I.A POUILLE <1 un ton d'humilité passionnée
Moi, je le dis, étant toute seule à le connaître parmi tout ce peuple qui t'entoure : je t'ai aimé, o mon seigneur!... et cela dès le premier jour que je l'ai vu!... El voilà qu'à présent, sans autre appui au monde... j<> le rends témoignage i<i. attestant la parfaite splendeur de la beauté...
i. E CH R i si troc une émotion pieui 0 cher visage ! ô repos ! ô asile sacré!...
LA POUILLE s'exlatant davantage encore.
0 prince!... qu'est devenu ton vaste empire?... Réduit à mon unique personne, ton royaume est bien diminué et bien petit!... Qu'as-tu fait de tes possessions?... De quelle manière, ô conquérant, as-tu pu être chassé de tes domaines?... En moi seule, ô roi admirable, tu règnes toujours!... Ah! qui te considère encore, ô misérable!... Que je te plains! Et quel respect m'inspire ta peine !.. Mendiant, en exil, sans soutien ni serviteur, n'ayant même plus ton sac de toile, et démuni de ton bâton, ah ! que fais-tu?... Les pierres, qui ne devraient servir qu'à représenter ton visage inaltérable, sont utilisées, ô mon Dieu, pour te frapper ! . . .
LA FOULE haletante et furieuse.
A mort! — Arrachons-lui les couilles!... — Crevons leur peau ! ...
LA POUILLE de plus en plus délicate et tendre.
Et cependant, ô homme!... ô tête divine!... tu es plus précieux et plus rare que toute la profusion des perles que porte la mer. . . Et un nombre infini de grâces est en toi-même... que ne voient pas les yeux de chair, mais que l'esprit aperçoit...
SEPTIÈM B PAIiTIi:
comme sous l'écorce noire de la terre sonl enfon-
toutes sortes <le belles pierre- délicat 0 mystérieux!... ô inconnu !... ôgloir ke!...
A ton- invisible el pour moi si éclatant!., quelle bénédiction spéciale m'est-il donné di dorer, ù mon béros !...
LE CHRIS1 nt Marie avec douceur.
Voilà que lu fes élancée, ô âme Légère !... et qu'à moi tu t'es découverte.., el tu as connu par l'amour la vie réelle! <> courbes de la pureté... ù perfection !... ô se que crée la passion !...
6 délices d'être à tes côtés, 6 tendre femme!... ù pressentiment de la gloire que me révèlent la seule confiance «le ta pensée el l'espérance unique que lu as mise en moi !... Voilà qu'à cause de toi je me sens plus tranquille.:. <il saris effroi au milieu de la haine tourbillonnante, je ne tremble
\.\ POUILLE dans un traospori irrésistible.
Tu es beau, comme l'est un épom le joui >s !... ù bien-aimé ! ô apparition merveilleuse!... o toi qu'aimerail à mon insu la portion Inconsciente <le mou être existant, si mon esprit, avec ses facultés précises, avec ses aptitudes les plus élevées, avec sa sensibilité la mieux voj an le.
ne te rendait sans cesse justice de toutes façons!... 0 prophète cher et vénérable!... ô victorieux!... Qu'est-ce que tu pourrais redouter de l'univers?... N'es-tu pas sûr de ton triomphe, ô mon sauveur?... Car avec moi n'as-tu pas rendu à la vie toutes sortes d'êtres, qui, comme moi, accablés, inertes, étaient dénués d'animation, gisaient sur une terre d'ignorance et de ténèbres?... Et vois, ne te célèbrent-elles pas, sans s'en rendre compte, toutes ces créatures qui t'entourent d'une ronde de joie?...
LA FOULE monotone, exaltée de haine.
Etripons-les!... étripons-les!... A mort!...
LE CHRIST souriant et majestueux.
Oui, je le sais... soulevés par une force mystérieuse et invisible, que ne dompte aucune volonté. . . tous ces êtres misérables, ils me saluent... Ainsi les sphères, qui, dans l'éther, ne se heurtent point... mais composent l'harmonie céleste que tu entends... bondissantes, environnent sans cesse le soleil saint... Et qu'elles en aient conscience ou non... mues par Dieu même... elles lui rendent grâces d'une manière adorable et continuelle... parce que c'est dans son sein qu'elles puisent la vie!...
SEPTIÈME PARTIE
Arrivée a l'extrémité de la place, parmi l;i con-tante menace de la foule, et ac< pagnée de la danse de- femmes, <|ui devient maintenant plus molle et plus fun> brusquement Marie, connue si elle percevait le lieu du supplice, et elle le distu en effet à peu de distance, lève le- bras vers le ciel, jette - -ur
toutes les choses, et ivec un grand tremblement dans tons ses membre-, elle se met a pousser une plainte aiguë, tandis que la foule redouble et que la
musique prend un accent lent et tragique.
LA POULE avec une furie accrue subitement. A mort !... A mort !... A morl !... A mort!...
LA POUILLE elle se met à gémir d'une voix lamentable et jante comme -i. en pré-enre «le la mort, elle regrettait soudain de quitter l'existence.
0 terre!... ô nue!... o Luisante <it accablante foudre!... ô fruits !... ô Lumières que le venl rend convulsives !... Ô globes!... ô toutes les choses de L'univers î...