‹ La tragédie de Pasiphaé par le Sr ThéophileChapitre 23 sur 50 · FILLE · texte numérisé non relu

FILLE

Mais nous mourons sans mal d’une mort violente.

THESÉE

C’est pour nous exempter de quelque fievre lente, D’vn sincope subit, ou d’vn ardent poison,

Maux qui font par le corps malade la raison, Affaiblissent l’esprit, plongent dessous la lame Auec la cendre morte vne grand’part de l’ame , L’empeschent de voler li l’immortalité,

Etouffant de ses feux la noble qualité.

Mais nous, grâces aux Dieux et à l’heureux encombre Qui nous pousse en bas aage en la demeure sombre,

PAS1PHAÉ.

Euitons ce danger; nostre esprit, sain et fort. S'oppose courageux aux effrois de la mort,

La mort qui n’a de mal ni d’accez difficile,

Fors c’il qui nous y montre vne peine inutile. Qu’est-ce qu’vn pas soudain? On a plus de tourment Au chemin de la mort qu’à son propre moment;

Il nous y faut résoudre. Or, sus, troupe cherie, Qu’avez-vous? Le destin m’immole à la patrie ;

Ne montrez plus icy le courage rétif :

II se faut ejouyr du glorieux motif

Qui nous porte à présent sur les vagues humides ;

Apprenez à me voir à n’estre plus timides.

Sus , que l’anchre leuée on demare ce bord.

LA TROVPE.

Adieu donc pour jamais, adieu aymable port!

THESÉE

Adieu, cherc patrie.

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