‹ La Toscane au moyen âge; architecture civile et militaireChapitre 17 sur 21 · MACHINES DE GUERRE · texte numérisé non relu

MACHINES DE GUERRE

déclic, la fronde B a lancé un boulet sous lequel s’écroule une tour D, tandis que des hommes à couvert sous un château de bois font mouvoir sur des rouleaux le bélier E qui sape les remparts, un baril de feu grégeois C sillonne les airs en jetant l’incendie sous son passage ( i ) .

La pl. II porte les figures suivantes : Figure i, pont d’escalade que des engrenages élèvent sur une tour; figure 2, tour de bois munie d’un pont volant & d'un bélier; figure 3, pont pour l’assaut (2); figure 4, catapulte; figure 5, tour mobile avec ses combattants; figure 6, char d’approche garni de mâts de vigie & prêt à être couvert de sacs à terre ou de fascines; figure 7, chat double appelé vinea ambulatoria pugnans ; figure 8, rat ou chat (musculus sive gattus); (figure 9, chat garni d’un pont (gattus cum ponte in quolibet loco potest operari) (3).

(1) Nous empruntons toutes les fig. de cette pl. au Tractatus de re militari de la Bibl. imp., excepté les 5 & 7 qui proviennent du Villani de la Bibl. Chigi , à Rome.

(2) Iste ports ambulatorius est optimus ad ponendum mûris oppidorum.

(3) La fig. 1 de cette pl. est tirée du Traité de Valturio de Re militari ; la fig. 4 d’un recueil manuscrit d’anciennes machines, toutes les autres du manuscrit déjà cité de Re militari de la Bibl. imp.

BIBLIOGRAPHIE

Follini. — Firenze antica e moderna ; 8 vol. in-8°.

Uccelli. — Porta délia Giustizia.

Migliore. — Firenze illustrata, 1 vol. in-40 G. Villani. — Cronica fiorentina.

Documenti sull’assedio di Firenze, 1529-1530; Firenze, 1840, in-8°. Manni. — Notizie patrie.

G. Zocchi. — Vues gravées, 1750.

Fontani. — Viaggio pittorico.

Jean d’Ogerolles. — Plan de la ville.

Girolamo Franceschi. — Plan, 1594.

'iiertite

fï 'obp'i-

' raton"

r$ie ralle^anj

Totr\teVa

/jurate

KtfSf

?" uprrf'O'*

Pc Itlorei’jo Jeitiedtci

Hoçpi la I macêti

y,A" foKi'ij

S* cbctfehna.

Sa pie t ta

FORTIFICATIONS de FLORENCE

! Plan du XVÜ Siècle d'après un manuscrit)

PORTE S? FREDiANO

Pi. lï.

t> /Lihm/t iM. iv ,rr .

FORTIFICATIONS de FLORENCE

Elévation extérieure restaurée.

Antiporto intérieur

Elévation latérale.

^ . LACROIX édi Leu r .

lmp. Beillet, Paria.

ÈiiààiÉütoàM&. .i ...

PALAIS PUBLICS DE PISTOIA

a Piafta del Duomo de Pistoia est un des forums de Toscane qui conserve le mieux sur ses monuments le cachet d’austère grandeur propre à l’architecture communale. — Le voyageur étranger, en y pénétrant pour la première fois , est transporté pour ainsi dire au moyen âge; il voit se dresser devant lui le Campanile avec sa triple couronne d’arcatures dont le ceignit Jean de Pise , puis la cathédrale & son élégant portique du xve siècle tout reluisant de marbres & de faïences, au delà le palais de l’évêque paré de larges écussons ; la tour & le palais des capitaines du peuple qui dominent les maisons basses situées à leur pied; devant l’église dont il semble préparer l’accès, le baptistère où André de Pise a déployé toutes les grâces de son génie; — enfin à gauche, il aperçoit le palais de la Commune, monument

Vue de la place du Dôme prise de l'entrée du Podestat.

grandiose de la liberté pistoiaise, à droite le palais du Podestat, 1 ancienne demeure de la Justice.

Sur cette seule place, que de travaux pour un artiste! Nous pourrions là étudier, dessiner, écrire pendant des années. Mais le cadre de notre ouvrage nous imposait des limites plus restreintes, & nous avons dû nous borner aux palais publics, qui feront l’objet de cette livraison.

PALAIS PUBLICS DE PISTOIA

I. Palais de la Commune. — Les Guelfes eurent à Pistoja, comme partout, la gloire de fonder le palais de la Commune; l’illustre tribun florentin Giano délia Bella remplissait les fonctions de podestat lorsqu'on en scella la première pierre (1294); puis les malheurs politiques, le retour des Gibelins, la domination de Castruccio obligèrent à suspendre & à interrompre longtemps les travaux, qui ne furent repris qu’en 1 5 54. L’histoire mentionne après ce premier achèvement trois agrandissements successifs en 1 345 , 1 ? 5 ? & x 385 , dont il est assez difficile de se rendre compte sur les Peux. La façade (pl. II), malgré l’inégalité des arcades du rez-de-chaussée, est d’un style si simple, si homogène, qu’on ne peut y voir la trace de tels remaniements. Il faut leur attribuer les constructions au nord, la cour, l'escalier, les dépendances où il règne dans le plan un désordre qu’ils expliquent.

Le pont construit entre l’église & le palais est beaucoup plus moderne & d’un goût médiocre, il fut bâti en 1657 pour permettre aux prieurs d’aller à couvert entendre les offices. L’escalier, mal disposé, paraît avoir été pratiqué après la construction primitive; à en juger par ses moulures, par le lion sculpté au bas, il doit appartenir aux dernières années du xivB siècle. Si nous montons cet escalier autrefois décoré de fresques & de peintures en grisailles, nous débouchons sur une terrasse & quelques marches au-dessus au premier étage. Nous entrons d’abord dans la grande salle de conseil à l’une des extrémités de laquelle on voit une fresque représentant la sainte Vierge, saint Jacques & saint Zénon, & à l’opposé au-dessus d’une porte un écusson de marbre soutenu par deux génies; ensuite dans la salle dite Ghibellina dont une partie est consacrée aujourd’hui à une chapelle en l’honneur de santa Agata, & au delà dans la salle de Grandonio où ce héros légendaire est peint sous des traits gigantesques.

La salle au levant, qu’on a depuis transformée en chancellerie, est encore ornée d’une madone avec le Sauveur, tableau à fresque qu'on attribue au xive siècle.

Une salle au midi, appelée Sala Guelfa, passe pour avoir servi autrefois de chapelle & renferme des peintures très-anciennes (pl. I).

On monte du premier étage au second par un escalier en bois marqué de la date 1521, & orné au pilastre de départ d'un ours peint; cet escalier raide, mal commode & qui coupe les fenêtres de la cour, servait cependant aux premiers magistrats de la république pour se rendre à leur logement. Il conduisait aux dortoirs des Anziani qu’on disposa en 145 1 à l’étage supérieur & aux chambrées des vingt-six domestiques du palais. — Aujourd’hui ces dispositions intérieures sont complètement effacées, les fenêtres en partie bouchées, & il n’y reste que deux vastes & inutiles greniers.

Au niveau de cet étage un arc traversant la cour abrite la terrasse d’arrivée, & pénètre dans les fenêtres dont il détruit l’ancienne ordonnance. Nous avons cru devoir supprimer ces superfétations barbares; nous remplaçons dans notre coupe (pl. III) l’arc de maçonnerie par un simple auvent continuant le toit, & nous supprimons les baies du xvi” siècle trop en disparate avec les ogives voisines.

PALAIS PUBLICS DE PISTOIA

IL Palais du Podestat. — Ce palais, construit en 1387 pour la résidence du podestat, ne se composait que de cinq fenêtres & d'un seul étage (voyez pl. I); il était couronné d'un toit à large saillie qui donnait

au petit édifice un style ferme & sévère; en 1847, la municipalité, plus coupable que l’architecte auquel elle imposait un pareil programme , voulut utiliser ce monument pour le tribunal, &, sous prétexte de restauration , l'étendit de deux fenêtres vers le nord, le suréleva d’un étage & détruisit la

État actuel du Palais du Podestat ûnte gïise indique les parties modernes).

terrasse ou ringhiera qui lui servait si heureusement de soubassement.

Nous avons cherché dans la pl. I à le délivrer de ces surcharges & à lui rendre son ancien aspect (1).

Nous donnons ci-joint un croquis de l’ensemble du palais moderne & son plan complet sur la pl. II avec deux cotes différentes, qui indiquent les dimensions de l’ancienne & celles de la nouvelle façade.

Si cette façade a perdu toute sa valeur, la cour & le portique quadrangulaire du rez-de-chaussée ont conservé la physionomie du moyen âge, & cet aspect sévère si bien en harmonie avec les rudes justiciers qui venaient y siéger. — Les piliers massifs, les larges voûtes d'arêtes, le jour biais qui accroche en frisant les écussons de marbre & surtout la table de justice, ses bancs maintenant déserts, rappellent à l’imagination des scènes émouvantes d'autrefois. — Les juges, les accusateurs, les crieurs oublies, revivent sous , ,

Dessin d’un Prétoire tiré d’un manuscrit do 1512 (n» 1057, Bibl. imp.).

ces édifices que l’Italie moderne ne sait souvent que déformer.

Le banc qui donne à cet atrium le cachet d’une cour de justice mérite une

(i) Nous nous sommes aidé dans ce travail de reconstitution des gravures de Fontani {Viaggio pmorico in Toscana), d un ancien dessin conservé parmi les manuscrits de la Bibliothèque impériale au n° 1292 (fonds italien) & surtout d’une élévation géométrale qui nous a donné exactement l’état des choses. Nous devons ce dernier renseignement à l’architecte actuel de la Commune,, qui nous l’a communiqué avec une obligeance dont nous sommes heureux de le remercier.

PALAIS PUBLICS DE PISTOIA

étude spéciale, il a été présenté sur ses deux faces dans la pl. II; aussi ancien que le palais, il subit en 1507 une restauration qui ajouta le dossier, les accoudoirs & le banc latéral pour les prévenus. Le nom de Giov. di Lapo qui le fit ainsi compléter est gravé sur le champ d’un des compartiments du fond.

Nous avons essayé sur lapl. III, en figurant la perspective du portique, d indiquer l’usage qu’on en faisait ; nous y rétablissons les juges sur leur siège, les greffiers devant la table, les plaideurs débattant leurs intérêts au pied du tribunal (1).

On verra dans notre perspective (pl. III) les nombreux écussons peints ou sculptés dont les podestats sont venus successivement charger les murs & les piliers du portique; la plupart de ces armoiries datent du xve ou du xvi' siècle; quelques-unes plus intéressantes par leur ancienneté décorent les chambranles de la porte d’entrée. Nous donnons ici un croquis de ces pilastres où se trouve pour ainsi dire écrite une page de l’histoire pistoiaise.

Nous terminons cette courte description des palais publics en choisissant au milieu de cette multitude d’armes, de noms & de dates, l’écusson des Magalotti qui résume toutes les gloires de la \YJ I JIJJIII ü|y ' fo îyî république & qui sous son emblème héraldique • • lltflll rappelle la pensée fondatrice de ces édifices com¬

munaux. On lit sur l’écu le mot plus pur alors que dans les langues modernes :

Page 1