‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 3 sur 113 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

. L'Acropole de Mycènes.

Lumière écrasante, chaleur torrlde, soleil déjà bas.

Au fond, le bois sacré, et la route qxii descend dans la ville.

Au loin, le torrent et la plaine brûlée.

Tout le côté droit occupé par un bois de pins. Au second plan, un petit temple dans la clairière. Une source ; plus avant, face au palais, le tombeau d'Agamemnon. Derrière le tombeau, un olivier. Au pied de l'arbre, un homme couché : c'est Oreste. Il dort. Près de lui, entre le grand olivier et le tombeau, Œnops, qui le veille.

Sur l'autre bord de la scène, dans l'angle du palais et des rochers à pic, Jupiter paraîtra, invisible pour tous ceux qui ne sont pas dans ce retrait logé sur le précipice.

Le rideau ne s'ouvre, et le Chœur n'entre en scène qu'après les deux premiers cris.

VOIX DE TANTALE

Jupiter ! Jupiter !...

Le rideau s'ouvre, Le Chœur entre à la suite du Choryphée. Un un. Ils cherchent.

CHŒUR

Entends... on a crié...

Un cri qui méfait peur...

Un cri funèbre et clair...

De ce côté ! Halte ^ toi : ne fais pas de bruit.

Elektre et Oreste

VOIX DE TANTALE

Jupiter ! Jupiter !

CHŒUR

Je frémis.

— Et moi aussi je frémis...

Je ne sais que penser.

— Il ne faudra pas dire ce que nous venons D'entendre.

— Tais-toi. Je veux encore écouter.

Où vont-ils ?... Ici donc !

— D'où vient la voix?

— D'ici.

— De là.

— Non, de partout, des pierres.

VOIX DE TANTALE, de plus en plus proche

Jupiter ! Jupiter !...

CHŒUR

Ha, tu dis vrai.

CHORYPHÉE I

Les pierres du précipice, les pierres ensanglantées

Crient vers le ciel. La tombe du Roi

Appelle. Le sang inexpié

Appelle. La terre ne veut pas de ce sang. La terre

Appelle.

C'est le soleil qui fait pailler le sang, mon fils.

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