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Application. — Le cas des sphères

Nous avons établi que si l’on tomographie une sphère homogène, l’image comporte le cercle coupe, entouré d’un halo plus ou moins étendu, suivant que le plan ide coupe est plus ou moins éloigné du plan du film IT

Ce halo a une forme d'obus pour des mouvements rectilignes (Stratix), ou de la classe B 2 (VALLEBONA-BOZZETTI, COupes verticales); pour certains autres (Fra et Lacroix, VALLE- BONA, à coupes horizontales), il a la fomme d’un cercle ou d’une ellipse. C'est au milieu de ce halo que gîte l’image de la coupe. Si la sphère est homogène, on ne peut pas la déceler, et Tizuier peut affirmer, avec cette restriction qu’il ne formule d’ailleurs pas, qu’une « sphère n’est pas tomographiable »).

Mais, naturellement, il est sans intérêt de tomographier un volume où il ne se passe rien; l'expérience prouve qu'il suffit d’une hétérogénéité, même légère, pour « accrocher » et matérialiser la coupe.

Nous avons présenté à la Société de Physique de Bordeaux la tomographie d’un ballon de caoutchouc plein de sciure. Sur ce ballon de 15 centimètres de diamètre, faisaient saillie de fines nervures en caoutchouc de 0,5 millimètres d'épaisseur, donc très peu opaques. Le cliché les montre très nettement lorsque le plan de coupe est presque tangent au ballon. Avec les constantes de notre

appareil, ce plan de coupe est à 27 centimètres du film. Les ner-

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vures sont aussi nettes que lorsque le plan de coupe est diamétralement opposé et à 11 centimètres seulement du film. La déformation «en obus » y est très spectaculaire. Le cliché est malheureusement si peu contrasté qu'il n’est pas reproductible en positif; ceci illustre la disparition des objets par diminution du contraste; car l’image a disparu à la coupe distante de 1 centimètre, où, en revanche, apparaît un autre dessin, et ainsi de suite.

Comment concilier ce résultat avec les coupes fournies par HERDNER [58] d’une mappemonde cerclée de fils de plomb qui paraissent sur tous les clichés ? HERDNER à utilisé des fils donnant, par rapport au fond continu de l’image, un trop fort contraste; c’est pour cela qu'ils se voient si longtemps, alors que nos nervures disparaissent si vite: le sujet idéal pour la tomographie est un sujet offrant assez d’hétérogénéités pour « accrocher » la coupe, mais des hétérogénéités assez peu contrastées pour disparaître rapidement, et on peut dans ce cas corriger l’axiome de Tizuier en disant qu'une sphère hétérogène peut se laisser tomographier.

Il n'empêche que la déformation «en obus » est parfois très gêénante; de plus, il.existe, lorsque le plan de coupe est voisin d’un plan diamétral, une image stationnaire, c’est celle que nous avons appelée {o,), qui parasite les clichés.

HERDNER, au cours de ses tomographies crâniennes, à tourné la difficulté de façon très élégante; il fait des coupes par des plans tels que (s,); l’image de la coupe, nous l’avons vu, est (v.), et elle constitue «le noyau »; elle n’est que peu déformée. Mais il y a un inconvénient majeur : il faut bouger le malade et le mettre dans des positions assez inconfortables; la question se simplifie quand on songe que, pour changer de direction de coupe, il peut suffire de changer la direction du film, ce qui est évidemment plus agréable pour le patient.

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