CASERNES
A l'époque où furent supprimés les couvents, on comptait à Tours deux casernes seulement, celle du Vieux- Château, celle de la Maréchaussée. Depuis, la ville affecta au service de l'armée l'abbaye de Saint-Julien et le couvent des Récollcts. Aujourd'hui elle compte quatre édifices du même genre : celui de la cavalerie, relui des Récollets, celui de la gendarmerie, un autre réservé aux troupes de passage.
La ca%erne de cavalerie date seulement de 1815. Située dans le château même, autrefois bâti par Henri H, roi d'Angleterre et comte de Touraine, et restauré par Louis d'Orléans et Louis d'Anjou, elle a reçu des agrandissements successifs, notamment en 1827, aux dépens des débris du vieux monument qu'elle remplace. Deux tours de ce monument sont seules restées debout. L'une (la prison du duc de Guise), qui date du Xin* siècle, est cylindrique et haute de quarante pieds environ. Revêtue en pierre de taille de moyenne grandeur et d'un excellent choix, elle en reçoit en réalité, comme en apparence, une solidité que possèdent rarement les vieu.\ édifices de ce genre habituellement si mutilés. De petites fenêtres carrées, des barbacanes longues et étroites, mais Irès-éva.sées à l'intérieur, et d'où l'on pourrait tirer sur l'assaillant sans risipie dêtre atteint, eu sont à |)eu près les seules ouvertures. La iilnle-forme, autrelois liordée d'inic
ASPECT MONUxMENTAL DE TOURS. rjSa
galerie de mâchicoulis, l'est aujourd'hui par un parapet en saillie qui date du XVir siècle et sur lequel repose la charpente du toit. La porte d'entrée, qui s'ouvrait autrefois sous un arc ogival, aujourd'hui disparu, et donne sur une salle circulaire à peine échdrée, servait de prison militaire. Les arceaux entre -croisés de la voùlc viennent s'appuyer à deux mètres au-dessus du sol sur des consoles remarquables par la bizarrerie des personnages qui y sont sculptés. Le premier étage, voiité en briques sans ornement, est passablement endommagé. Les votâtes des étages supérieurs, démolies, ne sont indiquées que par la position des cheminées. Dans la direction du nord, au second étage, on montre la fenêtre par laquelle s'échappa le jeune duc de Guise, en 1591. Les traditions rapportent qu'au-dessous de la tour sont superposés plusieurs caveaux, et que l'un d'eux donne entrée dans un tunnel qui communique avec l'autre bord du fleuve. Ce fait, jusqu'à plus ample informé, ne saurait être accueilli avec trop de ménagement. La tour de Guise, prison d'État sous Louis XIV et sous Louis XV, servit ensuite, comme encore aujourd'hui, de magasin à poudre, imprudence impardonnable que nous regrettons d'être oblige de reprocher à l'administration municipale, si dévouée d'ailleurs aux intérêts et à la sûreté des habitants.
La caserne des Recollcts, établie, nous l'avons vu, depuis la révolution, dans les bâtiments habités autrefois parles moines de ce nom, peut contenir six cents hommes, et n'est ordinairement occupée que par quelques compagnies d'infanterie.
La caserne de la gendarmerie, dans l'aile du bâtiment du palais de Justirc qui donne sur la rue Royale, est assez vaste pc.ur loger vingt-quatre gendarmes et leurs familles. Elle renferme en outre des dépendances pour l'administration de la légion, ainsi que des écuries pour trente-quatre chevaux.
La caserne de passage est destinée à recevoir les militaires que lui adressent les citoyens assujettis au logement des gens de guerre, moyennant une rétribution d'un franc dix-neuf centimes par homme.
FOINTÂINES.
Nous avons parlé, dans le courant de notre histoire, des six fontaines établies à Tours par Louis XII. Elles distribuaient sur les points les plus populeux de la ville les eaux du Limançon. Sept autres fontaines furent successivement creusées dans le même but. jj'une, qui date de la fin du dernier siècle, est due à l'intendant Ducluzel, et porte son nom ; les six autres, alimentées par plusieurs puits artésiens nouvellement forés, sont placées au faubourg de la Riche, au quartier d'infanterie, à la tour de Charlemagne, au quartier de cavalerie, à l'abattoir, à l'hospice. Aucun ornement, du reste, ne les distingue.