XVI. — SOCIÉTÉ DF.S ÂNTIQUAIIiES DE NOlOlANUIE
dustrie, souvent de grossiers sobriqiicls. Au contrairt-, les noms athéniens rappellent tous des idées noljles ou pieuses, des idées de patriotisme, de gloire militaire ou civile, de courage ou de piété. L'élégance et le goût délicat des Athéniens se retrouvent jusque dans les noms qu'ils se donnent, cl dont le sens échappe trop souvent à notre ignorance ou à notre inattention.
Une plaque de marbre, placée en face de ce monument funèbre, nous montre les qualités sérieuses de cette nation si passionnée pour le culte du beau : c'est une page de son histoire financière. Pendant la désastreuse guerre du Péloponèse, les besoins publics ont souvent forcé les Athéniens d'emprunter des sommes considérables au trésor de leur déesse protectrice, trésor déposé au Parthénon ; on y puisait pour les dépenses de la guerre et pour celles de la paiN: peut-être pour le luxe de ces fêtes qui assuraient la puissance d'Athènes par le prestige des lettres et des arts. Cet argent devait être fidèlement restitué : en voici le témoignage sur la pierre qui fut jadis envoyée d'Athènes à Paris par le comte de Choiseul-Gouffier ; le célèbre abbé Barthélémy en releva le texte et le publia pour la première fois, en 1792, avec un savant commentaire. Depuis ce temps bien des pièces du même genre ont revu le jour. Nous y avons appris par quels hommages de piété s'augmentaient, chaque année, ces richesses du trésor de Minerve ; avec quel soin elles étaient conservées, transmises de main en main, sous la garantie de scrupuleux inventaires. Rapprochés, éclairés l'un par l'autre, tous ces documents ont fourui la principale matière d'un livre d'Auguste Boeckli sur Y Kc(nio)nie publique des Athriiiens, véritable chef-d'œuvre, (pii ne doit pas nous faii'e oubliei' (jiic l'ingénieux auteur du Voyage (F Anaclxirsis a\ait ti'acé la première esquisse d'une science ahirs à peine soiqu-oiiuée.
198 F.A TR.MIITION liT LHS liKFOnMRS.
i*ili<(|ll(' lioil^ |i;ii'lniis (le liii;i iirc<, de lioillic Ini |iiili|i([ii(' et décoiioiiiic, à |ti'(>|H)-; (|(> ces Alliénions, si crli'hri's pour leur légèreti', rog;» nions encore, près du uiarlu'c de Choiseul-GoulTier, une auli-e petite plaque encastff'e dansTemlu'asure dinic croisi'c. I^llc conliml ce (|ni rc^lc du décret parle(|uel Alliènes l'écoinpeusait deii\ (irecs, pour lui avoir rendu un important service, en assurant TarrivaiK! d'un coUMti <le ble expédie des Itords de la mer .Noire. Les Atliéniens n'cdaicMit donc pas toujours ces étourdis dont Déniostiiènefiouruiaiide la paresse et l'imprudence. Us soniieaient aux intérêts de leur p:rande ville, aux approvisionnements de ses marchés, l.à-dessus, les documents épitir.ipliii|ues nous apprennent plus encore: ils nous montreni (pie les contrées voisine-^ de la mer .N()ir(\ contrées si fertiles en ci'réales, conliilmaient pour une larp;e paît a entretenir Tahondance dans les map:asins du Pirée; (pie pour cela même on ménageait, on entretenait avec soin lalliancedes petits rois du l'ont. Li'ens p(Mi illustres d'ailleurs dans Thistoiic. mais (]ui eurent le mérite de sauver jdiis d'une l'ois de la di-^etle les soldats de Conon et d'Ipliici-ale. les disciples d Apelles ou de Pi'axitéle (1). Bien plus, il u\' a pas de commerce avec le Ponl-IJi\iu s.ms la lilierh'-de rihdle^pont test-à-dire du (h'iroit des Dai'dauidles : el. (mi ellel, uu Accret alheiiieu, récemment retrouve, nous apprend (luiin jtoste sjtéci.al surveillait el |»roteii('ail ce! imp(irlant passage (2). Les mêmes (juestions (praujourdliui Nauilaient donc alors sur ces mei's (rOrienI, et la dipldiualie européenne retrou\e sur les uiarlucs de la (irèce (pi(d(|ues iiis- Iniuienls d'un dioil |iiddie aussi nécessaire a m.iinleuir (|ue
(1) Des Honneurs publics citez les Alhéniens (dans nos Mémoires d'His/oire ancienne et de Philologie, p. i'û).
(2) Voir notre momoiro Sw Ins Traités publics dans l'Aiiti(juilé (t. WIV du Ilccuoil de lAi-adOinic di'S Iiisciiptioiis), p. '2'.\.