CINQUIÈME PARTIE
LE MANCHOT regardant toujours vers la Ville.
Parbleu! nous autres, nous allons bien nous amuser... Car qu'est-ce que ça nous fait que la Bourse ><»it détruite!... Et les Banques!... Nous
nuus en moquons, n'est-il pas vrai?...
LA Y Ho LE sombre et dur.
Belle fin de fête! Il fallait que chacun en eût sa part... Ceux de la Ville ont eu la leur, voilà la nôtre... Ils nous onl assez maltraités pour L'être maintenant... Il y en aura parmi eux qui bougeront comme des pailles au veut, oui, c'esf certain... Ils aumut peur parce que leur- biens vont disparaître... Et nous, nous sommes tranquilles et en repos... Us ont fait de notre humble état Je sujet répété de leurs railleries. A eux de nous fournir des occasions de rire!... A eux de pousser des lamentations en se traînant sur les chemins, dans les terrains creux et arides, parmi le sable Acre et inconsistant, à travers les argiles glissantes et cramoisies!... Il- vont souffrir à leur tour et non- les entendrons geindre comme de petits chiens qui appellent leur mère... El ils tourneront ver- non- leur- yeux salés de larmes et ils se tiendront dan- des poses de misérables el Ils crieront d'une vois acérée et plaintive!... El c'esl non- qui seion- paisibles parce que n'ayant rien nous ne perdrons rien !...
C'est vrai que c'est notre tour de nous réjouir maintenant... Et avec nous tous les pauvres de la terre... Ceux qui rôdent sous la nuée pluvieuse... qui vont de pays en pays... qui n'ont pas d'abri pour se reposer... qui implorent la pitié des gens comme une divinité absente en laquelle on espère toujours un peu.. . qui, réfugiés dans les carrières, y réparentleurs forces pour les luttes du jour... qui vivent du produit de leurs vols ou bien des bénéfices de leur mendicité comme la rouille âpre et parasite dont les aliments sont fournis par la dissolution des métaux corrompus. . . qui souffrent d'être à moitié usés par la tristesse, tirant après eux sur la terre les portions pourries de leur pauvre corps... Ah ! ceux-là trouveraient bon pour eux de voir cette chose... (Brusquement, ii pense aux compagnons et montrant les flammes.) Dommage qu'ils soient partis sitôt le camarades!...
LA FEMME ESTROPIÉE avec une sombre animation.
Non ! Surtout ne répète jamais une telle parole !... Ce n'est pas pour rien, j'imagine, qu'ils ont fui sans rien dire, à travers les plaines noires... Non, ce n'est pas par fantaisie... Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?