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XV. — PRÉFACE DU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE

on se réduisit à des études plus spéciales. On isola, dans la grande famille aryenne, des groupes de langues, pour en étudier comparativement Torganisme. C'est ainsi que Lasseu et Eugène Burnouf rapprochèrent le sanscrit des dialectes populaires qui en sont dérivés dans la presqu'île de l'Inde (1826-1827) ; c'est ainsi qu'Eugène Burnouf démontra les rapports du sanscrit avec le plus ancien idiome de la Perse, tel qu'on le trouve dans les livres du Zend-Avesta (1833 et années suivanles). Les idiomes germaniques furent soumis par J. Grinim à la plus pénétrante analyse, qui en dégagea les lois d'une phonétique régulière dans ses procédés instinctifs (1819 et années suivantes). Raynouard esquissa dune main déjà ferme, malgré quelque inexpérience, sa Grammaire comparée des langues de r Europe latine dans leurs rapports avec la langue des troubadoïtrs{\%±\).

Sous la direction ou plutôt encore sous l'impulsion du vif esprit de Raynouard, la philologie romane a pris chez nous d'assez rapides accroissements, auxquels contribuèrent, pour une part et dans des conditions inégales, l'Ecole des Chartes, l'Université et la science que je puis appeler libre, en ce sens du moins qu'elle ne relève d'aucune tradition scolaire.

Grâce à des cours spéciaux pour le déchiffrement des vieilles écritures, pour l'étude du latin barbare et du français naissant, que nous présentent les diplômes du moyen âge, l'Ecole des Chartes, depuis l'organisation de 1829, a développé chez nous le sentiment historique dans l'étude des langues. D'excellents maîtres y ont formé des disciples, dont quelques-uns sont devenus aujourd'hui leurs rivaux dans l'art d'étudier les variétés successives des mots et la logique secrète qui dirige leurs évolutions grammaticales. Là, on s'est habitué à considérer avec le même respect et

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l.i iiiôinc ciiriosilc les prcinicres rltauclR's et les formes les [tins parfaites de notre langue; on a réfuté pour toujours Ten-eur (pii faisait dater du seizième sièele notre avènement à la vie littéraire; on a montré (|ue le moyen Age, du onzième au treizième siècle, eut uiu- luillaiite lloraison poétique, cpie le français et même plusieurs dialectes français s'y épanouirent déjà réguliers,, déjà riches, déjà brillants. La Bibliothèque de F École des Chartes (1839 ci années suivantes), surtout remplie de documents et de dissertations historiques, ne donne qu'une idée imparfaite des savants cours de philologie néo-latine (jui ont si largement contribué à l'éducation de nos jeunes archivistes. C'est dans les éditions de vieux textes français et dans de trop rares opuscules publiés par M. Guessard, par M. J. Quicherat, par leurs élèves, comme MM. Gaston Paris et Paul Meyer, qiu? Ton peut apprécier les heureux effets d'un tel enseignement.

A ces éludes pourlanl mamiue pai'fois une suffisante connaissance de ranti([(iité gréco-latine, c'est-à-dire du fond de culture savante, unii; au\ traditions indigènes, sur. lequel s'opéra le développement des langues et des littératures du moyen âge. Sous ce rapport, l'École Normale, où les lettres anciennes sont plus spécialement enseignées, pouvait, par la comparaison du grec et du latin classiques avec le français, apporter (piehpies éléments à la criticpie dans l'étude des idiomes néo-lalins. Par malheui\ la gi'ammaire n'y fui, |i(>ndant longtemps, enseigné(> (|u'en vu(^ . de la praticjue, en vue de l'explication des auteurs. M. lùigène Burnouf avait été appelé a faire dans cet établissement (1829-1833) un cours de granunaii-e conq)arée, (pii fut, en son genre, le premier dans nolic j>ays. L'essai, trop vite interrompu, ne réussit (pi'im|>ai-faitement. L'éminent linguiste fut, dit-on, gêné jtar un icgleiuent tro|t peu

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