‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 34 sur 205 · VI. — RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

VI. — RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES

resté inédit, est apprécié dans le rapport (ait, au nom de la commission, par M. Guigniaut en 1858. Il est à regretter que M. Ruel n'ait pas pu connaître ce mémoire de son devancier ; il a du moins connu les mémoires publiés sur la même matière.

« Les ruines des Longs-Murs, nous dit-il, et des ports « d'Athènes sont connues depuis longtemps ; elles sont, « dans leur état actuel, peu importantes, et les savants qui « les ont étudiées ont pu arriver à des conclusions oppo- « sées. — D'autre part, les renseignements que les écri- « vains anciens nous fournissent sur cette question, ont « été déjà presque tous recueillis. Mais j'ai cru que ces « textes pouvaient être interprétés plus fidèlement qu'ils « ne l'ont été jusqu'ici, et c'est surtout ce que j'ai tâché de « faire dans ce mémoire.

« M. Ulrichs a publié, en 1843, dans le journal grec « l"Epav'.7-Y^ç, et inséré plus tard, avec quelque développe- « ment, dans un ouvrage intitulé : Reisen und Forschwigeii « in Griechenland (Berlin, 1863), un travail où il émet « des idées tout à fait nouvelles, sur les Longs-Murs et « sur les ports d'Athènes. Plusieurs savants les ont adoptées, « et les cartes pour la topographie d'Athènes, que M. Er- «. nest Curtius a publiées en 1868, sont dressées d'après le « système de M. Ulrichs. M. Curtius, cependant, avait <( écrit, en 1842, une dissertation sur les ports d'Athènes, « où il admettait l'ancienne topographie.

« Ce sont les vieilles idées qui m'ont paru les bonnes, et «j'ai essayé de les défendre. »

De ces vieilles idées, l'une, relative au port de Phalère, ne semble pas trop difficile à défendre contre l'opinion personnelle de M. Ulrichs, docilement suivie depuis trente ans par des géographes, ses compatriotes. M. Ruel juslilie sans peine, par des considérations fondées sur l'examen

bi LA TRADITION ET LES RÉFORMES.

des lieux, comme sur les téuioip:naiics anciens, l'attribution jusqu'ici classique du nom de Muni/chte au petit port situé à l'ouest de cette presqu'île, et du nom de /^//«'/e^'<? au petit port silui- à l'est. .Mais, en ce qui concerne les murailles construites depuis Tliémistocle jusqu'à Périclès, [lour la protection d'Athènes et de ses trois ports, et pour la jonction delà ville, avec son principal port, le Pirée, les « vieilles idées )) sont un peu confuses, et il est bien difficile de concilier sur ce sujet les textes des auteurs anciens. La dissertation de M. iluel est nn-lliodique et claire ; nous ne voudrions pas dire qu'cdic est concluante, si ce n'est sur un point, la nouvelle direction atti'iituée par ]\I. Ulricbs au mur dit (le Phalcre, direction ([ui le ferait aboutir au ca[) Kolias. La principale difliculté, en cette partie de la topographie de l'Attique, porte sur l'expression o-.à [j.izyj, qui, dans Aristophane, dans Antiphon, dans Platon et dans une scolie ^i\v \q, Gorgias, désigne un des murs faisant partie du système des fortifications d'Athènes. L'opinion la plus apparemment conforme aux témoignages des auteurs anciens admet rexistence de trois longues murailles, l'une, la plus méridionale, qui reliait Athènes au dénie de Plialère ; les deux autres, à j)eu près parallèles, et assez rapprochées l'une de l'autre pour avoir été comparées à deux^ jambes {Sx taikt,, duo brachia, dans Tite-Livc). Celle des deux jamlies qui s'étendait entre le mur de Phalère et celui du Mord et, \k\v conséquent, n'était guère nne fortification pitui- la ville, devrait à cette situation intérieure d'être ap- |>elée y.'y. \).izz'j, et aussi vit'.cv ou australe^ dans Andocide ci dans un passage du Lexique d'IIarpocration. Mais il faut rccoMiiaître, avec M. Ruel, que l'expression o-.i \j.ijz-j s'ap}»li- ([uerait plus naturellement à un mur transversal, qui rejoindrait les deux murs extrêmes de Phalère et du Pirée. Cela s'accommoderait assez bien, d'abord avec le passage

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