RE NT 7 CRE
approvisionnée de beltong, est revenue Sur Ses pas en suivant cette fois la rive gauche. À cet endroit
la rivière a à peu près 7o mètres de large et 3 ou 4
oo)
de profondeur; son courant est assez rapide et ses el sont tantôt sablonneux, tantôt couverts de
roches ferrugineuses ou protégés par une végéta-
| | tion épaisse; le poisson y est abondant. J'ai vu peu | de sites en Afiique empreints d'un caractère plus |
sauvage et plus calme que les rives de k Tchambézi. Malgré cela, j'ai aperçu fort peu de traces |
nn ——— É = PT ST UN LS fi one
d'éléphants, sans doute à cause du grand nombre de gens armés de fusils qui parcourent le pays.
La Tchambézi reçoit une foule de petits cours d'eau dont nous avons trouvé les lits desséchés, mais qui doivent lui apporter, pendant la saison des pluies, une quantité d’eau considérable. Toute la partie de ce fleuve que nous avons suivie se trouve indiquée vaguement sur les cartes les plus récentes par un pointillé ; c’est donc avec un double intérêt que je l’ai étudiée et que j'ai noté tous les détails qui s'y rapportent.
Après avoir déterminé des positions sur la Tchambézi à l’aide d'observations astronomiques, je voulais revenir sur mes pas pour reconnaître sommairement le cours de la Tchozi, son affluent. Nous sommes donc retournés vers l’est et avons remonté la Tchozi, tantôt en longeant ses bords, tantôt à distance, jusqu'à un village appelé Tendé, que Je croyais être à proximité de la mission des Pères Blancs établie dans l'Oubemba. Renseignements pris, la mission se trouvait au village de Makassa, à une journée encore de marche (environ 17 milies) dans l’ouest. Pour ne pas imposer aux hommes une course inutile, j'envoyai une partie de l'expédition m'attendre en avant, pendant que je me rendais à la mission avec quelques hommes.
Les Pères Blancs de la mission antiesclavagiste d'Alger, fondée par le cardinal de Lavigerie, sont établis depuis plusieurs années déjà sur le lac Tanganyika mais lors de ma visite ils n'étaient dans l’'Oubemba que depuis dix-huit mois environ. Les Pères m'ont fait excellent accueil, d'autant plus que parmi eux se trouvaient quatre de nos compatriotes.
Le Père Dupont, supérieur, nommé depuis évêque, me fit visiter les plantations et les travaux de la mission. Les cultures sont vraiment remarquables; dans l’espace d’un an et demi, la mission a su trouver le temps de planter et de faire prospérer tous nos arbres fruitiers d'Europe, et elle a obtenu assez de blé, de pommes de terre et de légumes pour se suffire. En outre, deux cents garçons et cinquante filles aouembas, tous, paraît-1l, très intelligents, ont été confiés par leurs parents à la mission; ce résultat est des plus satisfaisants. J'ai constaté, au surplus, que les Pères Blancs se préoccupent surtout d'enseigner aux enfants à gagner leur vie ls ne leur apprennent qu’accessoirement à lire et x écrire un peu. Cette méthode est, à mon avis, préférable de beaucoup à celle des autres missions, qui, cherchant à élever le moral des nègres par l'éducation, arrivent sûrement et régulièrement, chaque fois qu’elles réussissent, à en faire de parfaites canailles.
Ma visite à la mission de Kayambi (c'est le nom qu’elle porte) a été fort courte : une journée à peine. Outre un gros panier de légumes et de pommes de terre qu'ils m'ont donné au moment de mon départ et qui a fait notre bonheur pendant plus d'une se-
maine, les Pères m'ont procuré deux indigènes
comme guides.
J'ai remarqué dans le pays des gisements de fer à une profondeur de trois ou quatre mètres et J'ai vu au travail des fonderies et des forgerons indioènes. Le fer ne se présente pas dans l'Oubemba, comme dans le Zambèze, en blocs de minerai formant des collines ou des montagnes. Ici 1l est
oo qe L Û …—
pente Gong
TeCOUVETEC OO UNE Cpalsse COUuUCrne d'humus OU de terre
pèce
argileuse. Le métal se trouve mélangé à une es
de granit, moins riche que le minerai du Zambèze,
mais plus malléable. Les indigènes ont des fonderies et des forges primitives, comme celles que
jai décrites dans le haut Kapotché.
Forcé d’abréger, je n'ai pas dit tout ce que j'aurais voulu sur cette intéressante peuplade des Aouembas et n’ai pu décrire ni tout ce que leurs mœurs ont de cruel et de barbare dans certaines coutumes religieuses, ni les palabres interminables qu'a occasionnées mon désir de les mesurer ou de les photographier. La plupart des noirs refusent de se soumettre à la mensuration ; cette opération leur inspire toujours une crainte inexplicable ; leur superstition naturelle s’effraye de voir un blanc prendre la longueur de leurs tibias ou le tour de leur taille et consigner ensuite ces données sur un carnet qu'il emporte : où va-t-1l avec cela? que compte-t-il en faire? Telles sont les questions que ces gens se posent sans pouvoir les résoudre autrement que par ce qui est à portée de leur intelligence, c'est-à-dire en supposant quelque dessein suspect, en s'imaginant qu'on va leur préparer un maléfce, une médecine. La sincérité de l'accueil qu'on nous a fait partout a été fort douteuse ; la méfiance était dans l'air : aux approches de certains villages palissadés on venait nous recevoir dehors avec des visages de pierre. Si nous demandions à acheter des vivres, 1l fallait étaler d'avance les marchandises Ju la viande que nous offrions en payement, et les ouides ne nous donnaient qu'avec hésitation, et comme à regret, les noms des montagnes, des ri vières, des localités.
Au fond, je n’avais nulle envie d'entrer à l'intérieur des villages ainsi transformés en forts; on fermait soigneusement leurs portes à la nuit tombante et, vu les mauvaises dispositions des naturels le fort se fût au besoin changé en pé à notre intention. Je préférais de beaucoup camper dehors et me garder moi-même contre les at féroces ou les hommes.
Une nuit que javais ainsi campé hors d'un village aouemba, les hyènes s'étant montrées en orand nombre et très entre prenantes, javais fait jeter autour du camp à le: itention quelques morceaux de RS : œarnis de de . le matin, on en découvrit trois de mortes à peu de distance; mais on trouva aussi deux chiens du village, dont Pub, hélas! appartenait au chef. On leur avait ouvert la porte avant le jour, et, étant venus rôder autour du camp, ls avaient mangé les appâts destinés aux hyènes. Grand émoi dans le village, tambour de guerre, rasmblements et cris.
Lun ed nd à Lie à à POP ENTRE" ; TE , ARAG ES Pendant quon phait bagage et que Je prenais 1 l'en | 1 J
députation arrive et dépose devant moi les deux cadavres de chiens : on gesticule, on crie. Je laisse | tout en trempant mon biscuit; puis, quand le chef a bien parlé pendant au moins dix minutes, je fais demander par l’homme-canon : «Sont-ils à
ndre, ces deux chiens morts? Je désire les ache r.»y Mon calme (ce qui en impose Ge aux noirs) fait un effet énorme sur les orateurs, et aussi ette question inattendue qui n'a aucun rapport avec leur désir de savoir comment et pourquoi javais tué ces animaux. Ils se regardent... Ils
n'avaient pas songé à vendre ces chiens. AQ fait,
RÉ CRNEE DS
PR DE Te US à) en) = VTT -
> AE RER Rx = É #
tr fmtttenientrer a se
maintenant qu'ils ne sont plus bons à rien, c'est tout bénéfice. Après un colloque, on me demande un prix (très modique, d’ailleurs), et je les fais payer. Mon déjeuner était fim; je donne le signal du départ, emportant mes chiens morts, que Je fais jeter cent pas plus loin, et je laisse les Aouembas tant soit peu étonnés de la facilité avec laquelle se règlent certaines complications.
J'ai trouvé une nouveauté dans l'Oubemba : aux endroits où ils sont coupés par des sentiers indigènés, les cours d'eau de ce importance ont tous des ponts primitifs consistant en quelques pieux à fourche sur lesquels passent des branches à peine attachées et larges comme les deux pieds ; tout étroits et du q w'ils soient, ces ponts évitent des pertes de temps. Au dr ce système est inconnu : à chaque nu at 1l faut traverser : les épaules d’un homme des rivières pleines de crocodiles : si elles sont peu profondes, on entre soi-même dans l’eau, au risque de se mouiller jusqu'à la ceinture, de s'enfoncer dans la boue jusqu'aux ailes ou de se blesser sur un fond de cailloux. À partir de l'Oubemba, nous allons trouver des ponts ou des arbres jetés en travers de presque tous les petits cours d’eau; quant aux grandes r vières, on les passe toujours en pirogue.
Cette partie de mon voyage, que j'ai été obligé de résumer ici, comme d'ailleurs tout l'immense itinéraire parcouru, est une des plus intéressantes au double point de vue géographique et ethnooraphique. Bien rares sont aujourd'hui en Afrique
les pays et les peuples que les voyageurs n'ont
pas encore décrits, et on devrait consacrer une monographie spéciale à chacun d'eux; mais quand on a entrepris de conter, dans la forme restreinte d’un petit volume, l’histoire, les détails et les études de quarante mois de marche, on ne peut malheureusement s'étendre comme on le voudrait, quels que soient la nouveauté et l'attrait du sujet.
Après notre visite dans l'Oubemba et aux Pères Blancs, nous avons repris le chemin du plateau, c'est-à-dire la direction nord-est; nous avons traversé la Tchozi, qui vient du nord-ouest à cet endroit, puis reconnu plusieurs affluents de cette rivière ou de la Saïssé; nous avons reconnu également la Saïssé elle-même, qui va vers l’est au lac
Roukoua, et nous nous sommes retrouvés sur le
lateau à Mbala (Abercorn) Cette partie de mon voyage servira à préciser h\ drographie locale l'ous les affluents et sousffluents de la Tchozi ont été notés avec soin, et la artie principale du cours de la haute Tchambézi peut-être définitivement portée sur les cartes. C’est, en réalité, /a découverte ou plutôt La reconnaissance srécise des Sources du Congo qu'a faite notre expédition, car la Tchambézi et ses affluents forment et limentent le lac Bangouéolo et en ressortent, vers nord, sous le nom de Loualaba ou Congo supérieur. L'hydrographie de la Tchambézi constitue la source du puissant fleuve africain, et l’Oubemba était une des rares régions qui restassent à explorer dans cette partie de l'Afrique. Cela fera comprendre tout l'intérêt géographique du voyage accompli.
done UULIC
tn mé