VII. -- RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES
après bien d'autres, mais non sans nouveau profit, les archives et la riche bibliothèque du couvent de Saint-Jean ; il en rapporte trente-deux documents, pour servir à Ihistoire du monastère pendant le moyen âge; en outre, des extraits et des fac-similé de plusieurs manuscrits où il espère recueillir encore quelques pages inédites de littérature classique. Parmi les extraits dont on peut dès aujourd'hui apprécier la valeur, se trouvent quelques pages d'un traité grec de métrologie, dont on avait déjà des fragments, mais anonymes, et dont l'auteur, d'après une indication, heureusement relevée par M. Duchesne, doit être Jules l'Africain. Enfin notre paléographe a noué avec un savant Hellène, M. Sakkelion, auteur d'un bon catalogue des manuscrits de Patmos, des relations qui l'autorisaient à nous promettre de donner prochainement un recueil de scolies inédites sur Thucydide, sur les discours de Démosthène et sur ceux d'Eschine, dont il rapporte avec lui des échantillons. Voilà, nous pouvons le dire avec assurance, une mission bien remplie, voilà des travaux qui méritent nos plus sympathiques encouragements (1).
De son côté, M. Bayet n'a pas moins utilisé son séjour à Salonique, car il y a rassemblé les matériaux du mémoire, ou plutôt des mémoires, qu'il nous a soumis, sur Vambon d'une ancienne église de cette ville et sur diverses questions d'art chrétien, qui se rattachent à l'étude de ce monument.
L'ambon de Thessalonique avait jadis attiré l'attention de M. Heuzey, dans son voyage en Macédoine ; mais ce sa-
(1) Voir, pour plus de détail sur la mission de MM. Duchesne et Bayet, le Rapport de .M. Albert Dumont au ministre de l'Instruction publique, inséré an Jour /ml officiel du .31 juillet I87i, rapport que la Revue arckéologique a rciinprinié avec quelques additions intéressantes, dans son caiiier d'août de la même année.
\,iiil \o\;i;:cni' naN.iit |iii le (•(>iii|ii('ii(lre dans le plan de sa |iiil>licati(iii. .Nous |i()iiM>iis anjonrd'Iiiii rajtprccit'r d"a[»rès l('N |.|i(t|oL:ia[»liics (|tii aoi'()m|iai:ii<'iit le mcinoire de .M. IJa\cl: \\ c>[ iiiaiiit'tiiciisciiiciil dixisé en <1(mi\ parties placée^, riinr (laii-- l'iv^ii^c de Sainl-Geoi'tres, l'atilre dans eell(> de Saint- l'anlclccinoii. l/auleur nous en donne une desei'iption niinulieuse, (pii lui permet d'en restituer rimite el la tdiine primitive. Les seulptures qui décorent ce monument rt>]irésentent la Vierue, les map:os et les hei-ger:^ \eiius pour adorer l'Enfant divin. Poui- en déterminer la dalf. piiisipiflle ne nous est d(inn(''e par aucune insci-iplion. par aucun temoi^na^e des annalistes grecs de lOrient, il est naturel d'en comparer les ornements avec ceux d'un arc de Constantin, encore débouta Salonique, comparaison c[ui fait voir dans lambon des caractères d'un art jilus déizénéré. M. Bayet en conclut que ce dernier monument ne jieut être reporté plus haut qui> la tin du iv' siècle de notre ère. L'opinion des juges les plus iomp*'lents en cette matière incline à le faire descendre plus Itas ; il a surtout paru étonnant qu'une œuvre d'ai't, ((ui contient tant de figures, ait pu échapper aux destruelions (pii sni\irent, au vu" siècle, ledit iconoclaste de Léon llsaurien. Mais ces réserves ne diminuent en rien l'intérêt et liiuportancc des r(;cherches au\(pielles l'auteur s'est li\ré, pour ti'ouver le sens plus on moins s\ ml)oli([ue des sei'ues représentées sui' les face-^ di' l.'unhon. M. Bayet déploie, sur ce prohième. une ('riidiliod aliondante. une grande connaissance des l'eri's de ri*]glisc, cl de l'histoire (\('< |ii'eniiers >iecles du chr-istiaiii<Mi('. An\ imnilinMix cl iiivjiiictil's rap|U'oehemeiits (pi'il -ail l'aire, ciilrc |c> M'ulpluics de l'anihon et la représeiilalioii dc< nicnu's sujets dans l(>s |ioinlures des eatacoinlicN lomainc-. on reeonnaîl le <liseiplc déjà savant in niailrc iiar cxicllenec en arelicoloiiic eliictienne. du