'autres siègent entre la face interne du corps thyroïde et la trachée ainsi que le décrivent Laignel-Lavastine et
nie
Dunhem (2 fois sur 23), Kursteiner (2 fois sur 65 embryons ou fœtus), Valkanyi dans 9% des cas.
Enfin un mot des parathyroïdes dites « accessoires », de volume très réduit par définition et de siège tout à fait variable. Il n’est pas possible d’affirmer de façon péremptoire la possibilité de suppléance des parathyroïdes par de tels éléments. Le cas d’Erdheim, rapporté par Welti, montrait la présence de deux nodules accessoires alors qu'il s’était développé une tétanie post-opératoire mortelle.
— Des parathyroïdes peuvent siéger franchement à distance du corps thyroïde. L'aspect du problème est différent : elles ont de grandes chances d’être ménagées par la thyroïdectomie totale.
Welsh, Yanase, Iversen, Bergstrand, Grassmann, Welti, etc., décrivent des cas où la glande est située entre le pôle inférieur du corps thyroïde et le pôle supérieur du thymus.
Yanase les trouve fréquemment incluses dans ce dernier organe.
Enfin, des localisations plus lointaines encore peuvent se rencontrer : 8 fois sur 55 d’après Mandl.
On peut les trouver dans toute la « zone branchiale » (Yanase), comme l'explique l’embryologie : dans le thymus, dans la partie haute du médiastin, derrière l’œsophage (Walton), à la hauteur des 2e et 3e vertèbres dorsales (Walton), au voisinage de la carotide primitive, du nerf phrénique (Askanasy) etc.
IT. Parathyroïdes internes.
Elles sont inévitablement enlevées par la thyroïdectomie totale. L'opérateur se préoccupera d'examiner avec soin le corps thyroïde après l’ablation et, s’il recon-
des pe
naît une parathyroïde, il devra immédiatement en pratiquer le greffe.
D’après Grassmann, Schaper a signalé le premier cette anomalie.
Depuis, les avis ont été partagés ; les uns niant leur existence (Kohn, Benjamins, Kursteiner, Pepere) ; d’autres l’admettant (Müller, Laignel-Lavastine, Mac Callum, Valkanyi, Jetzowa, Wallbrock, Franco, etc….).
Welti a publié dans son rapport des coupes histologiques absolument indiscutables, et il signale en même temps la rareté du fait : deux cas sur 138 examens histologiques systématiques de corps thyroïdes enlevés opératoirement.
Ces glandes sont selon toute vraisemblance physiologiquement amoindries ; 1l faut cependant s’en préoccuper dans la thyroïdectomie totale, pour les rechercher dans le corps thyroïde enlevé.
D'ailleurs la variabilité du siège des parathyroïdes est telle qu’il est logique d’admettre à un moment donné, à titre exceptionnel, leur inclusion dans le parenchyme thyroïdien.
Il y a des intermédiaires. Certaines glandes sont enfouies plus ou moins loin dans un sillon du corps thyroïde. Nous avons même vu une disposition assez curieuse : une parathyroïde située au fond d’une excavation du tissu thyroïdien, cachée à la vue par un lobule thyroïdien qui fermait cette excavation par un couvercle (fig. X).
N'’a-t-on pas dit que les parathyroïdes internes, quelle que fut leur profondeur, étaient toujours, malgré tout, extra-capsulaires ?
Cette hypothèse ne saurait nous arrêter. Il est en effet impossible de ne pas enlever une telle parathyroïde au cours de la thyroïdectomie totale, ou même subtotale large. |
Barraya 6
Rapport dangereux des parathyroïdes
Nous avons vu la topographie générale par rapport au corps thyroïde.
Ne perdant pas de vue notre but chirurgical, nous n’avons pas à reprendre l’étude méthodique de tous les rapports des parathyroïdes. Nous indiquerons seulement ce qui peut avoir une importance pour nous.
Tout d’abord, il est inutile de rappeler les rapports précis des parathyroïdes franchement éloignées du corps thyroïde : nous en avons donné la topographie générale. Il est entendu qu’elles sont forcément ménagées par la thyroïdectomie totale.
Insistons plus sur les parathyroïdes qui avoisinent le corps thyroïde ou sa capsule.
Depuis la première description de Sandstroem, les auteurs ont retrouvé une disposition unanimement acceptée aujourd’hui :
Les parathyroïdes sont, en règle générale, entre la capsule: propre du corps thyroïde et le fascia péri-thyroïdien ; autrement dit, elles siègent dans l’espace péri-thyroïdien. En principe, comme dit Cunéo, il n’est pas nécessaire d'ouvrir la capsule pour trouver une parathyroïde.
10 Certaines parathyroïdes ne courent aucun danger, pour peu qu'une technique correcte soit employée.
En effet, elles ne sont pas au contact du lobe ; séparées de sa surface par quelques millimètres occupés par de la graisse, de telles glandes restent en place lorsque l’on effectue l’extériorisation progressive du lobe thyroïdien.
Elles siègent :
— contre la trachée ou l’œsophage, au niveau où ceux-ci sont longés par le lobe latéral. Cette éventualité est fréquente pour celle des parathyroïdes appelées par la plupart des auteurs « parathyroïdes supérieures ». On
Eros
s’en rend bien compte en considérant le schéma où nous avons rapporté le résultat de nos dissections ;
— dans la graisse pré-trachéale, au-dessous du corps thyroïde, c’est le cas de beaucoup de«glandes inférieures » ;
— d’autres parathyroïdes sont appliquées contre le fascia péri-thyroïdien, ou même dans un dédoublement de celui-ci (Halsted et Evans, Folliasson, Close, Cuneo).
20 D’autres parathyroïdes sont appliquées contre la capsule propre du corps thyroïde. Elles « viennent » avec le lobe pendant l'opération. Ceci est surtout fréquent pour les parathyroïdes supérieures.
Dans la majorité des cas, il existe malgré tout un clivage entre la glande et le corps thyroïde, clivage facile assurant l’éloignement de la glande sans traumatisme pouvant offenser ses fonctions.
Restent un petit nombre de parathyroïdes étroitement appliquées sur la capsule, parfois en partie incluses dans son épaisseur (disposition normale chez le chien).
Ici, la parathyroïde est en danger. La disséquer serait dangereux, et il faut laisser avec elle un fragment de capsule resté sous-capsulaire, terme consacré dont nous avons déjà donné l'interprétation anatomique.
Le schéma des résultats de nos dissections montre la fréquence relative de ces rapports. Nous le verrons, les rapports des artères parathyroïdiennes sont aussi importants que ceux de la glande pour ce qui est du danger encouru. Nous conclurons donc dans un chapitre d’ensemble.
39 Il existe d’autres rapports anormaux dangereux :
— Les parathyroïdes siégeant sur la face antérieure du corps thyroïde. :
Au cours de nos premières dissections, une parathyroïde inférieure était branchée sur un rameau artériel venu de la thyroïdienne supérieure et allant au sternothyroïdien. En relevant ce muscle sans précautions spé-
ciales, nous avons rabattu avec lui la parathyroïde. Cette dissection n’a pas été consignée dans les chiffres que nous avons donnés par ailleurs, mais elle nous a montré avec quelle prudence il faut séparer le plan musculaire de la face antérieure du corps thyroïde.
— Les parathyroïdes situées entre le corps thyroïde et la trachée que Valkanyi appelle «atypiques axiales ».
Cet auteur considère ces parathyroïdes comme représentant la localisation de 8% de la totalité de ces glandules. Nous n’avons jamais trouvé cette anomalie, qui est a priori dangereuse pour la parathyroïde considérée.
— Les parathyroïdes en rapport avec le ligament latéral ou la zone adhérente (fig. VIII et IX).
Elles peuvent aussi être exposées au traumatisme.
— Certaines parathyroïdes sont très voisins l’une de l’autre. Il ne faut pas, après avoir côtoyé l’une d'elles, la croire forcément entourée d’une zone de sécurité et aban donner la minutie de la technique.
Pour terminer ce chapitre, un mot de la disposition symétrique des parathyroïdes. Elle ne présente rien d’absolu. Tous les auteurs sont d’accord à ce sujet. On vérifiera la relativité de cette symétrie sur les figures VIII et IX. Un fait est cependant certain : la lésion d’une parathyroïde, d’un côté, en cours d’opération, surtout si elle occupe une situation atypique doit être soigneusement notée et il faudra redoubler d’attention dans la même région du côté opposé.
Irrigation des parathyroïdes (fig. NE VI, VII)
AN eLIeS CAT LÈTES:
Déjinissons d'abord bien l'artère de la parathyroïde, ajin de donner une base solide aux discussions qui vont suivre.
Le courant sanguin qui va du tronc d’une artère thyroidienne à la parathyroïde s'engage dans des vaisseaux de
calibre décroissant. À un moment donné, il aborde une artériole qui le conduit dès lors exclusivement à la parathyroïde. Nous considèrerons ce seul rameau comme artère parathyroïdienne.
(Nous ne tiendrons pas compte dans cette définition d’une seule exception : la petite artère détachée par la précédente au lobule de graisse que l'on trouve parfois accolé éà la glande fig. XI ; il partage en effet de très près la vascularisation de celle-ci).
Ainsi, par définition, l’artère des parathyroïdes ne reçoit aucune anastomose.
— Quelle est l’origine de celte artère ?
En juxtaposant les dispositions décrites par les différents auteurs, Welti aboutit à une description simple qu'il vérifie par ses dissections
L’artère des parathyroïdes se détache en général d’une branche de la thyroïdienne inférieure ; cette branche est le plus souvent destinée au corps thyroïde, mais il peut s’agir d’une branche œsophagienne ou trachéale, et quelquefois même d’une branche musculaire.
Si nous entrons dans le détail, nous trouvons :
— «toujours la parathyroïde inférieure est irriguée par une branche de la thyroïdienne inférieure » ;
— «la parathyroïdienne supérieure l’est seulement dans 88% des cas »;
— «dans les 12% des cas restants, la vascularisation est fournie par la thyroïdienne supérieure ».
Notons que l’origine peut se faire aux dépens de l’anastomose qui unit les deux artères à la face postérieure du lobe.
Sur 81 parathyroïdes dont nous avons bien vu la vascularisation artérielle, nous avons constaté les chiffres suivants, concordant grosso modo avec les moyennes précédemment énoncées :
1 free
— 73 parathyroïdes irriguées par la thyroïdienne inférieure ; |
— 2 par la thyroïdienne supérieure ;
— 6 par une artériole venue d’une anastomose entre les deux thyroïdiennes.
Y a-t-il une ou plusieurs artères pour une même parathyroide ?
Sandstroem, dans sa magistrale description des parathyroïdes disait déjà « une ou plusieurs petites artérioles « émanées de la thyroïdienne inférieure irriguent la « glande ».
Depuis, les opinions ont été différentes :
Evans et Halsted, Lorin, Destot et Berard ne décrivent qu'une artère.
Folliasson, sur 16 cadavres, trouve 12 fois deux ou même plusieurs artères pour une même glande.
Welti a trouvé dans 10% des cas environ une irrigation double, et encore dans deux cas s’agissait-il de deux artères juxtaposées.
Seul Henry trouve 2 ou 3 artères avec une grande fréquence : « Dans près de la moitié des cas ».
Nous avons trouvé une irrigation double 6 fois sur 81 parathyroïdes.
— À fois les deux artères, séparées par quelques millimètres, venaient d’une même branche de la thyroïdienne inférieure ;
— 2 fois, il s'agissait d’une bifurcation très haute de l’artère parathyroïdienne ;
— dans un dernier cas, la deuxième artère se rendait en réalité à de la graisse accolée à la parathyroïde, alors qu’à première vue on pensait avoir à faire à uneirrigation double.
Un fait se dégage de ceci : en général une seule artère irrigue la parathyroïde.
Léser une artère parathyroïdienne telle que nous
de
l’avons définie c’est presque automatiquement léser la glandule : on ne peut compter sur l'existence d’une deuxième source artérielle.
Cette notion une fois établie, deux points sont à préciser quant à la thyroïdectomie totale.
En effet, une artère parathyroïdienne peut être pincée en faisant l’hémostase de la branche de l’artère thyroïdienne dont elle est issue ; d’autre part, elle peut être détruite au cours de son trajet, si celui-ci l’expose dangereusement.
Nous nous sommes particulièrement attaché à la détermination précise de ces faits primordiaux lors de nos dissections.
1° Nous avons mesuré la distance qui séparait l’origine de l’artère parathyroïdienne du point où la ligature aurait dû porter, c’est-à-dire de l’endroit où la branchemère de l’artère parathyroïdienne disparaissait à l’intérieur du corps thyroïde.
Nous avons évidemment tenu compte du court trajet sur lequel on peut poursuivre l’artère au delà de sa pénétration apparente, point que nous avons déjà développé plus haut.
Sur les 68 mensurations qui, seules ont été. possibles d’une façon précise, nous avons trouvé des distances allant de 1 à 17 mm. avec un chiffre moyen de 5 mm. 8.
Peut-être y a-t-il lieu de diminuer un peu ce chiffre si l’on veut le rapporter au sujet vivant, étant donnée la turgescence plus grande du corps thyroïde chez lui.
Il semble cependant évident qu’il y a en général un espace suffisant pour placer une ligature sans faire courir de dangers à la vascularisation de la parathyroïde.
Ceci n’est qu’un des aspects du problème. Voyons le deuxième.
29 Quels sont les rapports dangereux de l’artère parathyroïdienne le long de son trajet ?