PARIS FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR
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Les observations qui ont fourni la matière de ce livre ont été recueillies dans la première partie d'un voyage d'études autour du monde accompli grâce à Tune des bourses qu'un gêné- ^r
reux anonyme mit à la disposition de l'Université de Paris.
Pour montrer quel esprit a inspiré cette fondation, je ne puis mieux faire que de citer une partie des instructions rédigées à ce sujet suivant les indications du donateur.
Les cinq agrégés désignés par le Conseil de r Université de Paris comme titulaires des bourses « devront, disent les instructions, employer MÉTiN. — • Egypte. 1
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environ t|uin/f» mois à faircMin voyage autour du monde. L'olijel essentiel de leurs éludes sera de se renseiir?ier direetemenl, en delîors de toute idi'-e prrr* iiii;ijo. sur les eonditions de la vie soeiale dans les dilTérents pays, sur la manière dont cliat|ue gouvernement entend former l'esprit public, sur les moyens mis en œuvre pour développer le génie de chaque nation, enfin sur les causes qui assurent a tel ou tel peuple, dans tel ou lel domaine [)arliculier, la supériorité qu'il peut avoir.
M Pour que leurs impressions soient plus |>ersonnelles et leurs observations plus directes, ils devront voyager isolément ou deux à deux, et tout en se niellant en relations avec les consuls français, ne jamais se contenter de renseignements tout faits, s'efforcer d'entrer en contact avec la vie môme des différents peuples dans ses diverses manifestations. »
D'autres articles demandaient aux voyageurs la connaissance pratique de l'anglais et les invitaient à recourir aux services d'interprètes, afin de ne pas voir les pays d'Orient à travers les idées des ré^sidcnts européens.
pendant la crise de Fachoda. J'étais au Cercle
Enfin les instructions concluaient ainsi : « Le but de ces voyages étant de faire acquérir à ces jeunes professeurs une idée exacte de la situation de la France dans le monde et un vif sentiment |
de TeiTort nécessaire pour maintenir la France à l
un rang digne d'elle, il ne leur sera demandé ni J
rapport ni justification officielle de leurs études. Le donateur est persuadé que d'eux-mêmes ils chercheront et trouveront les meilleurs moyens de justifier l'initiative prise en leur faveur en en faisant bénéficier aussi largement que possible les générations d'élèves qu'ils auront à former. Il espère aussi que Texpérience montrera l'utilité de cette donation, que d'autres corps voudront suivre l'exemple donné par l'Université, et que l'on verra ainsi se continuer sur les questions spéciales intéressant les diverses branches de l'industrie, du commerce, etc., l'enquête qui aura d'abord porté sur l'ensemble. »
J'ai visité l'Egypte à la fin de Tannée 1898, i
4 r.A TRANSFORMATION DE L KGYPTK
franrnis du (>airo lorsque ]c. roniinnndanl Marchand y fui roru avec onthousiasnio ol lors(|u'il lit sa fauH'uso allusion au Sphinx « qui n'a pas dit son dernier mot ». Ouelque lem|)s après, je me trouvais au fond de rKgyplc dans le petit groupe de Français et protégés qui saluaient le commandant retournant au Soudan |)our ramener ses troupes.
Ouandje débarquai en Kgypie, j'arrivais de Paris et de Londres, où j'avais pu conipar(»r la fièvn^ de conquête el de guerre excilée par les événemenlsde iS<)S, et j'avais constaté, avec une inquiétude hien naturelle chez un Français admirateur de TAnglcterre libérale et pacifique, que Londres était la plus belliqueuse des deux capitales.
La plupart des Anglais, soit en Kgypte,soitdans le monde britannique, n'éprouvaient point contre la guerre les mêmes sentiments que la majorité des Français ; tout en la considérant comme un mal, ils croyaient qu'elle pouvait à tout moment devenir nécessaire pour la grandeur de l'Empire, et beaucoup voyaient en elle une noble entreprise. On venait d'apprendre les succès de
AVANT-PROPOS fi
lord Kitchener au Soudan, on n'était pas loin desvicloiros remportées par les Américains sur les Espagnols et où certains croyaient voir la pre- l
mière étape du trionlpho que le Destin — on a \
môme dit la Providence — assurerait fatalement i à la « supériorité anglo-saxonne » sur la « déca- ;
dence latine ».
Une partie du public britannique se faisait sur la France une opinion aussi bien arrêtée que mal fondée. Les souvenirs de la lutte contre Napoléon, Taversion pour la République et la démocratie, riiorreur pour la liberté des «lœurs et du langage, tout cela compliqué de la rivalité en i Egypte et sur plusieurs points du globe, avaient ,1 fait imaginer une France turbulente, militaire, f qui ne sortait de Tanarchie que par la guerre % aggressive, qui ne cessait jamais de faire du mal | aux autres, sauf quand elle était bridée par un | voisin redoutable ou réduite à l'impuissance par ■'% des troubles intérieurs. Cette opinion a pu être | fondée autrefois, mais à la fin du. dix-neuvième ^ J^ siècle, elle ne correspondait plus aux sentiments de la majorité française. Elle subsistait néanmoins à l'étranger et j'ai pu lire pendant tout mon
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voyage, dans nombre de revues et de journaux anglais, que la fonnenlatioii entretenue en France par le procès Dreyfus, devait fatalement, coinnne jadis ranarchiedu Directoire, faire éclore le césarisme. Je m apercevais en mènne temps que bien des étrangers, surtout desconservateurs, trompés par la violence de nos polémiques, ne comprenaient pas que, sans se justifier, elle s'explique, car la France, depuis un siècle, sert de terrain à un conflit politique et social de capitale importance, celui de la révolution et de la tradition : ils s'exagéraient nos divisions et croyaient y voir, au lieu de la suite des luttes entre partis, le commencement dune guerre civile qui eilt livré le pays sans défense aux entreprises de ses voisins.
Tandis que la plupart des Français de France n'attendaient pas la guerre et ne se croyaient pas sérieusement menacés, parceque leur opinion était en retard de quelques années, — comme celle de la moyenne des étrangers sur la France, — tandis qu'ils ignoraient les progrès de Timpérialisme en Angleterre et ne voyaient dans les menaces que des rodomontades, les Français d'Egypte comprenaient peu ce qui se passait dans la métro-
pole et manifestaient des sentiments contraires à ceux de la majorité de leurs compatriotes. Possédés de l'amour-propre national, passion légitime, mais qui s'exagère dans les groupes isolés delà patrie, menacés dans leurs avantages matériels, exaspérés par la lecture des journaux étrangers, ils s'imaginèrent presque tous que l'Affaire était la seule raison qui empêchât la France d'accepter la guerre.
Après le règlement de la question du Haut-Nil j'ai vu le ministre de France, qui arrivait de Paris et venait de collaborer à l'arrangement définitif, étonner les notables de sa colonie en leur faisant entrevoir que la conduite du gouvernement avait été inspirée par la sagesse. Il affirmait que les divisions avaient disparu devant l'imminence du danger, que les chefs des partis républicains avaient fait taire leurs préférences pacifiques et promis de soutenir le gouvernement si la guerre devenait inévitable ; il révélait que seule l'impossibilité de la défense maritime et coloniale avait décidé le ministère à céder sur tous les points. Nul n'avait manqué de patriotisme, les représentants de la nation moins encore, s'il est possible,
Il LA TRANSFORMATION DE L EGYPTE
que les autres citoyens; innis les s|M^cialistes avaient il«'»claiv que le souci constant d'une guerre à la frontière lorraine avail absorlu» toute Tattenlion. toutes les ressources, et avait empoché d'armer suffisamment les ports et les côtes. Le fait prv>uve du moins qu'en tout temps la nation française et le gouvernement de la Hépublique eurent îles sentiments pacifiques à l'égard de TAnglelerre et crurent pouvoir comj>ter sur la n''ciprocjue.
Dans (lf*s comlilionh pareilles, on s'étonne que le cahinet anîrlais ait réclamé avec des apparences brutales. |>ropres à choquer Tamour-propre national des Français, ce qu'il pouvait obtenir par la do'iceur en y mellant les formes. La France ne voulait pas faire la guerre ù propos de Fachoda ; le gouvernement anglais s'y est pris comme s'il eût es[»éré l'y forcer. Le résultat a été de pousser le Parlement français à augmenter le budget de la défense maritime, de réveiller dans le peuple le souvenir des anciennes luttes contre TAnglelerre et de rendre plus difficile» la tAche des Français et des Anglais qui déplorent l'ignorance et les préjugés par quoi les deux nations sontséparées, qui
travaillenlà leur montrer les liens d'intérêt matériel qui les unissent et par-dessus tout à leur donner conscience du rôle civilisateur qu'elles peuvent jouer si elles s'accordent.
Heureusement la fidélité de Topinion française aux idées de paix et de progrès, l'extraordinaire désintéressement du gouvernement français qui n'a pas suivi l'exemple de certains autres et ne s'est pas empressé de profiler de la guerre sud-africaine pour obtenir le règlement avantageux des affaires pendantes, la preuve définitivement faite que Tanglophobie est plus violente dans certains pays qu'en France et que la presse française n'a pas le monopole des attaques grossières contre l'Angleterre, sont des causes qui ont contribué à rendre la situation meilleure en Europe.
En Egypte, la lulle d'influences engagée, depuis l'occupation, entre les Français, prépondérants à Tépoque d'influences internationales, et les Anglais, maîtres d'aujourd'hui, est devenue plus âpre que jamais pendant la crise de i8g8. Lors de mon passage, les Anglais travaillaient depuis longtemps à évincer leurs rivaux, Fran-
^^:^-.3^;.v-^ ' -•-r^;ïilft3&É;!riùï^
(^«nis et autres Europôrns, des fondions publiques importantes. Néanmoins, les Français conservaient de bonnes positions; renseignement officiel était placé sous leur direction, Fanglais n'était pas employé en dehors de la colonie britannique, les hauts fonctionnaires indigènes parlaient français, les grands journaux européens du pays s'imprimaient en français, et la grande langue étrangère restait la nôtre. Lord Cromer et tout son état-major savaient le français et ne montraient nulle mauvaise volonté à s'en servir. Cette situation, longtemps acceptée, a fini par déplaire aux Anglais, et la crise de 1898 eut pour conséquence une réaction qui se poursuit de nos jours et dont quelques chapitres de ce livre raconteront les débuts.
La politique anglaise en Egypte n'est pas généreuse à notre égard, mais elle s'inspire de la logique et des réalités. La nôtre, toute d'intentions, a fini par nous faire plus de tort qu'à l'adversaire. Notre programme, « tout ou rien », était trop am-
bilieux, nos moyens, « les piqûres d'<^pingles », beaucoup trop courts. Jugeons notre ouivre (i).
Avant 187S nous avons, sinon tout, du moins le premier rang : nous ne savons pas le garder. Allons-nous essayer de le reprendre, œuvre infiniment plus difficile? Nous assumons cette tâche ardue, et, pour l'accomplir, nous nous efforçons de mettre l'Europe continentale avec nous en prenant la défense des influences internationales contre la domination britannique; mais les puissances restent indifTérentes à une tentative dont le profit le plus grand irait à la France ; beaucoup même nous desservent pour gagner les bonnes grâces de l'Angleterre.
Alors, si nous persistons dans notre attitude,
ce sera la guerre : mais la nation n'en veut pas,
et le gouvernement ne saurait tout ensemble
armer la frontière de l'Est et préparer une lutte
maritime et coloniale. La sagesse conseille donc
de négocier quand il en est temps encore : des
concessions opportunes pourraient en Egypte,
(1) Pour le détail, voir pages 92 et suivantes. Consulter Ë. Driault, La question d'Orient^ depuis ses origines jusqu'à nos jours, 2« éd., Paris, Félix Alcan, 1900, ainsi que le livre avec bibliographie de L. Bréhier, cité p. 21.
12 LA TRANSFORMATION DM L I':GYI»TI-:
sauvor notre langue, notre part dans renseignement oincicL plusieurs de nos avanlaf^es, et, au dehors, nous en assurer d'autres. Loin de traiter, nous nous obstinons. En conséquence, nous perdons une à une nos positions sous les ripostes d'un adversaire que nous agacions et, quand la question se pose dans son ensemble, c'est Fachoda.Nous avons à la (in sacriilé beaucouj) plus qu'un arrangement ne nous aurait demande et, au lieu des compensations qu'il nous aurait values, nous enregistrons une perle sèche, trop heureux si nous pouvions dire que notre échec ne mérite pas d'autre nom.
C'est l'histoire de tous nos conflits avec TAngleterre; elle recommence en Abyssinie, sans parler de théâtres plus importants, et toujours sous la même forme. Tandis que les politiques anglais s'attachent au présent, s'acharnent à en tirer le plus d'avantages possibles, par la force s'il le faut, par d'utiles échanges quand ils en trouvent l'occasion, les nôtres sont hypnotisés par le passé ; ils espèrent recommencer Richelieu sans songer que nos forces actuelles ont une limite et, ne pouvant réaliser leurs vastes pen-
sc^cs, ils en reculent Texéculion dans un avenir que In marche des événements rend chaque jour plus impossible ou plus lointain.
Des censeurs, trop sévères peul-ôlre, accusent cette diplomatie à grands souvenirs, à trop loinlaines ambitions, d'abriter le scepticisme, l'impuissance, la peur des responsabilités, et de couvrir une politique dont Tunique principe serait : « Pas d'affaires! »
Ouels que soient les reproches formulés contre Taction extérieure de la France, ils doivent dépasser les ajçents et frapper le public lui-même. Dans un gouvernement démocratique comme le nôtre, la politique étrangère est ce que Topinion la fait.
Le véritable tort des Français n'est pas d'ignorer les affaires extérieures, car ils ne sont sur ce point ni plus ni moins en défaut que les autres peuples, c'est de laisser leurs passions parler plus haut que l'intérêt national. Ont-ils des préférences pacifiques, leur optimisme à Tégard des étrangers ne connaît pas de borne, leur indifférence à l'expansion française dépasse la mesure. Dans le cas contraire, l'action qu'ils rêvent s'ins-
14 I A TRANSFORMATION DE L KGYPTE
|>ire uniquement de l'aniour-proprc, souvcul même de la jalousie : par exemple, ils prendront |)Our maxime qu'il faul avant lout « ennuyer les Anglais />, ce qui dispense de réllccliir et d'étudier, mais ne donne pas le moyen infaillible de mener à bonne fin les afTaires de la France.
Je n'étais pas anglophobe en partant pour FEgypleJe ne le suis pas davantage aujourd'hui. Lintérél que je porte à la civilisation etàla [lensée britanniques se marque assez dans les études que j'ai publiées après des enquêtes faites en Grande- Bretagne et dans une partie de l'Empire pour que j'aie besoin de démontrer que je me suis efforcé d'être impartial.
Peut-être au contraire me verrai-je accusé d'anglomanie, pour les observations précédentes et parce que je déclare, après avoir vu l'Inde (i)
(i Llnde (fauyourcT/iuiiPariSf Armand Colin, igoS) est faite au raéme point de vue que ce livre et décrit une évolution qui ressemble beaucoup à celle de l'Egypte, qui môme, sur certains points, est plus avancée.
et Ceylan, que dans Tétat présent l'administration coloniale anglaise est la plus méthodique de toutes. On m'a dit aux Indes : « Sous les Français les Indiens se tiennent comme une classe d'enfants en désordre; sous les Anglais, comme des élèves silencieux et disciplinés. » Et cette phrase ironique fait bien comprendre la différence des deux régimes. Comme l'idéal des fonctionnaires coloniaux européens a été jusqu'à présent d'imposer un silence et une immobilité comparables h ceux qu'exigeait chez nous l'ancienne éducation, on doit reconnaître que le meilleur modèle du genre a été donné par les Anglais. Ils possèdent le don impérial, l'art de se ' faire respecter, craindre, obéir par les indigènes, et si les moyens qu'ils emploient supposent une constitution et des habitudes aristocratiques, s'ils rendent les relations avec l'Angleterre pénibles aux nations qui veulent être traitées en égales, leur succès dans les pays de domination et les colonies n'en demeure pas moins un fait certain. De plus, les Anglais savent mieux que personne — sauf peut-être les Américains — pourvoir une région de tout ce qu'il faut pour la mettre en
in L\ TIIANSKOR\IATION OM L KCYPTI-:
valeur, lirorcrun sol et d'un peuple l.i |>iusgraniie sonuno |)Ossil>li* <lr litlicssrs. INu* r.iulorité, \u\v Li civilisation malrriellc* aussi l)ini que r<\\U*nsion continue «le leurs |)Ossessions et de leurinduenc — W e hâve a grenier Empire l/ian evcr wnSy di'v clare la léir^nde d'un lind^re-poslo jubilaire — ce sont |)ro|)remenl les Romains de notre époque.
On ne pourra critiijucr leur administration c[u en supposant possible l'application des |»rincipes du droit moderne aux pays de domination, tentative qui n'a jamais été faite sérieusement. Si d'aventure on trouve ici ([uclque ex[nession un peu dure, quelque jugement un peu sévère, ils ne s'appliqueraient pas aux Anglais particulièrement, mais à la métbode qu'emploient tous les peuples colonisateurs modernes et (pi'eux ont portée à la perfection.
J'espère d'ailleurs que le cas ne se présentera pas, car je n'ai nullement songé à faire la critique du gouvernement anglo-égyptien. Si j'ai cru à propos de rappeler dans les pages précédentes quelle était la situation politique lors de ma visite, je n'entends pas en faire le sujet de mon livre. Mon but est bien différent.
Quel est l'état présent de la société, comment elle se transforme sous rinflucnce occidentale et dans quels ordres de faits se marque révolution la plus rapide, voilà ce que j'ai tenté de com- |
prendre et d'exposer. De mes notes de voyage |
j'essaye de tirer une esquisse sociale et non une J
étude politique ou administrative. l
Heureux si j'ai pu traduire par instants le t
charme infini de cet Orient musulman où Ton ren- \
contre, sous la lumière d'un ciel sans nuages, les j
mœurs patriarcales de la Bible et la société pilto- ]
resque du moyen âge. On les croyait mortes, on \
s'imaginait avoir épuiséàla lecture des livres tout \
le parfum qu'elles ont laissé et les voici fraîches et \
vivantes. Inattendues et pourtant plus familières ,
que les civilisations de TExtrême-Orient, elles ne i
dépassent point comme elles notre imagination, mais donnent à l'esprit une joie plus profonde et plus intime. L'Egypte m'a ravi à un point que je n'oublierai jamais, encore que mes impressions de voyage et mes souvenirs n'aient pas le moins du monde ébranlé la préférence décidée que j'ai pour la vie occidentale.
MÉTiN. — Egypte. a
lé LA TRANSFORMATION DE L KGYPTE
Le nous que j'emploierai désormais l\ |>cu près partout, n'est pas emphatique. Je n'étais pas seul. Mme Métin m'a accompagné pendant tout mon voyage, elle a prêté h mon enquête un concours indispensable dans les pays où l'appartement des femmes ne s'ouvre qu'aux femmes ; elle m'a secondé dans la classiPication et la mise en œuvre de nos obser\'ations.
Nous avons reçu en Egypte, notamment chez les indigènes, musulmans ou chrétiens, particuliers ou fonctionnaires, le meilleur accueil, les plus grandes facilités pour notre enquête et une hospitalité que l'Europe ne connaît plus depuis la multiplication des hôtels et le développement des voies ferrées.
Nous prions tous ceux qui nous ont secondés et dont plusieurs sont restés en relations avec nous et ont continué à nous donner des informations, de recevoir nos meilleurs remerciements. Plu-
sieurs sont nommrs dans !« cours <lo Touvrairp. H ou est i»pnu(!<Hip qup nous n'avons jias «Irsii^niés nollonicnt pour dps raisons facil(»s à romprondre; nous soniinos résolus à rap|H)rlpr francliomonl tout ce que nous avons ohsi-rvr, nH^in<* aux dépens <1p notre amour-propre nalional. mais nous ne voulons créer (Kennuis particuliers ou (le difficultés administratives à aucun d**. nos collaborateurs hcncvolcs.
Dans notre encjuéte et pour la c(nnposition de cet ouvragenousavonsdépouillé ungrand nombre de documents imprimes et de livres dont nous indiquons en notes les plusimporlants (Voir le mol liibliofjniphie i\ Tlndex alphabétique^ Nous ne tenterons pas un essai debibliot^^rapbie égyptienne, puisque l'œuvre se trouve faite déjà dans plusieurs ouvrages.
Outre les recueils généraux de bibliographie, on consultera les périodiques : Scuerman, Orientalische Diblioyraphiey Berlin. — Bibliographies annuelles des Annales de yàographic, Paris.
20 LA TRANSFOliMATlON DE L KGYPTE
Les (locumonls ofllciols va îiiiglais cl français sont iiHli<|iirs (huis Inniiuaire (non onicirl) The Slfilcsman's Yctir-Boitli^ Loiulres, qui «loniic aussi 1rs priniiiinux nMis(*i»<ucmrnls slalisliqucs.
I\n ini l<»s (locuuieuls, signalons le ftecenseme ni (jénêral de l'/iyfjple (en 1897), Le Caire, iNjN, auquel nous nous référons le plus souvent; le /Jictionnai/'e fjêofjra/fhûjue de VEyijple de Boi- .\kt-Bï:v. Le (lairc, iSrjij; les Annual Heporls bif lord (Jromer on Ihe Finances^ Administrai ion and Condilion of Kf/npl and Ihe Progress oflie^ form, Lonil res : le Comple fjénéral de l'adminislral ion des finances annuel), Le Caire; Le Commerce extérieur de l'Eyyple 1 annuel), Alexandrie ; le Bnllelin mensuel du commerce extérieur de CEyyple, Alexandrie. Pour rinslruction publique, l'irrigation, ragricullure, les publications importantes sont indiquées dans les notes des chapitres spéciaux (1 ).
(n On a donné, autant que possible, les valeurs en livres égA-ptienneï? (L. E. =ur)fr. 92, l'unité des documents égyptiens. Si quelques chilTres sont donnés en francs ou en livres sterling (C) c'est quils ont été empruntés à des documents exclusivement frani^ais ou anglais. L*unité monétaire employée est toujours indiquée.
La hihliograpliie grnoralc cl les ln»s noinl)i<nisos |)iil)liralioiis antrlais(*s cl fraiiraisrs inspinVs par losilornrors rvéncmenls ou consai'ivcs aux notes el souvenirs de voyage sonl indiquées en grande partie dans les recueils et annuaires eilcs dans le 1. 1 de(î. l\ksv:DiTE,L'Kf/!/ple{i^unlc), I*aris, Hjoo; dans Louis niu^niiin, L'/uji/ple de 1798 à 1900, Paris, lyoi, ce derni<'rsurlonl pour les ouvrages liislorirpies.
On lrouv(Ma prolit à consuUer les puhlicalions de rinsUlul égypli(Mi (fonde par Bona|)arle. réorganisé par Saïd K de la Société khédiviale de géographie el de la Soiîiélé khédiviale d'agriculture.