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rable pour qu'elle puisse être traitée et résolue en quelques lignes. Depuis le Premier Empire et 1870, jusqu’à nos jours, les idées sur cette question ont subi une évolution radicale.
Si nous nous rapportons aux descriptions de Larrey, nous voyons que les ambulances de l'époque étaient de véritables hôpitaux ambulants, dans lesquelles on pratiquail la chirurgie à outrance; les morceaux de bras et de jambes coupés signalaient de loin leur présence. A notre époque, on a exagéré dans le sens inverse, et à la chirurgie opératoire à outrance on a voulu substituer la chirurgie conservatrice à outrance Rapp traduit à - merveille cet état d'esprit quand il dit, d’une façon un peu humoristique, que l’ambulance ne doit étre qu'un atelier d'emballage doublé d'un bureau d'expédition.
Abstention opératoire, sauf extrême urgence, pansement et évacuation rapide des blessés, tels étaient les principes directeurs pendant la guerre Russo-Japonaise, et tels étaient les ordres que les médecins en chef russe et japonais Vreden et Haga avaient donnés, avant l’entrée en campagne, à toutes les ambulances (1).
D'après ces médecins, la mortalité de leurs blessés ne dépassa pas 3 p. 100, et ils en étaient fort satisfaits.
S'il m'est permis de donner mon opinion personnelle, je trouve cette mortalité formidable. Dans mon ambulance, elle ne dépassa pas 1,3 p. 100 et cela, j'en suis convaincu, parce que j'ai immobilisé de parli-pris toutes les plaies graves de la poitrine et toutes les
(1) In Th. Wuuss, Loc. cit., p. 80.
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plaies du ventre sans exception, et parce que j'ai opéré d'urgence toutes les plaies du crâne; de plus, il faut considérer que, dans cette statistique, je fais entrer même les blessés qui sont morts dans les premières 24 heures de leur arrivée.
Si maintenant nous jetons un coup d’œil dans les statistiques de la guerre du Transvaal et de la guerre Russo-Japonaise nous voyons à l’appui de cette thèse que, dans l’ambulance allemande de Jacobsthal, tous les blessés de l’abdomen ont guéri, parce qu'ils avaient été immobilisés; au contraire, Haga, le médecin japonais, a perdu 19 sur 21 blessés de plaies du ventre qui avaient subi 9 heures de transport.
Je crois, par conséquent, que la doctrine de l’abstenlion opératoire et celle de l'évacuation rapide de tous les blessés ne doivent être appliquées que d'une façon relative. Immobiliser les plaies du ventre et du thorax, opérer les plaies du crâne, tels doivent être, à mon avis, les principes directeurs en chirurgie de campagne. Quant aux plaies des membres, elles doivent être évacuées rapidement, à moins de danger d'hémorragie.
Je n’ai pas à parler ici du traitement à appliquer dans les plaies du ventre et du thorax; d’ailleurs, l'accord est maintenant à peu près fail sur ce sujet, et tous les chirurgiens militaires sont unanimes à préconiser l’abstention presque absolue dans ces cas.
Les campagnes balkaniques n’ont fait que raffermir encore cette façon de voir.
Dans les chapitres qui suivront, je vais étudier le traitement des plaies du crâne par l'intervention précoce;
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c'est le contre-pied de ce que nous avons admis pour les plaies du thorax et celles du ventre.
Dans cette étude, je donnerai d’abord quelques renseignements sur les agents vulnérants — projectiles d'infanterie et d'artillerie, — des armées balkaniques; je discuterai l’opportunité de la trépanation préventive; j exposerai ensuite le procédé opératoire que j'ai employé. Je donnerai enfin les observations de mes blessés en les groupant d’après la région intéressée.
CORYLLOS 2