‹ La Touraine, ancienne et moderneChapitre 58 sur 75 · PALAIS DE JUSTICE · texte numérisé non relu

PALAIS DE JUSTICE

Le Palais de Justice, édifice dont le style noble et sévère est en parfait accord avec l'usage auquel il était réservé, a été bâti en 1840, sur les dessins et sous la direction d'un habile architecte, M. Jacquemin, et n'a pas coûté moins, pour l'achat du terrain, les frais de construction et le mobilier, de 1.500,000 francs. Il rappelle à la fois, par un mélange heureux, le style de la renaissance combiné avec celui des ouvrages d'architecture civile grecs ou romains. La façade principale est ilanquée, à droite et à gauche, de deux pavillons du même caractère que le corps principal. Un péristyle grec, d'ordre ionique, s'avance, en saillie, au milieu. Les dispositions architectoniques de l'extérieur appartiennent à l'ordre dorique. La salle des pas-perdus, dont les ornements sont d'ordre ionique, est la partie la plus considérable et la plus remarquable du msnument. Les salles d'audience sont vastes et bien disposées.

Le Palais de Justice, proprement dit, se compose de la cour d'assises, du tribunal de première instance, de la justice de paix, et de toutes les dépendances nécessitées par les différents services. A droite, donnant sur la rue Royale, se trouve la caserne de la gendarmerie; à gauche, sur le Mail, le pénitencier, la maison d'arrêt. Ce dernier bâtiment, qui se rattache intérieurement au palais par une galerie souterraine dont une extrémité donne sur le chemin de ronde et l'autre sur la cour de la gendarmerie, est conçu d'après la système d'isolement complet des détenus. Sa dis))osition intérieure ressemble à celle de tous les établissements de ce genre. Sur cent vingt-deux cellules spécialement réservées aux prisonniers, quelques-unes ont été affectées à l'infirmerie et aux punitions.

LE PALAIS ARCniÉnSCOPAL.

Le palais arcliiépiscopal, dont la fondation remonte aux prejiiièrcs années de l'ère chrétienne, ne dalc, Ici c|uc nous le voyons aujourd'hui, que du XVII' siècle. L'archevêque de Tours, Bertrand Dcsciiaux, le fit construire à ses frais, munificence que le principal du collés;e, Jean Dufour, crut devoir céléhrcr en vers latins consignés, dit M. le docteur Giraudet, dans l'ouvrage intitulé : Iloralius christianus, et dans la première pièce intitulée : Cœsaroduni panegyrius.

Successeurs de monseigneur Deschaux, les archevêques de Fleury et de Conzié accrurent encore ce palais, rcmhellirent et en firent le plus agréahle séjour de la ville. La cour d'honneur, dans laquelle on entre par un portail orné des insignes et des armes des archevêques, portail construit avec les débris de l'arc de triomphe élevé à Louis XIV sur la place de la mairie, est vaste et splemlide. Du haut de la terrasse qui s'étend au midi, on embrasse d'un coup d'oeil la délicieuse vallée du Cher, les riants coteaux de Saint-Avertin et de Joué. Les jardins, parfaitement distribués, sont parsemés de frais bosquets, d'aibusies et d'arbres à hautes liges, qui donnent d'épais ombrages, et de jets d'eau qui entretiennent partout la fraîcheur.

Pendant la révolution le palais archiépiscopal servit de dépôt aux livres, aux objets d'art, aux tableaux provenant des églises et des couvents détruits. En 1796 on y installa l'école centrale. En 1804, le général de Pommereul, préfet, dont nous avons déjà eu occasion de parler et sur le compte duquel nous aurons encore à revenir, songea à s'en emparer, administrativement, pour y établir ses bureaux. Mais monseigneurde Barrai, alors archevêque de Tours, s'adressa directement à l'empereur, qui donna gain de cause au prélat. Obligé de battre en retraite, le préfet se fit bâtir un hôtel de compte à demi a¥ec M. Derouet, architecte.

Page 1