SCENE I
. L'Acropole de Mycènes.
Lumière écrasante, chaleur torrlde, soleil déjà bas.
Au fond, le bois sacré, et la route qxii descend dans la ville.
Au loin, le torrent et la plaine brûlée.
Tout le côté droit occupé par un bois de pins. Au second plan, un petit temple dans la clairière. Une source ; plus avant, face au palais, le tombeau d'Agamemnon. Derrière le tombeau, un olivier. Au pied de l'arbre, un homme couché : c'est Oreste. Il dort. Près de lui, entre le grand olivier et le tombeau, Œnops, qui le veille.
Sur l'autre bord de la scène, dans l'angle du palais et des rochers à pic, Jupiter paraîtra, invisible pour tous ceux qui ne sont pas dans ce retrait logé sur le précipice.
Le rideau ne s'ouvre, et le Chœur n'entre en scène qu'après les deux premiers cris.
VOIX DE TANTALE
Jupiter ! Jupiter !...
Le rideau s'ouvre, Le Chœur entre à la suite du Choryphée. Un un. Ils cherchent.
CHŒUR
Entends... on a crié...
Un cri qui méfait peur...
Un cri funèbre et clair...
De ce côté ! Halte ^ toi : ne fais pas de bruit.
Elektre et Oreste
VOIX DE TANTALE
Jupiter ! Jupiter !
CHŒUR
Je frémis.
— Et moi aussi je frémis...
Je ne sais que penser.
— Il ne faudra pas dire ce que nous venons D'entendre.
— Tais-toi. Je veux encore écouter.
Où vont-ils ?... Ici donc !
— D'où vient la voix?
— D'ici.
— De là.
— Non, de partout, des pierres.
VOIX DE TANTALE, de plus en plus proche
Jupiter ! Jupiter !...
CHŒUR
Ha, tu dis vrai.
CHORYPHÉE I
Les pierres du précipice, les pierres ensanglantées
Crient vers le ciel. La tombe du Roi
Appelle. Le sang inexpié
Appelle. La terre ne veut pas de ce sang. La terre
Appelle.
C'est le soleil qui fait pailler le sang, mon fils.