II. Lésion des parathyroïdes
En principe il ne faut pas chercher à les voir.
Si on blesse ces glandes d’un côté, ou bien si on les reconnaît à la surface du lobe enlevé, on peut faire malgré tout l’ablation du côté opposé. Mais il faut apporter à ce deuxième temps une attention particulière. En effet, si les parathyroïdes ont été vulnérables d’un côté, il faut s'attendre à des difficultés semblables du côté opposé, étant donnée la symétrie fréquemment observée dans la disposition générale de ces organes.
Si même les rapports ont paru spécialement dangereux
d’un côté, il nous semble préférable de renoncer à une opération radicale qui comporterait un risque trop grand. ’
Nous avons vu qu'il fallait, immédiatement après la lobectomie, examiner le lobe et greffer sans perte de temps une parathyroïde accidentellement enlevée, même si les autres glandes ont été respectées.
Quels résultats faut-il attendre de cette greffe ? Si nous consultons les traités de physiologie, et les récentes études d’ensemble dont nous avons parlé plus haut, il faut conclure : cette autogreffe est celle qui présente les plus grandes chances de réussite. Elle est infiniment préférable à une homo ou hétérogreffe pratiquée au moment de l’apparition des accidents cliniques.
Cependant, les expérimentateurs n’ont apporté aucun argument formel «la preuve histologique n’est démonstrative dans aucune des expériences », d’après Welti. Tout au plus présente-t-elle peut-être un rôle passager en tant que «réservoir temporaire d’endocrine » (Leriche). En somme, nous trouvons là des notions concernant les greffes en général.
Il nous a été donné d’observer des résultats comparables, et également temporaires pour les autogreifes d’ovaires dans la grande lèvre après hystérectomie, après avoir suivi une soixantaine de malades dans les services de notre maître le Professeur agrégé P. Moure. Et encore peut-on a priori considérer les greffes de parathyroïdes comme plus précaires que les greffes ovariennes. La greffe des parathyroïdes enlevées est un « geste à faire », dans l'incertitude actuelle, on ne doit pas refuser au malade le bénéfice d'une greffe » (Charbonnei). Mais nous
ajoutons : il est impossible de compter sur le fonctionnement de celle-ci.