SCÈNE III
LE MENDIANT.—Encore du sang! encore des crimes, sans doute! Pauvre cher pays, en quelles mains tu es tombé! Mais il est un Dieu au ciel, et tôt ou tard se fera la justice ! (1l dépose sa besace au pied d'un arbre.) Cependant voilà bien des années que le tyran triomphe, et ses vexations continuelles et sa cruauté révoltent tous les paysans, sans qu’on ose jamais protester ni se plaindre, car le moindre mot, que dis-je, le moindre soupçon est puni de mort. Des sbires, des brigands armés se tiennent sur pied, jour ét nuit, toujours prêts, sur un désir du maître, sur un signe de l'infâme Ricardo, à se jeter sur la victime désignée à leurs poignards impitoyables.… Mon Dieu! faites luire enfin le jour de la justice, et délivrez le peuple qui vous appelle, qui vous implore chaque jour !:
VOIX SOUTER AINE (chant sombre, étouffé).
Il est au ciel un J uge redoutable, Toujours armé pour punir le coupable!