‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaire: souvenirs et conseilsChapitre 11 sur 212 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

lation sur les richesses des bibliothèques pharaoniques, même après la publication, surtout due à notre jeune connpatriote Maspéro (1), de ces romans dont quelques-uns furent pris jadis par Hérodote pour de Thistoire, il me semble toujours que les Grecs ne sont pas <( ce peuple enfant » dont parlaient à Solon les prêtres de Sais, trop fiers de l'antiquité de leur sagesse sacerdotale. De tout cela, messieurs, on peut s'instruire aujourd'hui, sans être égyptiologue ou orientaliste, dans maint ouvrage fort abordable de l'érudition spéciale. J'ajoute, avec un sentiment particulier de reconnaissance pour l'Académie qui m'a fait l'honneur de m'adopter, que nos séances à l'Institut sont singulièrement propres à nous ouvrir l'esprit sur toutes les grandes nouveautés de la science. C'est dans les livres de mes confrères, c'est dans leurs entretiens, c'est dans les communications qui nous viennent du dehors et des contrées les plus lointaines, que nous apprenons à mieux apprécier, et sans vain égoïsme de famille, les saines qualités du génie européen. Ainsi, pour reprendre notre course à travers l'Asie, l'Inde nous laisse voir, par les travaux des William Jones, des Colebrooke, des Lassen, des Burnouf, la prodigieuse richesse de sa poésie légendaire et de sa philosophie; la Chine, grâce aux anciens travaux de nos missionnaires, à ceux de Rémusat et de Stanislas Julien, se laisse pénétrer jusque dans le secret de sa langue et de son écriture. Naguère encore je pouvais lire, dans la traduction que nous en donne M. d'Hervey de Saint- Denys, quelques, chapitres de la grande Encyclopédie historique de Ma-Touan-Lin, où se marque avec une vérité saisissante le caractère original de cette antique civilisation chinoise, représentée aujourd'hui dans le céleste Empire par plus de 300,000,000 d'êtres humains. Bien plus, un jeune et savant lettré chinois, qui venait de prendre à Paris ses grades de bachelier dans notre Faculté des Lettres et dans une Faculté voisine, m'entretenait des productions littéraires et, en particulier, des productions philosophiques de son pays. On ne

(1) Les contes populaires de VÉgypte ancienne, Paris, 1882, in-12».

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