‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 63 sur 205 · XI. — ENSEIGNEMENT SECONDAIRE DES JEUNES FILLES · texte numérisé non relu

XI. — ENSEIGNEMENT SECONDAIRE DES JEUNES FILLES

En ajoutant ;v la sainteté du mariage, en élevant le rôle de la femme, vierge ou mère, le christianisme pouvait et devait ouvrir plus librement l'intorieur de la famille à ces influences contre lesquelles se défendaient le gynécée grec et le gynécée romain. Or, si naturel que fût ce progrès, il a été bien lent.

A vrai dire, en même temps que la pureté de la morale évangélique pénétrait de plus en plus dans les âmes chrétiennes, l'art et la littérature païenne en décadence offraient chaque jour un aliment moins pur aux esprits et aux cœurs. La pantomime et les jeux du cirque étaient presque les seules distractions de la foule : indécence d'un côté, brutal et cruel plaisir de l'autre. Pour détourner leurs disciples de pareils spectacles, les Pères de l'Église ne voient guère d'autres distractions à leur conseiller que celle de fréquenter les églises, de visiter les tombes des martyrs, ou bien de contempler, dans leur richesse et leur variété brillante, les œuvres de la création. A lire saint Augustin, saint Ambroise, saint Basile, sur tout ce qui touche à l'éducation des femmes, on s'étonne de les voir Tenfermer dans un cercle si restreint d'exercices religieux et d'études pieuses.

Ce qu'avaient fait les premiers maîtres du christianisme, les précepteurs du moyen âge le continuèrent. Dans les siècles où l'art chrétien se déploie avec tant de magnificence, où se livrent tant de combats héroïques de la pensée, la femme nous parait toujours timidement mise à l'écart de ce mouvement d'une activité ingénieuse et savante. On attribue à je ne sais quel théologien ou jurisconsulte d'alors d'avoir discuté si les femmes ont une; àuic. Je n'ai jamais retrouvé le texte de cette prétendue discussion (1); mais il

[l) Ce qui est certain, c'est que, daus le concile de Màcor., en l'au 585, ua évèque souleva la question de savoir si les femmes faisaient partie de l'espccc humaine. Il eut heureusement contre lui l'opinion unanime des autres

lOi- LA THADITION ET F.F.S RÉFORMES.

rsl certain i|ii('. niriiic Sdii- le i'fL:ii(' de la clirvalcric. mi les IViiiiiics passent pour avoir exercé un si «jrrand (Mii|iiro, (III !('-> Ii()iiv(^ l)ion mal préparées par la culture de leur es- |iiit an inic iniporlanl (pi'elles jouent parmi les héros des ((imiidis cl des croi^ado. .le i'(disais naguère, sur ce sujet, uu uicniniic de mon coniVèi'c. et ami .M. Jourdain, où il a i-éiini tout ce (pic Ion sait de rinstruction (pie pouvaient recevoir les l'cmmcs dans les cloîtres, dans les manoirs ico- (lan\ on dans les maisons de la riche bourgeoisie. Eh hien 1 j'ai regret de le dire, là encore, là toujours, rinstruction se liorne a des notions fort élémentaires. Les hildiothèques, iKtnilir-euscs et riches, à l'usage des monastéri's et (\r< nni- \ersites, sont réduites à bien peu de volumes sur les ravoiis (pii s'ouvrent à la curiosit('' d'une fille de; bonne maison, destinée à devenir inie châtelaine ou une abbesse. Comme dans raiiti(juité, c'est par excej)tion (piune femme s'élève, grâce à (juehjue heureux don de la nature ou de la fortune, au-dessus du niveau où sont maintenues l(>s auti'cs personnes de son sexe.

I^assons. pour abréger, bien des intermédiaires, et Iranspoi'tons-nous au milieu, a la fin même du sii'cle de Louis XIN', ou tant de l'enimes brillèrent jtar tontes les grâces de l'esprit, que relevait une élégante in■^tl•uction. Lorsque tant de salons se sont ouverts, (pii convient les deux sexes à uu honnête échange de sentiments et de pensées, sous le patronage de quelque grande dame, si Inii paicouil le< règlements d'éducation comininie jionr les tilles de bonne ou de noble condition, on \ lro(i\e mainte précaution |ioiii- assurer la pureté des nueurs, la reetilinle des |iiinci|ies religieux, très |ieu de prescriptions (pii aient |>oni- objet délargir et d'élever l'espi'it par rt'dude des

m(^nil)ii's (lu cfinrilc. La cliosc est attestée par notr<; vieil liistoricii Gix-goire (Je Tours, au cliapitre xx du livr<; VMl di- sou Ilistnirc.

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