la France
L'exportation totale du coton brut égyptien équivaut à pciue à 1 5 de celle des États-Unis, qui sont les grands fournisseurs des manufactures européennes. En 1900-1901, les Etats-Unis ont vendu au dehors pour SiS.GyS./j^^ dollars de coton brut et pour 20.272.418 dollars de coton manufacturé.
L'exportation égyptienne vaut le double de celle de l'Inde qui s'élevait à 101.274.007 roupies (1) en 1900-01. Il est vrai (pie l'Inde exporte en outre pour 108.677.062 roupies de juto brut (1900-00), tandis que le coton brut forme presque toute l'exportation égyptienne de matières textiles (11. 833.277 ^-- E- ^'^^'^ u^ t^'^''^' ^1^ 11.893.397 L. E. en 1900-1901). D'autre part, l'Inde a de nombreuses usines qui travaillent pour le marché local et pour le dehors ; elle a exporté en 1900-1901 pour 07.029.566 roupies de coton manufacturé et pour 78.646.012 roupies de jute ma-
(1) Le dollar v;uil oiiviron ■") fr. 20, la roupie 1 fr. i')0 ;\
1 fr. g:..
nufacturé, tandis que l'Egypte ne file et ne tiss^ pas son coton.
Le fléchissement de l'exportation égyptienne en 1900-1901 ne saurait être attribué au développement des manufactures. L'Egypte ne fait subir à son colon que les manipulations indispensables pour la vente au dehors, c'est- "i-dire l'égrenage et le pressage.
Le capitaliste ou la Société qui manipulent le coton d'un district dominent la production, règlent les prix et ne tardent pas à tenir les cultivateurs sous leur dépendance par des prêts ou des avances sur la récolte, en un mot ils jouent le rôle que l'on a déjà expliqué à propos des minotiers.
On compte en Egypte de très nombreux égrenages et presses isolés ; depuis quelques années des Sociétés par actions s'organisent, soit pour acheter les usines individuelles, soit pour leur créer des rivales sur des points choisis : dans tous les cas, le but est d'établir une entente commune et de supprimer la concurrence pour empêcher que le taux du profit s'abaisse.
Les grandes Sociétés d'égrenage sont au nom-
bre de trois qui ont leurs usines dans le Delta et leur siège social h Alexandrie : — La Société d'égrenage du coton de Zagazig, fondée en i8g3, au capital de i5.64o L. E. (4i6.6/|0 fr. environ), divisé en actions à 20 livres l'une (un peu plus de 5oo fr). — La Kafr-cz-Zaiyât Company Limited, fondée en 1894 avec un capital de 53 5o.ooo, porté en 1900 à fî 80.000 (2 millions de fr. environ), divisé en actions h 100 fr. Tune. — La Société d'égrenage de Mahallct-el-Kébir, au capital de £ i2.5oo (245.000 fr,).
Les Sociétés de pressage sont au nombre de deux : — La Société générale de pressage et de dépôt, fondée en 1889 au capital de £ So.ooo (1.200.000 fr.). — I^a Société anonyme des presses libres égyptiennes, fondée en 1892 au capital de £200.000 (3 millions de fr.).
Les capitaux sont européens, principalement anglais, mais on remarque chez les riches indigènes une inclination de plus en plus forte à prendre des actions de ces Sociétés.
L'épluchage du coton donne comme sous-produits les graines qui sont employées pour la plus grande partie à la fabrication do riuiilo. Jusque
présent FÉgypte a vendu presque toutes ses graines de coton à l'Europe. Le tableau de leur commerce, en même temps qu'il sert de complément aux statistiques précédentes destinées à montrer le développement de la production cotonnière, prouve que l'Egypte ne travaille presque pas ses graines de coton.