ENSEIGNEMENT
Le problème de l’enseignement s’est présenté de deux facons complètement différentes. D’une part, c’est une question d'enseignement réciproque, et, d’autre part, une question d'enseignement à proprement parler.
A) La centralisation même des documents multiples, des incidents de toute sorte, des difficultés de technique qui peuvent être rencontrées selon les circonstances par les transfuseurs, peut être l’origine d’un véritable enseignement réciproque, lors des réunions trimestrielles des techniciens de la transfusion, ce qui permet à chacun d’entre eux de multiplier en quelque sorte son expérience dans des délais très rapides. En effet, dans la pratique, les cas véritablement comparables sont rares. Mais lorsqu'ils sont mis en commun, ils deviennent remarquablement fréquents et permettent de résoudre un très grand nombre de problèmes. C’est ainsi que des complications absolument ignorées dans le passé ont pu être reconnues, non pas comme fréquentes, mais comme possibles, et notamment l’œdème aigu du poumon. Or, limminence de cette complication comporte une thérapeutique appropriée : l’injection de morphine. Et la connaissance de ce simple progrès, à peine remarqué, a permis de sauver plusieurs vies humaines. Dans cette
thèse, qui vise bien plus le côté éminemment pratique que le côté scientifique à proprement parler, nous ne signalons ce fait qu’à titre d'exemple.
B) L’autre point de vue de l’enseignement de la Transfusion Sanguine vise à mettre au courant les jeunes techniciens appelés à remplacer le corps des internes transfuseurs de garde, puisque ces derniers doivent abandonner leur poste à la fin de leur internat. Cette instruction comporte plusieurs points :
1° L'étude des groupes sanguins, qui est faite dans les deux centres de Saint-Antoine et de Broca;
2° L'enseignement technique :
d’une part, théorique, réalisé par une série de huit leçons sur les différents problèmes de la Transfusion Sanguine ;
d'autre part, pratique, qui comporte :
a) l'inscription au centre de transfusion pour appel à chaque transfusion urgente;
b) la transfusion effectuée par le futur transfuseur, sous la surveillance du chef d'équipe.
C’est peut-être là le côté le plus important de cet enseignement, appelé à prendre de plus en plus d’importance, car on se propose actuellement de létendre au corps des médecins de réserve qui désirent se familiariser complètement avec la technique de la Transfusion Sanguine. Ce dernier problème, qui concerne linstruction du médecin de réserve, pouvait être étendu à la totalité de ces médecins, mais la chose est pratiquement irréalisable; plutôt que d’instruire incomplètement un très grand nombre de médecins, il est désirable de
pousser au maximum l'instruction de quelques-uns d’entre eux, qui deviendront naturellement autant d’instructeurs éventuels.
C’est dans ce but précisément que, d'accord avec la Direction du Service de Santé, les Techniciens de la Transfusion Sanguine (eux-mêmes médecins de réserve) sont mis à la disposition de l’Union Fédérative des Médecins de Réserve. Ces techniciens pourraient être chargés d’instruire un nombre limité de médecins, de préférence déjà familiarisés avec la technique des injections intraveineuses. On pourrait ainsi envisager la possibilité, en huit leçons, suivies de quelques démonstrations pratique, de former des transfuseurs capables de compléter par eux-mêmes leur instruction.