‹ La tragédie de Pasiphaé par le Sr ThéophileChapitre 39 sur 50 · NOCHER · texte numérisé non relu

NOCHER

Sous le vouloir des Dieux, si le vent continué,

Nous prendrons port à Naxe.

THESÉE

Ha! l’isle m’est cognué.

ARIADNE

Depcschons de partir, sortons secrettement,

Puisque rien ne s’oppose à notre parlement.

PHEDRE

Adieu, mon père, adieu ! • •

• THESÉE. ’

Allez, qu’on se depesche.

ARIADNE

Gardons bien que le Roy notre fuitte n’empesche.

MINOS

O rage ! ô desespoir ! ô comble de inalbeur!

Qu’on equippe des naux pour suiure ce voleur.

Ha ! corsaire auorté de l’infernale rage !

Aux mânes de mon fils depoüiller leur hommage ! Ruyner ma grandeur, et de mon sang royal Tout le reste enuahir par vu rapt déloyal !

Mes filles enleuer ! mes deux filles si cheres,

PASIFHAÉ.

Vnique allégement du poids de mes miseres !

Qu’on coure depuis l'aube à l’occident glacé,

Que tout Neptune soit de nos vaisseaux tracé ;

Qu’on prenne ce brigand, qu’à mes jeux on l’ameine, De tant d’impiété prendre la juste peine,

De supplices vengeurs appaiser ma rancœur T Ha ! le dueil tient ma voix et me serre le cœur !

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