CRISTALLISÉS
BAFFINÉS
iîHiO-1901. .
liO.OOO
A côté de celle imporlanle Sociclé, une cnlrcprise anglaise a élé fondée en 1896. C'est riE'gr///îlian Siigar and Lnnd Company Limiled, capital v: 120.000, siège social à Glasgow et Alexandrie, qui possède «i Baiiana ( Abydos) une usine et des rhanips do cannes. Sa production est inférieure à celle de la précédente.
Dans la fabrication du sucre comme dans Tépluchage du coton, on cherche à tirer le meilleur parti possible des sous-produits.
Autrefois, le prince Ibrahim-Pacha avait trouvé un moyen très simple ; il obligeait les fellah à prendre les mélasses de sa fabrique en paiement de leurs cannes. Aujourd'hui, on fabrique de l'alcool, mais les musulmans n'en boivent
pas ; on f Aclie donc, pour qu'ils le consomment, de leur vendre des lampes et ri^cliauds à alcool, et *!'cst un débouche^ que l'Allemagne a pris el que ses représentants essaient d'élargir. Mais l'alcool n'est pas en Egypte d'aussi bonne vente que le sucre.
L'Egypte contemporaine produit plus de sucre qu'elle n'en consomme. Aussi l'importation de sucre européen, dont la valeur moyenne annuelle entre 1884 et 1889 atteignait près de 100.000 L. E. (69.000 venant d'Autriche et 28.000 de France), est-elle tombée à !?3.2 12 L. E. en 1895 et tend-elle à disparaître; elle n'a jamais compris d'ailleurs que le sucre raffiné à l'usage des Européens.
Sî des raffineries ont été installées en Egypte, ce n'est pas seulement pour fournir à la consommation des résidents occidentaux, c'est surtout pour l'exportation, qui ne cesse de se développer; sa valeur a passé de 472.908 L. E. en 1895 a 18.089.008 L.E. en 1900. L'exportation de 1900 comprend 68.729.809 de kilogrammes, dont les États-Unis ont pris 43-537-84o. Les États-Unis, où la consommation annuelle de
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sucre s'élcve h ri.yyri.ouo.ooo de kilogrammes, alors que la production nnlionale n*esl que de ^îoo millions, ont commencé en 1898 à venir chercher le sucre égyptien, lis en ont acheté :
en 189.3 .... 3.384.î^86 kilogrammes
Après eux, les principaux acheteurs sont le Royaume-Uni et les colonies anglaises d'Asie qui prennent à TEgypte environ 5 millions de kilogrammes. C'est peu par rapport à la quantité de sucre consommée parles Anglais, mais jusqu'il présent les dégrèvements et les primes à l'exportation accordées par les Etats betteraviers de TEurope continentale permettaient aux fabricants qui en bénéficiaient de vendre au public anglais leur sucre à des prix qui défiaient toute concurrence. La suppression des primes à la suite de la conférence internationale de Bruxelles (1902) donne aux raffineries d'Egypte Tespérancc de conquérir le marché anglais et peut-être une partie de la
clicntMo europ('»cniic ; leurs entreprises vont prendre un nouvel éhni.
Dans rcnseinblc, TKjryple rcslc un pays presque exclusivement agricole avec des rudiments d'industries, sauf jjour le sucre. Au commencement de 1902, rÉgyple avait une trentaine de sucreries et raffineries, 5 huileries et savonneries, 2 filatures de coton, 2 brasseries, un grand nombre d'égrenages et presses pour le coton, de moulins mécaniques à farine, enfin de fabriques de cigarettes.
Les cigarettes se font avec des tabacs importés de Grèce et des provinces turques. La culture du tabac a été essayée en Egypte, mais le gouvernement Ta interdite en 188g pour conserver au Trésor le revenu considérable que lui fournit le droit d'entrée. L'importation de tabacs ne cesse d'augmenter. L'Egypte importail en 1884 pour i.ii3.32oL. E. de tabac (dont 62.112 L. E. de Grèce, lerestedeTurquie), en igoopour 6,1 lo.SgS L. E., en 1901 pour 6.446.209 L. E. Le droit d'entrée a produit en 1900 1.109.881 L. E. Le tabac étranger alimente une fabrication très i)rospère de cigarettes destinées surtout à l'exporta-
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tation. La valeur des cigarcUes fournil plus de la moitié des H à iixj.ooo L. E. de inalières que rÉgyplc réexporte après les avoir travaillées. En \9o\ la quantité de cigarettes exportées était en excédent de 19 p. loo sur Tannée lyoo et s'élevait à 529.034 kilogrammes, soit 38o millions de cigarettes.
Cette industrie est entreprise par des particuliers ou par de grandes Sociétés anonymes, presque toutes de date récente, comme celle qui possède la marque << Le Khédive », fondée en 1896, au capital de 1 million de francs, la Société égyptienne des tabacs (1899), la Matonia. La Banque d'Athènes vient de traiter avec le ministre des finances pour rétablissement d'une Société anonyme au capital de 5 millions de drachmes, qui ferait l'importa tion et l'exportation des tabacs.
Depuis l'origine le commerce et l'industrie des cigarettes sont presque entièrement entre les mains de capitalistes hellènes, mais, sans passer à d'autres, elles suivent l'évolution générale et tendent à se concentrer entre les mains de Sociétés financières.
La fabrication des cigarettes est la seule industrie îi main qui se soit dévelopi)ée sous Tinlluence étrangère. Toutes les autres végètent ou dépérissent. Les ouvriers d^art du Caire et des grandes villes, ébénistes en nioucharabiés, ciseleurs sur bois ou métaux, maroquiniers, brodeurs, tapissiers (i) voient la clientèle riche se tourner de plus en plus vers les objets importés d'Europe et ne trouvent pas dans les achats de quelques amateurs occidentaux une compensation suffisante. Les potiers en gargoulettes (koullé) de Keneh, vases de terre poreux qui conservent Teau fraîche, continuent une fabrication dont on ne saurait se passer, mais qui ne se développe pas. Les teintureries d'indigo, très primitives, fonctionnent à Tusage des indigènes, dont le bleu sombre est la nuance préférée, mais elles sont menacées par la concurrence des couleurs minérales. Dans les cuirs et peaux travaillés par l'artisan indigène, seules les qualités inférieures sont produites dans le pays ; les autres viennent du dehors : en 1901, TEgypte en im-
(1) Le» tapis de bazars sont pour la plupart imporlés d'Asie, surtout les belles qualités.
porto pour 2ig.56o L. E. el n'en exporte que pour 90.64^ L. E., comprenant surtout des cuirs ouvrages. La tannerie, demeurée aux procédés les plus archaïques, commence à attirer Fattention des Occidentaux, dont quelques-uns vont essayer de la perfectionner h leur bénéfice.
Parmi les tentatives industrielles, il convient de ciler encore celles qu'on a faites, sans succès jusqu'à présent, pour créer des fabriques d'allumettes et de bougies. Ces articles viennent du dehors, les bougies plus particulièrement de France.
Enfin, les capitalistes étrangers s'ingénient de mille manières à dégrossir les produits égyptiens pour en tirer le plus grand profit possible. Lors de noire passage, on fondait près d'Alexandrie une brasserie au capital de 1 million de de francs ; en 1889, une autre était installée au Caire avec un capital de i.Soo.ooo francs. Si ces entreprises réussissent, elles ne manqueront pas de débouchés, car jusqu'ici la bière et les nombreuses boissons consommées par les étrangers sont foules importées d'Europe, en bouteilles, et se vendent assez cher. De
1884 ^ 1889, il est venu chaque année, en moyenne*, 2'j.(y^H) douzaines do houteilles de buTc d'Aulricho (et d'Allemagne), el «6.770 douzaines do bouteilles de vins el liqueurs de France. Les bouteilles ne sonl pas utilisées en Egypte, où Tindigène leur préfère la gargoulette, on ne sait où les mettre et on les emploie parfois on bordures d'allées et de corbeilles dans les jardins.
L'Egyple n'a pas de mines si Ton exccple les gisements de natron exploités depuis longtemps par des indigènes. Un syndicat anglais, formé par la National Bank of Eyijpi, reprend les recherches commencées autrefois dans le Djebel Zeit (la montagne dliuile), près do Suez, pour découvrir le pétrole, et Ton annonce que les sondages promettent de bons résultats.
Les Européens qui ont pris l'initiative des entreprises industrielles n'en tirent pas seulement des bénéfices directs ; ils profitent do leur création et do leur développement, par Faugmentation du commerce où une partie des grosses opérations sont entre leurs mains, par la multiplication des banques et des sociétés anonymes.
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qui leur fournissent l'occasion de placements aviuitageux. enfin, par la demande de machines, de pompes à irrigation, de matériel de voies ferrées ou de eonslruclions métalliques, de charbon qui a pour causes la naissance de Tinduslrie et les transformations de la culture et du commerce.
En 1893, l'importation des machines s'évalue à !.">:>. o*ir) L. K., celle du fer et de Tacier à a 3.4!!.<|<i7 L. E. Les deux importations réunies s'ôlêvenl en lyoo à i. 817. 970 L. E., en 1901 à i.74408'1 L. E. m. Dans celte catégorie, TAnglelerre ligure en 1900 pour 1.077.810 L. E., r Allemagne pour 164.602 L. E., la F'rance — nagu/.Te au deuxième rang, — pour 141.963 L. E. ; la Belgique fait, relativement au nombre de ses liabilarils, plus d'affaires que la France.
L'importation des bois et charbons suit une progression constante depuis la création des chemins de fer et des usines. De 1.008.740 L. E. en I^Kfo, elle passe à 2.098.066 L. E. en 1900. Les bois, comptés avec les charbons, sont des-
I Voir pyge -219, h» développoment des chemins de fiM", page -233, i'iniporlaUon des huiles pour machines.
linés à la construction et à rameublemenl ; ils ne forment «jirunc ininiino partie du total. Pour la houille, le principal fournisseur est la Grande- Bretagne. Elle a expédié de ce produit seul s: 755.237 en 1893, 1.807.587 en lyoo.
En Egypte, Tintervenlion économique des Européens a le même résultat que dans tout rOrient : tirer de la terre et du travail le plus possible, payer les indigènes au plus juste prix, leur faire ensuite dépenser ce que l'Europe leur donne à l'achat de produits manufacturés et de machines. On commence à voir les effets de cette intervention bien avant 1882, ils s'accentuent depuis l'occupation britannique et TAngleterre, pays de grandes entreprises capitalistes, est celui qui a su profiter le mieux de la situation.