‹ La Toscane au moyen âgeChapitre 8 sur 18 · ARSENAL DE PISE · texte numérisé non relu

ARSENAL DE PISE

a marine italienne trouva pendant le moyen âge plus qu’aucune autre des circonstances favorables à son développement; le commerce presque enfermé alors dans les rivages de la Méditerranée, les croisades auxquelles les républiques maritimes fournissaient leurs vaisseaux de transport, '"y tout contribua à grandir sa puissance. L’arsenal de Pise est un des monuments les plus curieux & j’ajouterai des moins connus de son histoire. — Les touristes visitent à Pise la célèbre place du Dôme, les voyageurs sérieux donnent un coup d’œil aux autres églises, mais peu d’étrangers pensent à pénétrer dans la vaste enceinte qui s’étend à l’ouest de la ville & que leur annonce au loin la silhouette pittoresque de la torre Guelfa. Ils y trouveraient cependant les ruines du plus ancien chantier de galères, & avec quelque étude ils y verraient surgir devant eux les souvenirs les plus intéressants.

Il faut élaguer tout d’abord les constructions du xve siècle & tes casernes modernes, dont la triste occupation des Piémontais l’a encombrée. — La pi. LXII, dans une perspective & un plan général, fournit la restauration complète de ce vaste édifice.

L’entrée a été complètement modifiée ; — comme on peut s’en convaincre d’après une ancienne marqueterie du Dôme, la tête du Ponte-al-Mare était comprise dans la forteresse & l’accès sur la rive droite, défendue par un pont-levis. — Les bâtiments contigus à la torre Guelfa formaient une cour intérieure avec une large loge dans le haut, dont on voit encore les traces aujourd’hui. — La tour elle-même a perdu le balcon qui lui servait pour ainsi dire de ceinture, & son couronnement fut refait par Brunelleschi, tel qu’on le voit maintenant.

Le mur d’enceinte méridional a été surélevé, les créneaux bouchés, des hangars appliqués à son parement intérieur, mais il a conservé une poterne secrète, pi. XLIV, par laquelle on montait du rivage à la forteresse, &, ce qui est plus précieux, l’ancienne entrée des galères. — Nous figurons avec ses détails ce monument qui nous donne implicitement la largeur des plus grandes galères construites dans l’arsenal. — Les claveaux ont encore les marques d’appareilleurs.

A l’angle sud-ouest, les Florentins élevèrent dans les premières années du xve siècle une porte & un bastion casematé qui commandait le cours du fleuve.

La face occidentale ne présente aucun détail digne d’intérêt. — La muraille, déjetée sur plusieurs points, garde partout la trace de constructions successives dont les plus récentes datent du xve siècle. — Le bastion nord-ouest appartient à cette

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