Applications
1° Nous avons vu que la diffusion du milieu était difficile à mettre en évidence par ce procédé. Le fait même qu'elle ne perturbe pas les propriétés métriques de l’image montre qu'elle joue probablement un rôle très restreint dans la visibilité de l’image tomographique. Elle n’est pas niable, nous le verrons, mais le facteur prépondérant est certainement le balayage géométrique. Il est du reste assez difficile de définir le contraste d’une image en tomographie, puisqu'il s’agit, par définition, d’une image floue.
2 Nous avons mis en évidence le bon accord de l’expérience avec le calcul; on peut donc s'appuyer fermement sur celui-ci dans toutes les considérations relatives à la tomographie : c’est pour cela que nous avons développé la partie purement théorique de ce travail. Remarquons en passant que le postulat fondamental du chapitre I sur la ponctualité du focus est vérifié à postériori par toutes ses conséquences, c'est-à-dire par cet accord du calcul et de l’expérience.
ExemPre. — Nous pouvons traiter de façon complète l'exemple suivant, qui à trait à l'effacement d’une opacité circulaire par un tomographe à balayage circulaire : c’est tout le problème de la comparaison entre les trajectoires d’effacement qui a fait couler beaucoup d’encre en 1937-1938.
a) Si l’image circulaire instantanée est grande, et si la trace d’effacement d’un point est petite devant elle, nous avons vu au numéro 24, figure 15, que l’image obtenue comportait un noyau circulaire entouré d’un halo.
b) Si l’image instantanée est petite devant la trace, l’image obte-
TE
nue sera, du moins en théorie, une image circulaire annulaire pouvant passer pour une spélonque. J. Massior [72 bis, p. 523] étudie ainsi l’effacement d’une opacité ronde de 4 mm? : si la trace est circulaire, de 1 cm. de rayon, l’opacité de l’anneau sera 31 fois plus faible que celle fournie par le cliché standard; il en déduit que l’image annulaire sera invisible et que, par conséquent, on ne risque pas de prendre ce grain opaque (grain de plomb, par exemple) pour une caverne, et que l'effacement circulaire est bien le meilleur. Malheureusement, J. Jazer [60] publie une image de balle de fusil dont un tel tomographe donne une image annulaire. Cette antinomie provient du fait que Massior a raisonné sur des opacités, et non sur des densités optiques, et aussi qu’il a supposé que la trace était très grande devant les dimensions de l’opacité.
Le rayon r, de l’opacité est de 1/7 mm. Si la trace a un rayon r, plus grand que r,, on peut admettre, sans grosse erreur, que la longueur de courbe d’effacement continue à l’intérieur de l’opacité
est égale à 2 r, — 2/7. Le degré d'exposition du centre de l’opa-
cité est 2/7 x 1/2 rr,, car la longueur de la trace est 2 x r,, ou encore :
d — 1/r,(W)® et le contraste par rapport au fond est, d’après la formule (9), où l’on suppose y égal à 1 (ce qui est vrai pour un cliché correctement développé) :
(13) dj — d—logr, 1451087 — log [r, Vr — 1].
avec r, exprimé en millimètres.
(13°) log r, + 0,74572 — log [5,56 r, — 1].
Le
Si r, — 10 mm. (exemple de Massior), d; — d — 0,008, ce qui est effectivement négligeable.
Si r, — 5 mm., d; — d — 0,02, ce qui est nettement appréciable au densitomètre.
Si r, — 2 mm., d;, — d, de l’ordre de 0,05, ce qui est visible à l'œil nu; et encore faudrait-il tenir compte de la courbure de la
Le z
trace, qui à été négligée ici, et qui accroît la visibilité.
ES
Si la trace possède un rayon du même ordre que celui de l’opacité à tomographier, celle-ci sera visible sans forme annulaire. Pour de petits corps étrangers (tel que celui en expérience), il suffit que le plan de coupe ne passe pas exactement par l’objet pour être dans ce cas, et l'exemple de Massior prouve seulement que si le plan de coupe est loin du petit objet, celui-ci sera effacé... ce qui est le
but de la tomographie.