I. \ IL. M M L
Parbleu! je ne dis pas non!... Mais moi!...
rcp.ai--.int 1 ivrogne qui wut ['embias* : BaS les pattes !
voyons!
140 LA TRAGÉDIE DU NOUVEAU CHRIST L'IVROGNE se jetant sur la femme.
Tu ne veux pas?...
LA FEMME indignée.
Gomment! il ose me tutoyer !...
L'IVROGNE à la foule, il pérore en titubant.
Eh quoi ! . . . C'est ma femme celle-là ! . . . Elle dit le contraire, mais elle ment !... Toutes les femmes sont fausses, d'ailleurs, croyez-moi !.'.. Elles changent comme la glace au feu !... Malheureux ceux qui s'y fient !... (Il perd son équilibre, manque de tomber).
LA FOULE goguenarde.
Ha ! ha ! très bien !...
L'IVROGNE se reprenant d'une voix grasse, éraillèe.
On est ici pour rire, pas vrai?... Eh bien alors?... Est-ce que je n'ai pas le droit de dire aux femmes qu'elles sont belles!... Il y en a des maris cocus !... Un de plus ou bien un de moins !... Ce ne serait pas la peine qu'il y en ait tant sur terre si on n'en profitait pas!... G'est-il pas vrai?... Nom de Dieu!...
LA FOULE éclatant de rire.
Parbl eu !.. . il a raison ! . . . Bravo ! . . .
<jl ÀTR1ÉME PARTIE 141
L'IYROGNE continuant avec emphase.
Moi! je vais vous dire la chose... oui, vraiment!... On trime assez, on peut bien rire... Eeinl convenez-en, les amis!... Moi je suis pour
la gaîlé !... Si c'est votre avis, tant mieux, et puis n'est pas le votre, je m'en bats l'œil !... Il se met à rire, pâteux, brusquement
LA POULE en joie.
Il est admirable !... Magnifique!... Portons le en triomphe !... Vive notre Seigneur tonneau !
Des homme- haussent, sur leurs épaules, Iivrogne qui soufile et halète, et là, hilare, énorme, écarlate. redondant, il trône au milieu de la foule dont les cris éclatent de toutes part< en -on honneur.
IN i) L'Y II 1ER faisant à l'ivrogne de> salutations grotesques.
Salut! Majesté la barrique !
i \ BOURGEOIS de même > inclinant.
Gloire à toi Altesse la tonne !
I N A It I [SAN de mémo, d'un air de respect.
Si nous possédions des pampres rougissants
nous le couronnerions. Bis de Bacchus!..,
LES 01 VRIÈRES i leurs renôtres.
Vival '. Bourrah !...
LA FOULE en chœur.
Hourrah ! Hourrah ! . . .
(On transporte l'ivrogne, parmi ces acclamations, à travers la place. L'ivrogne, réjoui et bouffon, considère le peuple avec dignité. Brusquement arrive en courant tout un cortège de jeunes gens, bohèmes, étudiants, artistes, carabins, grisettes, etc. Formant une sorte de monôme, cette troupe rapide débouche par la rue de droite, avec des cris, des chansons, des instruments qui grincent, des flûtes qui sonnent. Cette arrivée éclatante, impétueuse, folle, vive et alerte, produit différentes impressions sur la foule, qui lâche l'ivrogne aussitôt et s'écarte avec un effroi mêlé pourtant de gaieté, pour livrer passage aux nouveaux venus.)
LES JEUNES GENS DU MONOME arrivant en courant.
Ohé! ohé!... Ohé! ohé!
LA FOULL inquiète, se range devant
Ho! ho!... Prenez garde!... Attention
eux.
LES JEUNES GENS DU MONOME entrant toujours en plus grand nombre.
Place!... Place!... Allons!...
LA FOULE de plus en plus effrayée.
Ils sont fous!... Arrière!... Qu'est-ce qu'ils font?..