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Také Jonesco, nous racontait un jour un curieux entretten qu il 72
eut, environ l’année 1909, avec le ministre des Affaires étran- “gères autrichien, d'Ærenthal. Comme on parlait de politique européenne : « Ce qui s’est passé en France depuis vmgt ans,
Jui dit à brûle-pourpoint d’Ærenthal, a bouleversé toute mes
idées sur la diplomatie républicaine. J'avais toujours pensé, et je n'étais pas le seul, qu'une république ne pouvait pas avoir de politique étrangère, digne de ce nom. Or, la France est en
train de donner à cette opinion le démenti le plus éclatant. »
Préparation, conclusion et maintien de Falliance avec la Russie qui, étant donnée l'opposition absolue des régimes, paraissait un tour de force, une véritable impossibilité. ; $
Conclusion de l'entente avec l'Angleterre, qui, elle aussi, présentait des difficultés en apparence insurmontables. Toutes les fois que, dans le cours de notre histoire, au xvn°, au xvim° siècle, la France, grande puissance maritime, avait voulu se donner, un empire colonial, elle avait trouvé sur sa route l’Angleterre. Il en était résulté un conflit où cette dernière, plus libérée que nous des nécessités continentales, dvait inexorablement le dessus. D'où la perte de presque toutes nos colonies. =
Or, la Troisième République conquiert, dans toutes les par-
ties du monde, en Afrique, en Asie, un empire immense, en comparaison duquel nos acquisitions coloniales des siècles précédents sont vraiment fort peu de chose. L’Angleterre, certes, ne saurait le voir d’un bon œil. Mais, en dépit d’an antagonisme instinctif, la rupture est évitée. La France, mal engagée à Facloda, a la sagesse de se dégager. Quelques années plus tard, dirigée par des chefs remarquables, qu’elle eut le bon esprit de maintenir au pouvoir : Delcassé (sept ans ministre des Affaires Etrangères), les deux Cambon, Barrère, elle arrive à s'entendre avec son vieil ennemi héréditaire, à régler, sans sacrifier aucun de ses intérêts essentiels, tous les litiges coloniaux.
Cette entente, fait unique dans son histoire, déborde rapidement son cadre initial. Elle passe du plan de la politique coloniale dans celui de la politique européenne. Elle prépare la communion d'armes de 1944. s
La Troisième République ayant su de la sorte conquérir à la
e possession sé renne
aucune des nécessités
ainsi un problème,
dynes -"e A PA PRET ur, ; 0 7 x s. AE toujours délibérément sacrifiée à celle-là.
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ner vateur attentif, Ces critiques ne sont pas dénuées de fondement.
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- lerie lourde, présentait à coup sûr de regrettables läcunes. Mais . il Serait excessif et injuste d'en exagérer la portée. Dans l’en- : . semble, — les résultats le prouvent, — l’armée, telle que le mn Au Sn l’avait préparée, se montra à la hauteur de sa tâche. - Plus justifiés sont les reproches concernant l'instabilité gou- vernementale, avec ses conséquences de toutes sortes : mauvaise - administration, mauvais emploi des fonds publics, ete.., ete... Pendant les périodes critiques, ces défauts-là apparaissent au grand jour. Mais, ici comme ailleurs, la faculté de redressement fait que, de l’excès du mal, sort presque toujours le - remède. La situation vient-elle à s’aggraver? La politique, avec , tous les abus qu’elle entraine, est mise pour un certain temps !: de côté. ; pe - Lerégimeest, somme toute, susceptible d'amélioration. Ayant pu s'adapter, sans trop d'inconvénients, aux difficultés de la guerre, pourquoi ne s’adapterait-il pas à ‘celles de l’aprèsde guerre ? | . Il est à certains égards très malléable. C’est peut-être là son principal mérite. Comme nous n’avons rien d'autre, en tout cas, à mettre à sa place, c'est à réaliser ces améliorations que chacun de nous doit énergiquement travailler.
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