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XXIV. — LES MÉTHODES, LES LIVRES, LES PROFESSEURS

des méthodes d'enseignement^ ot qui s'est dissoute s.ius bruit quelques années plus tard. On y avait ouvert un registre pour constater chaque méthode nouvelle pour renseignement de la lecture, et le registre vers 1834 contenait déj.à quatre-vingts inscriptions. Faut-il croire, vraiment, qu'il y eût alors quatre-vingts manières d'apprendre à lire? Ace compte, il y en aurait encore davantage aujourd'hui. Mais, quand on y regarde de près, tous ces moyens, tous ces procédés rentrent plus ou moins les uns dans les autres et se réduisent à un bien petit nombre de procédés pratiques. Gela est trop heureux pour nous; autrement, la vie du maître d'école se passerait à débrouiller un tel chaos.

Depuis trois cents ans, la même impatience anime les professeurs de grec et de latin. La Renaissance n'est pas un vain mot, car elle fut le réveil d'une curiosité légitime et d'un ardent amour de progrès. Le Moyen Age avait usé moins de livres en mille ans, pour apprendre le latin, que n'en usa le seizième siècle à lui seul. Donat avec Priscien, puis Alexandre de Yilledieu, avec leurs commentateurs, ont défrayé les écoles de nos ancêtres. Étrange latin que celui qu'on pratiquait alors, et sur lequel on épuisait tant de subtilités creuses! Mais enfin, il suffisait aux théologiens, aux clercs, aux jurisconsultes, aux secrétaires des chancelleries. Le Despautère, qui nous semble aujourd'hui si lourd et si barbare, fut la première tentative pour réformer une autre barbarie. Il paraissait tout juste au début du seizième siècle, et sous le souffle de Fesprit nouveau il provoqua d'autres réformes ; dès 1529 on le voit abrégé, puis remplacé parle IManuel d'un certain Jean Pellisson (1) ; et, en 1529, cet honnête pédagogue se plaint déjà de mainte concurrence. Il regrette ([ue les méthodes, qui se multi-

(1) L'cNomplaire de ces deux Manuds, que j'ai sous les yeux, ijorte la date do Ij"! ; mais les deux préfaces sont datées de 1.V21J.

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|ili(Mit, einbarrassont l;i jciincssi' au lien di; la dii-i^ci", cl il It'iic reproche de rarrèler loin des aiikMii-s classiques dont le comiiierce peut seul former un I»om laliiiisle. ?s'est-cepas là pour nous un aveu utile à recueillii? Depuis Pellisson, on a certes vu cclore plus de cent grammaires latines; elles pullulent encore sous nos yeux et, sans èlrc un esprit chagrin, on |)eut s'en alarmer. On voudrait surloiit déloui-ner nos rédacteurs de grammaires d'une trop grande conliance dans reflîcacité des méthodes. Certes, nos maîtres de latin savent mieux que I.homond la langue quils nous enseignent. Sur bien des points même, ils la savent mieux que les maîtres des Petites Ecoles de Port-Royal. Mais la meilleure grammaire du monde n\a pas toute vertu pour la pratique de renseignement. Onand le vénérable lîurnouf donna, en 1841, ^a Nonvrlle MctJiode pour apprendre hihiii(/}(e latine, on sait, (>t j'en ï\\^ nioi-inéiiic ti'moin, avec (picls scrupules il favait l'édigc'c, et que d'heureuses corl'cctions elle apportait à la foi'uiule des règles et au choix des exemj)les. Mais ces qualités mêmes n'en assurèrent pas le succès. Il y eut surprise et résistance prolongée, avec des épisodes que je n'oserais pas raconter ici pour l'honneur de nos collègues. Et pourtant, Burnouf avait été sobre de hardiesses; il avait reculé lui-même de\ant certaines innovations qui n'étaient qu'un l'ctour à i'ort-Royal. Ainsi, il n'osait pas parler de raccentualion latine ( j'entiMuls de la vraie, et non pas de ces Taux accents (piuiic maladroite routine maintient encore dans (piel(|ues-unes de nos classes et de nos imprimeries). Il craignait de heurter les habitudes universitaires. Aujourd'hui les professeurs de latin sont moins timides; nos romanistes surtout, et avec raison, ne supportent plus qu'on méconnaise, dans les mots latins d'où tant de mots français sont sortis, l'accent (pii en faisait I àinc cl (pii (Ml a (hMcrmini' les transformations. Mais tout

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