‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaire: souvenirs et conseilsChapitre 55 sur 212 · VIII. — PUBLICATIONS ARCHÉOLOGIQUES. 8t · texte numérisé non relu

VIII. — PUBLICATIONS ARCHÉOLOGIQUES. 8t

écoliers. Je leur ai souvent conseillé de ne pas trop oublier le Voyage du jeune Anarchasis ; qu'ils sachent que maint jeune Anacharsis voyage maintenant pour eux à travers la Grèce, et leur envoie, par le Bulletin de notre École française, ce qu'il observe chaque jour de ses propres yeux ou par les yeux de ses hôtes hellènes. Toute cette correspondance n'est pas et ne peut pas être rangée par ordre de matière ; le hasard des fouilles, soit parmi les ruines, soit dans les archives et les bibliothèques, amène pour chaque numéro des communications sur les sujets les plus variés ; mais tous ces sujets se tiennent par un lien commun, l'histoire d'un peuple merveilleux et de sa belle langue. Il n'est presque pas un chapitre de cette histoire qui ne nous rappelle, en le complétant, quelque article publié parles élèves présents à l'École, par leurs collègues rentrés en France avec un portefeuille plein de dessins et de notes, par leursanciens maîtres, par leur directeur actuel, M. Paul Foucart. Ce dernier prêche d'exemple à tous en suivant, avec une scrupuleuse attention, les recherches des zélés antiquaires qui l'entourent, en les dirigeant avec sa haute expérience, en commentant presque toujours sans retard lestextes nouveaux qui lui parviennent. On ne sait comment faire un choix entre les richesses accumulées dans ces précieuses archives. Voulez-vous que je commence presque au hasard en signalant, parmi les œuvres de la statuaire, six des vingtliuit bustes de Cosmètes ou directeurs des gymnases dans lesquels s'achevait l'éducation de la jeunesse athénienne^ bustes que d'heureuses fouilles ont récemment rendus au jour : c'est là une bien intéressante galerie de portraits, dont les uns rappellent le type classique des beaux temps de l'hellénisme, tandis que les autres ressemblent un peu à des bourgeois de notre Occident. Ils manquent aux deux excellents volumes que M. Dumont a publiés snrVEphébie at-

Egger. 6

tique; ils mériteront un jour d'y être rattachés. Une statue d'Athéné ou Minerve a fait beaucoup de bruit lors de sa découverte, qui coïncida, sur la fin de l'an dernier, avec les grandes émotions de la Grèce, alors en armes pour reconquérir les territoires dont une partie vient, sans coup férir, de lui être rendue par les efforts de la diplomatie européenne. On croyait d'abord avoir retrouvé une œuvre de Phidias, ou tout au moins une réduction de la célèbre Pallas exécutée par le grand artiste pour TAcropole d'Athènes; il a fallu rabattre beaucoup de cet enthousiasme, mais l'acquisition méritait néanmoins quelques bravos des connaisseurs. Souvent des débris de statuaire arrachés au vieux sol, par exemple à Délos par M. HomoUe, séduisent encore moins par leur beauté, mais ils nous intéressent comme premiers essais de l'art archaïque. A Délos aussi on retrouve des traces de l'enseignement éphébique, et cela nous conduit à rappeler deux textes, d'un genre assez rare et d'autant plus curieux pour nous qu'ils concernent directement réducation : l'un est un décret des bourgeois d'Eleusis en l'honneur de Dercylos, leur compatriote, qui s'est distingué par sa générosité envers les écoles ; l'autre, un décret des Delphiens, exprimant leur reconnaissance envers le roi Attale, qui leur a donné 18,000 drachmes pour contribuer aux frais de l'enseignement public. Ne croirait-on pas être en plein dix-neuvième siècle, au milieu du mouvement, qui s'accélère tous les jours, pour la diffusion des lumières? Ailleurs, je rencontre un contrat de vente àréméré ; puïs^ toutes les pièces (notez bien qu'elles étaient gravées sur le marbre), d'un emprunt contracté par la ville d'Orchomène, dans des circonstances difficiles dont l'historien Polybe nous avait seul conservé le témoignage. Ailleurs, c'est le texte et le commentaire d'une inscription constatant la garantie hypothécaire des biens d'un héritier mineur. En Crète, je

Page 1