Vérification expérimentale
En 1941, Greinener [51], dont les expériences chiffrées
sur ce sujet sont les plus récentes, opérant avec le tomographe Sanitas, définissait dans toute tomographie une couche
«nette » de 3,5 mm. d'épaisseur, ceci pour un angle de coupe, ® (au sens où nous l’entendons), de 15°.
Son expérience s’est déroulée avec toute la minutie cofvenable. Elle est cependant sujette à priori à un reproche assez grave. Le sujet d'expérience était un chapelet de sphères de plomb de 3,5 mm de diamètre. Nous avons vu au chapitre VI ce qu'il fallait penser de l’image d'effacement des sphères; de plus, ces objets possédaient un diamètre égal à celui des quantités à mesurer. Il appréciait ses couches visuellemient, entendant par couche nette une couche où ses sphères avaient l'air d’une sphère, par couche de visibilité un espace où l’on voyait leurs ombres et leur trace d’effacement.
Cependant, on est frappé du fait que ses chiffres sont du même ordre de grandeur que ceux que nous avons fourni en nous basant sur des critères différents (critère de netteté : couche nette — 5,4 mm.), les divergences étant dues au fait que nous utilisons dans notre raisonnement un balayage ditlérent, avec angle de coupe plus petit et, surtout, des objets
moindres.
fongueur du noyau 0,9 s : cliche stondard s 85 9 Sal a position du plan de coupe Fire. 29.
Il est assez difficile d'orienter le fantôme de façon que l'erreur de position d’un côté à l’autre soit inférieure à mm. C’est ce qui explique les points
aberrants.
Ceci nous a encouragé à vérifier expérimentalement à notre tour ce point. La couche de visibilité présente un intérêt assez restreint, car elle dépend trop de l’opacité de l’objet, et nous nous sommes attaché à étudier photométriquement la « couche de netteté ».
Notre dispositif est des plus simples : nous avons adopté un plan de coupe à 9 cm. du dossier comme dans notre exemple (GREINEDER ne précise guère ce point et étudie surtout des moyennes), et nous faisions glisser notre fantôme de paraffine de milllimètre en millimètre, de façon à explorer cliché par cliché la couche de coupe. L'objet était constitué par quatre carrés : un de plomb, un de cuivre (0,1 mm.), deux d'aluminium (0,5 mm. et 0,1 mm.).
Nous avons mesuré photométriquement la longueur du noyau pour les objets opaques (cuivre et plomb); la trace, très courte pour les points intéressants, ne se prêtait pas à des mesures précises, et nous savons, d'autre part, que, même lorsque l’objet est dans le plan de coupe, l’image est affectée d'un léger flou d'écran. La figure 29 traduit le résuitat de nos expériences pour le plomb (®).
On y constate que même lorsque l'objet est dans le plan de coupe, le côté de l’image est plus petit que celui de l’image fournie par le cliché standard, ce qui entre dans le cadre de nos remarques du chapitre 1x, n° 42. La courbe, qui est une parabole, présente un maximum assez aplati, qui définit la couche nette, mais dont l'étendue est sujette à des appréciations purement sentimentales; la valeur de 5,5 mm. pour la couche nette est la plus vraisemblable. De plus, comme prévu, la courbe est dissymétrique et la couche nette s'étend davantage dans la direction du film.
\insi, le critère de netteté fixé arbitrairement par nous à une longueur à — 1 mm. semble se justifier expérimentalement. Le plus piquant est que si l’on applique la formule {1)
(1) Cette méthode de mesure fait abstraction du flou de l’image dû à l'écran renforçateur (grosseur des grains de tungstate de calcium, inclinaison des rayons); on ne considère que les diménsions de l'image la plus opaque.
— Ali —
à un objet, tel que K — 1/10 (cas d’une coupe moyenne du poumon) et à un angle de coupe de 15° (cas de GREINEDER), on trouve Justement comme épaisseur nette 3,5 mm.:; pour un angle de 25°, nous trouvons, pour la même couche, 1,9 mm.; GREINEDER, qui a étudié expérimentalement ce cas, trouve 1,5 mm. L'accord est excellent, et mérite d’être pris en considération du fait que l’auteur allemand a trouvé les mêmes chiffres avec le tomographe « Sanitas » et le planigraphe « Siemens ». Panneoui et Rocher [82], opérant avec un Stratix, se déclarent d'accord avec lui, et par conséquent avec nous.
La formule (1), établie par des voies purement théoriques, semble donc posséder une réelle valeur. Nous n'avons mialheureusement pas pu l'expérimenter sur divers types de tomographes, et nous le regrettons très vivement.
o1. — La couche de coupe et la nature de l’objet.
L'étude précédente est valable pour un objet opaque, pour un objet transparent, tels que nos carrés d'aluminium, elle ne possède plus la même valeur. Le carré de 0,5 mm. d'épaisseur se suit sur plusieurs clichés de suite, mais ne présente jamais de noyau très appréciable. Le carré de 0,1 mm., lui, a pratiquement disparu à une coupe distante de 1 cm., bien qu'il doive encore présenter un noyau très net, on ne le voit que si on sait qu'il existe. Sa disparition est hâtée par le voile de diffusion qui, pour lui, est très important dès qu'il ne se trouve plus dans le plan de coupe. Sa photométrie est impossible, son contraste avec le fond dans les conditions les plus favorables est de 0,05, à la limite de la précision expérimentale; il illustre indiscutablement la remarque formulée au chapitre vu sur «les faibles opacités qui permettent d'accrocher la coupe », et qui disparaissent moins par leur effacement propre que par leur manque de
contraste.