‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 32 sur 205 · VI. — RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

VI. — RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES

son temps, depuis le dernier envoi ({u'il nous a fait, a été occupé par des fouilles, en Asie Mineure, à Palatia (Milet), à Kaui Kéré (Héraclée du Latmos), et à Iliérouda (temple d'Apollon Didyméen), fouilles entreprises avec les encouragements et aux frais de deux généreux Mécènes, MM. les barons Gustave et Edmond de Rothschild. Ces recherches se sont continuées, du milieu de septembrejusqu'à la fin de décembre 1872, puis de la dernière quinzaine de mars jusqu'au milieu d'août 1873, par conséquent durant huit mois et demi. Elles seront l'objet d'un rapport que M. Rayet se propose d'adresser prochainement à l'Académie. Il se borne à constater aujourd'hui qu'elles ont amené la découverte d'un grand nombre de marbres intéressants, à savoir :

Un lion colossal, de l'époque grecque et presque intact;

Trois statues de femmes assises, de ce style milésien archaïque, qui rappelle le style égyptien;

Nombreux fragments de sculpture monumentale, provenant du temple d'Apollon Didyméen;

Plusieurs chapiteaux de pilastres, les uns ornés de rinceaux, les autres de griffons affrontés ;

Un magnifique chapiteau- d'ante, dont le dessin publié jadis parM. Gh. Texier ne donnait qu'une idée insuffisante ;

Deux bases de colonnes sculptées, dont on ne connaît jusqu'ici d'exemples que dans les ruines de Milet et d'Ephèse.

M. Rayet est parvenu, non sans de nombreuses difficultés, à transporter tous ces objets jusqu'à la mer, et à les embarquer sur un navire grec. Arrivés depuis peu de jours à Paris, ils seront prochainement, et suivant les intentions de MM. de Rothschild, exposés dans une des salles du Louvre.

Les mêmes fouilles ont produit une centaine d'inscriptions inédites, dont M. Rayet a pu rapporter, soit les mar-

lires oiiL;iii;iii\, xiil ilf^ f()|ii('S cl des t'slam|>;iL;('s. Ajoiilccs à celles que Chainllt'i' an (lix-imilièinc sirclc et, de notre temps, d'autres voyageurs, M. Newton siirtcmt, ont relevées dans les mêmes lieux, elles permettent de décrii't; assez exactement les in>titnlions religieuses qui se rattachaient à lOiacle d'A|M)lliin hidsiiiiMMi et d Ar((''niis /^o?/lé/j/iure.

L'explorateur a pu, en même temps, reeonnaîti'f» diiiu' manièi'c plusprécist; (pidn ne laxait l'ait jnsipTiei. la coiiliguration de cette [tartie de la cote asiati([m' dans laiitiquite, (d les cliangemenis cdiisidéraldes qu'y ont apportés jten à peu les alluvions du .Méandre, l ne ein(|iianlaine de photogra|diies métliO(li([uemeut exécutées reproduisent les principaux sites de cette région, et les |dus importantes des ruines (pii s'y trouvent en si grand nomlu-e,

Ijilin, ces fouilles (et ce n'en est pas le moindre résultat) ont permis à M. Thomas, architecte pensionnaire de l'Académie de Konu', de recueillir, jtendaut un séjour de quatre mois auprès de M. lîayel, toutes les données nécessaires à une restauration scientiliipu! du lenqde d"A|)ollou Di.dyméen, qui est cité plusieurs l'ois par N itruve, comme un des modèles classiques de l'art ionien, et que Strabon et Pausanias considéraient comme le |dns bel édifice religieux de l'Asie Mineure. M. Thomas a aussi relevé le plan des édifices anti(pies d'Iléraclée du Latnios, et des parties les pins intéressantes de l'enceinte de cette NJHe. ^Muudiile (jui s'est remar(pial>lemeiil conservée ju<(|na notre temps.

Cette d(tul>Ie si''rie d'i'dndes archéologi(pu's et areliiteelurales nu''ritera sans douti; d'élre lidijel d'une publication d'ensemhie, comme ctdie (|ue les Anglais ont faite j)our les ruiner d'ilalieai'nasse, comme celle (jui se prépan; en ce niomenl \xn\y les mines d'I'qdièse. el dont indre confrère.

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