‹ La transmutation des métauxChapitre 2 sur 6 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Depuis des siècles et des siècles, les vulgaires humains se demandent, s’il est possible de faire de l'or par transmutation ; si par exemple, on peut changer du cuivre en argent et de l’argent en or.

Par suite, ils se demandent également, si la Pierre Philosophale a existé, ainsi que l’Or Potable ou Elixir de vie.

Dans le présent opuscule, nous allons étudier la question et démontrer que la Pierre Philosophale ou Poudre de Projection, l’Or Potable ou Elixir de vie, enfin la Transmutation ont existé, il y a déjà des milliers et des milliers d’années.

Les Egyptiens par exemple, connaissaient dès une Antiquité très reculée, le moyen de faire de Y Or alchimique , et jamais, les modes d’opérer la transmutation n’ont été perdus ; ils ont même été utilisés chez un grand nombre de peuples.

Nous ajouterons, comme nous le disons du reste dans le courant de cette étude, que.le métal est un animal véritable, ayant sa vie propre, ce qui aide à sa transformation et par suite à sa transmutation ; seulement ce que la Nature ne peut accomplir qu’à l’aide de

nombreux siècles, l’homme peut l’effectuer en bien moins de temps : en quelques mois à peine, et même aujourd’hui secondé par l’Electricité ; par de puissantes Dynamo, l’homme peut réaliser en quelques jours des transmutations.

Ajoutons que bien des Alchimistes ont cru que la limite du progrès des métaux s’arrête lorsque le métal est arrivé à l’état d’or et même d’argent car il a atteint alors à l’état de métal noble, et il y reste à perpétuité. D’autres écrivains hermétistes croient au contraire que la modification des métaux est continue, qu’elle se poursuit sans cesse de telle sorte qu’un métal, après avoir atteint le terme de sa perfection, revient à un état imparfait, de façon que le processus de ses transformations moléculaires se poursuit incessamment à travers les siècles.

C’est Emile Rudolphe Glauber qui a le premier émis cet aperçu qui a été adopté par bien des alchimistes.

Paracelse allait plus loin encore, il affirmait que sous l’influence des astres et du sol, non seulement tous les métaux vils se changeaient en or ou en argent, mais qu’ils pouvaient se transformer en pierre et les minéraux se développer à la manière des plantes par une sorte de graine; (les ferments de Tiffereau); on voit par là, qu’il n’y a rien dé nouveau sous le soleil.

Paracelse mentionne le principe du dissolvant Universel, de YAlcaest l’idéal des menstrues, de l’argent enfin, qui peut amener tous les corps à l’état liquide ; mais il ne parle de ce dissolvant par excellence, que dans un seul passage de ses ouvrages et d’une manière assez vague encore ; c’est dans son Traité de viribus membro -

l’or alchimique

rum, voici le passage en question que nous traduisons : « Il y a aussi la liqueur Alcaest qui agit d’une manière très efficace sur le foie. Elle le soutient, le fortifie et le préserve des maladies qui peuvent l’atteindre. Tous ceuxqui s’appliquent à la médecine, doivent savoir préparer l’alcaest ».

Donc d’après Paracelse le grand dissolvant « L’alcaest » peut amener des transformations radicales et par suite tout transmuter.

Cette constatation du grand Alchimiste est pour nous des plus précieuses et peut faire préjuger que la transmutation n’est pas une utopie, mais une chose trèsréelle, tout à fait objective.

C’est ce que pourront constater les lecteurs qui voudront bien lire la présente étude. — Nous sommes convaincu, qu’après avoir parcouru cet opuscule, ils ne pourront plus mettre en doute l’existence de la Pierre Philosophale ; et ce sera là la seule récompense que nous ambitionnions pour notre travail.

J. M. de V.

Sommes-nous arrivés au temps prédit par le docteur Girtanner de Gcetingue (1) :

La transmutation des métaux sera généralement connue au XIX e siècle , car tous les Chimistes sauront faire de Vor (2).

C’est-à-dire que l’homme ne rechercherait plus l’or natif dans les entrailles de la terre, puisqu’il aurait à sa disposition l’or alchimique.

Qu’est-ce que l’Or Alchimique ?

C’est l’or créé par la science humaine ; c’est-à-dire par l’art de la transmutation des métaux ; autrement

(1) Le Dr Girtanner médecin et publiciste distingué naquit à Saint-Gall (Suisse; le 7 décembre 1760 : il mourut à Gœtingue, ville du Hanovre le 17 mai 1800, âgée seulement de 40 ans, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir beaucoup produit, il n’a écrit qu’en allemand sur la médecine et sur la Révolution Française, pour la combattre naturellement, au point de vue de la nationalité allemande, car le bon Docteur trouvait qu’elle pouvait compromettre la Royauté en Allemagne et par suite être pour ce pays un grand danger.

(2) Philosophie magique. T. vi, p. 383.

dit, par le changement d’un métal vil, en un métal précieux, le plomb et l’argent par exemple, en or.

Le fait est-il possible ?

C’est ce que nous allons étudier ici, avec pièces et documents à l’appui, et nous espérons bien que le lecteur, après nous avoir lu, partagera entièrement notre opinion à savoir que la transmutation des métaux a été connue et pratiquée dès la plus haute Antiquité, que c’est là un fait incontestable, appuyé sur trop de preuves certaines pour pouvoir être mis en doute un seul instant par les hommes de science qui ont étudié sérieusement et de bonne foi la question.

Que des esprits superficiels aient dénié le fait, rien d’étonnant à cela ; il en a toujours été ainsi, mais qu’on puisse le dénier aujourd’hui, au xx e siècle, cela paraît assez surprenant avec les moyens d’investigation que nous possédons et avec ce que l’on sait en chimie ; bien que cette science soit relativement peu avancée encore, à côté de ce qu’elle sera le jour prochain où elle proclamera Y Unité de la matière ; ce jour-là ce ne sera pas seulement la transmutation des métaux qu’elle opérera, mais la transformation de tout, elle pourra faire des substances alimentaires avec toute sorte de matières : on voit donc par là, quel changement s’opéra dans la situation économique de l’humanité ; ce que quelques écrivains ont déjà voulu étudier en supposant vraie la transmutation des métaux ; ils ont prévu, bien à tort, des transformations radicales dans notre organisation sociale ; ce qui est faux, absolument faux, car l’or serait-il, demain, aussi commun que le fer, que ce fait ne dérangerait pas beaucoup notre situation écono-

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mique. Mais là n’est pas la question que nous voulons étudier ; nous plaçant à un point de vue plus élevé, nous ne voulons examiner la question de la transmutation, qu’au point de vue de la démonstration de l’Unité de la matière,

Dans ces derniers temps, on a fait grand bruit autour d’une découverte américaine ; nous voulons parler de Y Or alchimique, dénommé aussitôt : Argentaurum, car ce nouveau métal renferme beaucoup d’argent : sur 125 grammes, il aurait fourni après sa fusion 33 0/0 d’or et 26 0/0 d’argent, autrement dit, de l’argent transmuté en or, n’aurait plus contenu que 26 0/0 de l’ancien métal et aurait fourni 33 0/0 d’or, de sorte qu’en poursuivant les opérations, on arriverait finalement à ne posséder que de l’or, d’une quantité donnée d’argent puisqu’une fois l’or extrait de l’argent, on peut toujours transformer celui-ci en or.

Par quel procédé obtient-on ce résultat, c’est encore un secret de l’inventeur, duD r Emmens Nous devons ajouter que, comme toujours, les procédés de laboratoire sont longs et très coûteux, mais là n’est pas la question : que cette transmutation coûte plus ou moins,, peu nous importe. Nous nous plaçons, nous le répétons, à un point de vue plus élevé, au point de vue philosophique, et nous disons : la transmutation des métaux est-elle un fait réel ? Et si ce fait est réel, comme il y a lieu de le croire, après avoir étudié toutes les pièces du procès, Y Unité de la matière serait absolument prouvée .

Or, la chimie officielle se refuse aujourd’hui encore à accepter, meme à l’état d’hypothèse, cette Unité. Cependant des découvertes modernes tendent à démontrer cette unité, et cela par des faits positifs, et non par simple théorie ; notre grand chimiste Berthelot, bien qu’un savant des plus officiels, n’est pas éloigné d’admettre cette Unité.

D’après la théorie de l’Unité de la matière., tous les corps ne sont que des composés atomiques homogènes empruntés à l’aither (1) et soumis à des forces qui peuvent les influencer par des combinaisons diverses, d’où la diversité des corps formés par la matière Unique.

Dans une lettre de M. Fittica, Directeur de l’Université de Marbourg à M. Tiffereau (2), nous lisons : « Que tes métaux soient des composés , n’est plus pour moi une hypothèse, mais une théorie que j’espère confirmer par mes recherches futures. »

Chaque corps puise donc son autonomie spéciale, son autonomie caractéristique, si l’on peut dire, dans ses agrégats atomiques ; les corps sont différenciés par des forces diverses, sous la dépendance desquelles est placée la matière unique. — C’est même de l’étude de ces forces que devra s’occuper notre science moderne, pour arriver à la transmutation des métaux d’abord et à d’autres produits organiques ensuite. C’est du reste la

(1) Nous écrivons ce mot ainsi, pour le distinguer du liquide nommé Ether. — Cf. — Dictionnaire d’Orientalisme, d'Occultisme et de Psychologie : V° Aither. — 2 vol. in-12, Paris. Librairie Dorbon aîné.

(2) In L’ Hyper chimie, n° 8, août 1901, p. 3.

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transmutation, ne l’oublions pas, qui a créé notre chimie moderne ; nous l’avons dit bien souvent, et on ne saurait trop le redire ; elle a donc rendu à l’humanité un très grand service !

Comment expliquer maintenant la théorie de la transmutation ; c’est bien difficile dans l’état actuel de la science, parce que l’interprétation des phénomènes de matérialisation et de dédoublement ajusqu’ici échappé aux savants. 11 est bien évident que le jour où ils pourront expliquer la quatrième dimension ou l’interpénétration de la matière solide (1), ils pourront nous révéler aussi la théorie delà transmutation.

Nous venions d’écrire ce qui précède, quand nous avons lu dans la Revue Générale des Sciences (2) l’entrefilet suivant, qui prouverait que, d’après la savante revue, l’argentaurum ne serait guère encore qu’un mythe ; notre bonne foi nous fait un devoir d’insérer cet entrefilet.

L’Argentaurum

« Nous connaissons aussi peu que possible la structure interne de ce que nous appelons les atomes ou les molécules des corps simples. Aussi nul ne peut affirmer qu’il soit un'jour impossible d’abaisser un instant les atomes d’argent à l’état de fragments, afin de les élever ensuite à la dignité de lingots d’or. On n’est pas davantage autorisé à dire avec certitude que le soleil brillera

(1) Voir à ce sujet les sept dimensions de l’espace par Ernest Bosc dans la Revue L'Initiation n° 10 juillet, 1901.

(2) G. Carré et C. Naud, éditeurs, 3, rue Racine.

l’an prochain. Quoi qu’on suppose des préjugés des savants officiels,, leur esprit est parfaitement prêt à recevoir avec joie la révélation d’une or transmutation des métaux » sérieusement démontrée.

<c La Démonstration est pour le savant de nos jours, plus magique que la pierre philosophale (elle est la plus magique des choses) aucun obstiné n’y résiste. Si le Dr Emmens avait converti une notable quantité d’argent en or, ce que je ne crois pas, faute de preuves, il aurait pour quelque temps jeté le trouble dans la représentation de la richesse ;

« Le capital, ce travail potentiel recevrait un autre signe déjà connu. L’équivalence des produits, des besoins; des capacités et des travaux accomplis retrouveraient bientôt sa preuve dans des billets en papier qui sont, en somme, des petits contrats entre les hommes. Le Veau d’or changerait de nom d’une façon quelconque. Une telle découverte serait pour la science une étoile de plus dans la nuit qu’elle contemple toujours. L’esprit public aime le merveilleux, la découverte de vagues trésors antiques et l’Astrologie. Dans un milieu plus élevé, la théorie possible de l’unité de de la matière, ressuscite de temps à autre des Alchimistes. Pour le moment, il n’y a rien à penser, ni à croire au sujet de YArgentaurum , car rien de précis ne nous a été dit.

Joseph Godfroy.

Cet article très fin, aussi fin que l’or alchimique n’est peut-être pas le dernier mot sur la grave question ; il n’infirme pas, du reste, la découverte du savant amé-

l’or alchimique

ricain ; il attend de nouveaux lingots, quant à nous, nous persistons à croire que l’Or alchimique a existé dans levasse, donc il existe. Nous n’oublierons jamais que notre excellent et regretté ami Auguste Cahours, de l’Institut, Directeur des laboratoires de chimie de la Monnaie y qui avait été chargé de suivre à notre grand établissement, des travaux de TifTereau, nous a déclaré qu’il avait trouvé de l’or dans de l’argent transmuté par TifTereau. mais que la quantité était cependant trop faible pour pouvoir conclure à la transmutation certaine.

Ayant demandé alors à notre cher maître et ami, pourquoi il n’avait pas renouvelé l’expérience, il nous répondit, qu’il avait autre chose à faire et que cette transmutation n’amènerait à rien, car l’or obtenu ainsi coûterait plus cher que l’or natif ; dès ce jour (1871), nous avons pensé qu’il y avait quelque chose de vrai dans la transmutation !

Sans cela, Auguste Cahours n’aurait pas ainsi parlé.

11 n'y a pas de fumée sans feu !

Passons, maintenant, à un autre savant, à M. de Rochas.

Voici ce qu’il écrit dans le Cosmos, n° 653, page 132 : « Le Cosmos a déjà signalé la découverte du chimiste américain Emmens, qui dit être parvenu à produire Y interchangeabilité de l’argent et de l’or, et qui le 6 avril 1897 a vendu au Bureau d’essai des Etats-Unis, établi à New- York, le premier lingot d’argent transformé en or dans le laboratoire du Syndicat de l’Argentaurum.

Voici les chiffres fournis par le Bureau d’essai pour

établir le prix d’acquisition de ce lingot par le Gouvernement des Etats-Unis :

Poids avant fusion. 7,06 onces

Poids après fusion. 7,04 »

Poids de l’or.... 65,80 °/ 0

Poids de l’argent. 26,00 °/ 0

Valeur de l’or contenu dans le lingot... 95,76 dollars

Valeur de l’argent. 1,11 »

Frais d’analyse. 1,22 »

Valeur net payée au Syndicat. 95,65 »

Nous rappellerons que le Docteur Stephen Emmens est un savant bien connu dans le Nouveau-Monde ; membre de la Société Américaine de chimie, deY American Institute of Mining Engineers, de la Société internationale des Electriciens, inventeur de YEmmensite, explosif adopté par le Gouvernement pour la défense de ses côtes, et dune méthode de traitement des zincs sulfureux, auteur d’un volume intitulé : Argentaurum papers , où, à propos de sa découverte il expose ses vues sur la composition des corps.

M. Emmens n’y dévoile pas ses procédés, qui sont aujourd’hui la propriété d’une société financière (1) constituée pour en tirer parti, mais les lettres suivantes qu’on nous a communiquées permettent jusqu’à un certain point de voir de quel côté se sont orientées ses recherches.

(1) Quand une société financière achète à beaux deniers comptant, il est clair que l’objet de l’achat a une valeur, les financiers ne faisant généralement pas du sentiment.

J. M. de V.

l’or alchimique

Lettre du Docteur EM MENS à M. Williams Crookes,

membre de la Société Royale de Londres.

New-York, 21 Mai 1897.

Cher Monsieur,

Je réponds avec plaisir aux questions que vous voulez bien me poser.

1° Je regarde le diamant et le graphite comme interchangeables au point de vue moléculaire , ce qui veut dire que je les regarde comme composés d’une même substance présentant des conditions différentes d’arrangement moléculaire. Lorsque le diamant est converti en Graphite, vous pouvez correctement apppeler le changement ainsi survenu Transmutation, mais ce mot ayant par un long usage, toujours impliqué un changement de substance, peut par son emploi causer de fausses interprétations.

2° Par V interchangeabilité de T or et de l'argent à un point de vue moléculaire , je n’entends ni plus, ni moins que ce que je viens de dire à propos du diamant et du graphite. Ainsi que vous, je suppose (avec la plupart des chimistes), je crois que l'Univers est formé d’une seule matière (1). Les éléments chimiques sont des modes de cette substance universelle combinée avec une plus ou moins grande quantité de ce que nous appelons énergie. En changeant le mode, nous changeons Xélément, mais non la substance. Nous ne transmuons donc pas dans le sens du terme conventionnellement adopté par les alchimistes.

3° Mais ces opinions et toutes les opinions analogues,

(1) La Théosophie et l’Occultisme ne mettent pas en doute ce fait et appellent cette matière : Akasa.

J. M. de Y.

qu elles soient orthodoxes ou hétérodoxes, sont simplement provisoires, temporaires. Vous, lord Kelvin, et moi., sommes très ignorants. Nous vivons au milieu de merveilles journalières autrement transcendantes que le passage de l’argent à l’état d’or et les acceptons comme des faits, sans les comprendre.

Qu’est-ce que la pesanteur qui fait tomber une pierre?

Comment se fait-il que ma volonté dirige mon doigt? etc*, etc. Une philosophie qui est obligée de s’arrêter aux atomes , à l'énergie, à l’aither, ne découvrira pas grand’chose de l'Univers.

4° Les lettres que j’ai publiées dans Engineering and Mining journal (of New-York) en septembre 1896, vous expliqueront la position dans laquelle je suis placé, et le caractère nécessairement singulier des remarques que je vais vous exposer.

5° La production de l’or dans notre Argentaurum labo ratorg a quelque ressemblance avec la conquête de la Toison d’or. Elle ne se poursuit pas en vue de la science ou par esprit de prosélytisme. On ne L cherche pas à faire des disciples, ni à former des croyants. Cependant je suis assez heureusement doué sous le rapport de la camaraderie pour me faire un plaisir de répondre aux questions de mes frères en science, mais seulement dans la mesure où mes communications ne sauraient porter préjudice aux intérêts que je représente.

6° Notre façon de procéder a été modifiée depuis ce que nous avons fait connaître en septembre 1896. Dès que le travail commencé sur une échelle microscopique, est arrivé à prendre une importance commerciale, nous avons vu qu’il était possible de nous dispenser de l’en-

l’or alchimique

nuyeuse et coûteuse préparation de l’argent allotropique, qui avait constitué jusque-là, la première de nos opérations. Maintenant nous employons les dollars mexicains que nous soumettons aux cinq manipulations suivantes :

a) Traitement mécanique ;

b) Action d’un fondant et grànulation ;

c) Traitement mécanique ;

d) Traitement par les composés oxygénés de l’azote (oxyde of nitrogène ; c’est-à-dire par l’acide nitrique modifiée) ;

e) Affinage.

7° Nous regardons le traitement mécanique comme la cause causante (causa causans). L’action du fondant et la granulation servent tout simplement, croyons-nous, à rendre les agrégats moléculaires capables de décomposition et de recomposition.

8° Ce que je disais du professeur Dewar, dans ma lettre du 25 août qui a paru à la page 221 de Y Engineering and mining journal du 5 septembre 1896, avait trait à la question du traitement mécanique. Si, vous ou lui, voulez essayer l’effet combiné de la compression et d’une température très basse, vous produirez aisément un peu d’or, toute la question du prix de revient mise à part. Prenez un dollar mexicain (la Monnaie des Etats-Unis certifie que cette monnaie, telle quelle est frappée maintenant, ne contient pas d’or, ou n’en contient au plus que des traces) ; prenez donc un dollar mexicain etmettez-le dans un appareil qui empêche ses particules de se répandre au dehors lorsqu’il aura été divisé. Alors, soumettez-leà un battage puissant, rapide, continu et dans des conditions frigorifiques telles, que les chocs répétés

ne puissent produire même une élévation momentanée de température. Faites l’essai d’heure en heure, et à la fin, vous trouverez plus que des traces d'or .

9° Que cette expérience puisse réussir avec de l’argent pur ou alliage d’argent autre que celui du dollar mexicain, c’est ce que je ne saurais dire. A mon avis, il est fort possible qu’il y ait des variétés d’argent différent, quant à l’arrangement moléculaire.

10° Je ne veux pas assurer que le métal obtenu par cette expérience ou produit par notre laboratoire à des conditions d’économie bien plus avantageuses soit réellement de l’or. Pour moi, je me plais à le considérer comme tel, mais je me garde bien de vouloir vous obliger, vous ou un autre, à partager mon opinion. Tout ce qui importait aux membres de YArgentaurum Syndicate , c’était de savoir si la Monnaie des Etats-Unis achèterait au prix de lor, leur métal quel qu’il pût être. Or, ils n ont plus rien à désirer à ce sujet, puisque la Monnaie leur a acheté déjà trois lingots. Nous sommes en train de préparer le quatrième (1).

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